À VOUS, MONSIEUR LE JUGE ! LE 20 JUIN 2005 - Bernard Descôteaux (Le Devoir) écrit que la partie spectacle terminée, il reste à la
commission sur le scandale des commandites à déterminer qui, parmi tous les témoins qui ont présenté des versions des faits souvent
contradictoires, dit vrai.
M. Gomery devra d’abord établir le fil des événements et présenter la lecture de ce scandale qui soit
le plus près possible de la vérité et à partir de la mise en ordre des faits, déterminer qui porte la responsabilité de cette vaste
magouille. Dans ce scandale, il y a ceux qui, mêlant raison d'État et intérêt politique, ont abusé des règles de l'administration
publique. Les questions morales devront aussi faire partie de la réflexion du juge. Portés par ce qu'on pourrait appeler l'effet Enron,
combien de gestionnaires ont perdu tout sens des valeurs. Que l'argent soit privé ou public, ils ont cru qu'ils pouvaient se permettre
tous les jeux comptables à leur propre profit.
Le travail accompli jusqu'ici par la commission a été admirable. Le juge Gomery a
mené cette barque avec rigueur. On peut croire que c'est avec le même esprit qu'il naviguera pour nous mener au plus près de la vérité.
Il faut espérer que dans son travail d’analyse des faits et de rédaction de son rapport, le juge Gomery ne se laisse pas impressionner
par les manœuvres d’intimidation des supposés leaders politiques qui, par leur aveuglement et leur entêtement « fédérastes », auront
directement ou indirectement permis que de tels abus puissent se commettre. Quant au principe de la responsabilité ministérielle, ne
s'applique-t-il pas, dans les circonstances, autant aux Crétien et Martin, qu'à Gagliano ? Qu'on cherche à concentrer l'effet de ce principe
du parlementarisme à la britannique uniquement à ce dernier est une manœuvres d'évitement pour le moins grossière, voire aussi scandaleuse
que le scandale des commandites en lui-même...
POUR QUI JE VOTERAI ? LE 20 JUIN 2005 - Guillaume Bourgault-Côté (Le Devoir) écrit que, fort convoité, le poste laissé vacant par Bernard
Landry compte déjà cinq prétendants, et au moins trois autres candidatures pourraient être annoncées cette semaine: en tous points, la
course s'annonce ainsi corsée.
« Ça fait longtemps qu'on n'avait vu une course [à la direction] aussi ouverte, estime le sondeur
Jean-Marc Léger en regardant le tableau de la situation, qui indique que près d'une dizaine de candidats pourraient s'affronter. On a des
candidats de toutes les tendances, ça va faire un débat très intéressant. » Il compte sur la présence de Louis Bernard pour « imposer des
débats plus profonds, qui vont aider à départager les candidats ». À ses yeux, un des bienfaits potentiels de cette course pourrait être de
permettre au PQ de renouer avec le «parler vrai» qui faisait la force du parti à ses débuts. Le PQ doit profiter de l'occasion pour
retrouver un contact plus direct avec le citoyen.
Pour le politologue Jean-Herman Guay, de l'Université de Sherbrooke, la diversité
des candidatures montre l'étendue de la famille politique du PQ. Il y aura un vrai débat, de droite, de gauche, de modérés, de radicaux...
Mais il y a un risque en contrepartie : celui des déchirements internes. Il va falloir que le parti trouve le point d'équilibre. À tous
égards, il évalue qu'il s'agit d'un processus très sain pour le parti.
Une véritable course s’amorce en effet, et c’est tant mieux. Quant à moi, bien que j’appuie la décision des André Boisclair et Richard Legendre
de se présenter, j’attendrai d’en connaître bien davantage sur les positions que défendront les différentes candidats dans cette course,
avant d’annoncer pour qui je voterai. C’est bien simple : appuyer la décision d’une personne de se porter candidat ou candidate, c’est une
chose, décider à qui ira mon vote, c’en est une autre. À suivre…
M’ESCUSE ! LE 17 JUIN 2005 – Selon Denis Lessard (Le Devoir), Jean Charest a terminé la session parlementaire sur la défensive, forcé de
s'excuser pour avoir, à voix basse, qualifié de « chienne » la jeune députée péquiste Elsie Lefebvre. Cette dernière, la veille, avait
accusé la femme du premier ministre, Michèle Dionne, d'avoir fait « pression » pour favoriser la Croix-Rouge, (où elle fait du bénévolat
depuis sept ans), aux dépens de Centraide.
Avant de faire son bilan de la session parlementaire que cette bourde condamnait clairement à
passer au second plan, M. Charest, la voix cassée, a finalement avoué: « J'ai laissé tomber un mot en me parlant à moi-même, je le regrette.
Et si cela a pu offenser quelqu'un, je m'en excuse.» « Ma réaction a été très émotive à une question inappropriée, qui faisait des
insinuations au sujet de ma femme », a-t-il expliqué. La jeune députée qu'elle n'avait fait que reprendre les allégations d'un
reportage télévisé de Radio-Canada où on faisait le lien entre la décision de Québec et le bénévolat de Mme Dionne et de Pierre (les
rateliers) Shedleur, un proche du gouvernement Charest.
Faisant son bilan de la session, le Mario Dumont n'a pas été tendre à l'endroit de Mme Lefebvre, dont la question était totalement
déplacée selon lui. « Elle s'est mis le doigt dans l'oeil, c'est elle qui devrait s'excuser », a affirmé M. Dumont, offusqué de voir la
jeune députée « jouer les victimes ». Il n'approuve pas davantage les insultes de M. Charest.
Je dois saluter le geste de M. Charest, bien qu'il n’ait fait que ce que le devoir lui commandait dans les circonstances, c’est-à-dire
s’excuser. Quant à Mario Démago Dumont, toujours aussi petit dans ses tentatives opportunistes, sa réaction est vraiment révoltante.
NOUVELLE CANDIDATURE AU PQ, LE 16 JUIN 2005 - Josée Boileau (Le Devoir) écrit que Louis Bernard apparaît à plus d'un titre comme un
candidat-surprise à la direction du Parti québécois. D'abord, l'homme avait bien gardé son secret, ce qui n'est pas rien dans un univers
politique où tout n'est que bruits et rumeurs. À l'heure de la politique-spectacle, de la formule-choc et des conseillers en image, Louis
Bernard fait donc figure d'extraterrestre. Peut-être que le retour du contenu de haut vol signe le véritable renouveau du politique dont
tout le monde parle tant ? On se prend dès lors à espérer que la seule présence de M. Bernard relèvera le niveau des débats à venir au
Parti québécois.
L’arrivée de M. Bernard contribuera certainement à enrichir le débat. Pour ma part, sans faire d’âgisme, j’estime qu’on doit continuer
aussi d’encourager la tenue d’une véritable course à la chefferie, notamment en intéressant des personnes comme André Boisclair ou Richard
Legendre, tous deux issus de la génération montante, à contribuer au débat en se présentant. Voilà deux personnes intéressantes à
considérer pour succéder à M. Landry mais attendons de voir ce qu’elles ont à proposer. Personnellement, mon choix dépendra de ce que ces
personnes vont mettre de l’avant comme contenu et de la manière selon laquelle elles entendent respectivement travailler à leur concrétisation, notamment
en ce qui regarde l’accès du Québec à sa souveraineté.
UNE RÉPONSE SVP ! LE 16 JUIN 2005 - Mylène Moisan (Le Soleil) rapporte que Jean Charest est sorti de ses gonds hier à la suite d'une
intervention de Mme Lefebvre pendant la période de questions. « Que la députée ait le culot de s'attaquer à ma femme à l'Assemblée
nationale, c'est tomber le plus bas. C'est tomber le plus bas de tout ce que j'ai vu depuis que je siège ici », a-t-il répliqué. En
se rassoyant, il a laissé tomber « maudite chienne » ou « ostie de chienne », selon les versions.
Ce matin, la PC rapporte que
M. Charest reconnaît son tort à l'endroit de la députée péquiste Elsie Lefebvre. Sans s'excuser, M. Charest a toutefois indiqué qu'il
a prononcé un mot qui a outrepassé sa pensée, précisant qu'il a réagi sous le coup de l'émotion. Mais il affirme ne rien regretter de
sa réponse.
Mme Lefebvre, en faisant référence à un reportage diffusé la veille, demandait s'il y avait un lien entre l'implication
de l'épouse de M. Charest dans la Croix-Rouge, et le fait que Québec étudie la possibilité de lui concéder un avantage accordé jusqu'ici
seulement à Centraide. Ce matin, des députés péquistes ont déploré l'attitude du premier ministre, l'accusant d'avoir voulu démolir une
jeune députée, qui ne faisait que son travail.
On peut comprendre qu’une personne puisse réagir vivement à de telles questions mais rien n’excuse le fait qu’on puisse tenir un langage
aussi grossier, même hors micro, à l’Assemblée nationale. Peut-être M. Charest écoute-t-il les émission poubelles de certaines radios de
la région pour s’exprimer ainsi…
Ceci étant dit, je note qu'on ne s'intéresse aucunement au fond de la question posée dans ce qui
a été rapporté. La réponse du premier ministre était certainement une bonne façon d'éviter de répondre à la question...
PEUREUX, DITES-VOUS ? LE 14 JUIN 2005 - Alec Castonguay (Le Devoir) rapporte que le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a choisi pour
« le bien du mouvement souverainiste », de rester « sur le front fédéral » à Ottawa. Une décision qui a rapidement nourri les attaques
libérales, parfois de façon très personnelle. «n C'est mon devoir de rester ici. C'est ma responsabilité », a-t-il dit hier, dans une
petite salle bondée du Parlement. Le chef du Bloc juge que le mouvement souverainiste a besoin de lui à Ottawa, même s'il se sentait prêt
à faire le saut à Québec.
Le lieutenant politique de Paul Martin au Québec, Jean Lapierre, avait déjà commencé la veille à traiter
Gilles Duceppe de «lâche». S'il a répété ce mot en anglais hier, il n'a pas osé le redire en français. «Le mot que je dirais, c'est plutôt
"peureux", parce qu'au fond il pensait peut-être avoir un mouvement qui vien[drai]t le chercher à Ottawa. Mais il n'y a pas eu de
mouvement. Il y a plutôt eu un silence très éloquent», a-t-il dit à la sortie de la période de questions.
Monsieur Duceppe a fait le bon choix pour les bonnes raisons. Quant à l’impayable Jean Lapierre, qui traite ainsi le chef du BQ tout en
continuant de confondre ses nouvelles fonctions avec son ancien rôle d'amuseur public (voir l'article de Michel David dans Le Devoir de
ce jour), il aurait intérêt à se regarder dans le miroir, lui qui s’est présenté dans la confortable circonscription libérale d’Outremont
aux dernières élections fédérales. Parlant de lâcheté, on ne peut faire mieux dans les circonstances !
BOISCLAIR EN RÉFLEXION, LE 13 JUIN 2005 - Hugo Meunier (La Presse) écrit qu’André Boisclair poursuit sa réflexion, qu'il souhaite « la
plus sereine possible ». Sans annoncer sa candidature à la course à la direction, l'ex-leader parlementaire du PQ, âgé de 39 ans, se dit
touché par l'appui des militants et de la population. La décision ne peut être prise à la légère. Il se dit très fier du programme actuel
du parti et observe un « fantastique élan » des troupes péquistes. Un constat qui semble le rassurer. « Seul, je ne pourrais pas, mais il
y a des députés fantastiques à l'Assemblée. »
L'ex-député de Gouin étudie toutes les possibilités et multiplie les échanges avec d'anciens collègues: des présidents de circonscription,
notamment. « Je suis en pleine possession de mes moyens et j'essaie de demeurer serein. Si je fais un choix, il faut y penser. C'est un
engagement de citoyen qui avait acquis sa distance et repris sa liberté de parole », explique André Boisclair, qui se réfère à son retrait
de la vie publique.
À mon avis, le PQ doit « passer le témoin » à la génération qui suit, et ça presse. Aussi, une candidature de la stature de M. Boisclair
serait la bienvenue. Il pourrait devenir un excellent chef pour ce parti, sous réserve qu'il corrige certaines petites choses. J’espère
d’ailleurs qu’il ne sera pas le seul de sa génération sur les rangs...
MIRAGE DE L’HÔPITAL PRIVÉ, LE 13 JUIN 2005 - Michel Venne (Le Devoir) estime que le gouvernement du Québec ne doit pas se laisser émouvoir
par l'arrêt Chaoulli. Les chantres de l'accroissement du rôle du secteur privé dans la santé pavoisent, l'appât du gain fait briller les
yeux d'une minorité de médecins arrivistes et saliver quelques dirigeants égoïstes de compagnies d'assurances. L'ouverture aux assurances
privées ne serait favorable qu'aux riches, favoriserait une hausse des coûts du système de santé, une augmentation des inégalités sociales
devant la maladie et une régression de la solidarité au sein de notre société. Ceux qui affirment, s'appuyant sur l'expérience d'autres
provinces, que l'effet serait marginal, font la preuve par l'absurde que le changement proposé n'en vaut donc pas la peine.
Le
ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, s'est montré intéressé par le modèle scandinave. Bravo ! Sauf que le
modèle scandinave ne se limite pas à l'existence de quelques hôpitaux privés (seulement 1 % des lits en Suède). Un modèle ne s'importe
pas à la pièce. Pour le copier ici, il faudrait augmenter les impôts, élargir le panier de services assurés, salarier les médecins,
décentraliser l'administration du système, garantir un médecin de famille pour tous et augmenter les prestations d'aide sociale et le
soutien aux familles.
Les études montrent par ailleurs qu'au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie, le secteur privé vit, en
fait, aux crochets du secteur public. Les services privés coûtent toujours plus cher à administrer que les services publics : 31 % des
dépenses de santé aux États-Unis (où le privé règne) sont des frais d'administration contre 16 % au Canada (où le secteur public est la
règle).
Si le privé doit jouer un rôle, il reste préférable, selon toutes les données disponibles, que les organisations concernées
soient des organisations à but non lucratif. Des études faites sur 26 000 hôpitaux américains et 38 millions de patients sur 13 ans ont
montré que le coût des services dans les hôpitaux à but lucratif était de presque 20 % plus élevé que dans les hôpitaux à but non lucratif
et que le taux de mortalité des patients était de 2 % plus élevé dans le secteur qui cherche à faire du profit que dans les établissements
qui réinvestissent les surplus dans les services aux malades.
L'article de Michel Venne mérite d'être lu en entier, et attentivement. Combien de fois faudra-t-il démontrer, preuves à l'appui, que
la privatisation partielle du système de santé n'est pas la solution aux problèmes que nous rencontrons ? Toutes les études menées sur
cette question depuis des décennies l'ont démontré, dont celles menées à l'occasion des commissions d'enquête Clair et Rochon. Réveillons-nous
et méfions-nous de ces miroirs aux alouettes. C'est injuste : il suffit d'affirmer que la solution est du côté du privé pour que les gens
le croie alors que les démonstrations et les évidences sont à l'inverse, pour qui se donne la peine de s'informer.
Enfin, avez-vous
remarqué que dans toute cette discussion sur les coûts du système de santé, personne ne parle de prévention alors que la moitié des
maladies sont imputables à des causes sur lesquelles nous pouvons avoir, comme citoyens, un contrôle : mauvaise alimentation, surplus
de poids, activité physique déficiente, stress, comportements non sécuritaires...
POUR QUAND ? QUELLE HEURE ? LE 7 JUIN 2005 - Michel David (Le Devoir) souligne qu’il y a vingt ans que les membres du PQ n'ont pas eu
l'occasion de choisir leur chef. Cette fois-ci, il y aura bel et bien une course, mais le résultat dépendra largement de la date du
congrès, donc du degré d'influence des candidats potentiels sur les instances qui en décideront. Pour l’éditorialiste Bernard
Descôteaux, de nombreuses raisons militent pour que le vide laissé par la démission inattendue de celui-ci, samedi dernier, soit comblé
au plus vite.
Quelle que soit la personne qui sera choisie pour succéder à Bernard Landry, il faut aussi penser que celle-ci aura
besoin de temps pour s'acclimater à sa nouvelle fonction. Il lui faudra prendre le contrôle du parti, panser les blessures des perdants,
préparer la prochaine campagne électorale et surtout s'imposer auprès des Québécois comme un futur premier ministre.
Le Parti
québécois se trompe s'il croit avoir beaucoup de temps en banque pour se préparer à la prochaine élection. Le nouveau chef péquiste, s'il
était élu au cours de l'automne aurait vraisemblablement 18 mois pour se préparer. Ce pourrait être un peu plus, mais aussi un peu moins.
La situation politique présente est d'une extrême volatilité. On l'a encore vu hier à Ottawa avec la décision d'un député libéral de
désormais siéger comme indépendant. Tout peut arriver. Attendre est un luxe que n'a pas le Parti québécois, de conclure M. Descôteaux.
L'important c'est de procéder à une analyse objective de la situation et non pas à une évaluation teintée par les noms de possibles prétendants
au poste de chef du PQ. C'est ici que les instances compétentes en la matière doivent jouer leur rôle, notamment le nouvel exécutif national
ainsi que la nouvelle Conférence nationale des Présidentes et Présidents du Parti québécois. Assumer ses responsabilités, c'est dans de
telles circonstances prendre les décisions nécessaires en fonction des intérêts supérieurs du Québec et de l'option fondamentale du Parti.
Le reste vient après. Point !
LA POUTRE DANS L’ŒIL, LE 7 JUIN 2005 - Anne Drolet (Le Soleil) rapporte que pour Mario Dumont, le départ de Bernard Landry ne réglera pas
les problèmes du Parti québécois. « C'est un problème beaucoup plus profond », a-t-il déclaré lors d'un point de presse hier. Il considère
que peu importe qui prendra la relève au PQ, le véritable abcès demeure les « idées radicales et rétrogrades » qui envahissent un parti
qu'il juge « déconnecté de la réalité ».
Mario « Démago » Dumont se regardait probablement dans la glace lorsqu’il commentait ainsi…
ASSEZ ! LE 20 MAI 2005 – Pour Alec Castonguay (Le Devoir), les tractations de coulisses et les nombreux rebondissements des
dernières semaines auront finalement permis au gouvernement Paul Martin de sauver sa peau. Dans un vote dramatique, le président de la
Chambre a dû trancher afin de permettre au gouvernement de survivre au vote de confiance d’hier.
Pour sa part, le chef conservateur
Stephen Harper y est allé d'un discours surprenant, empreint d'humilité, tranchant avec l'agressivité et la confiance de Paul Martin.
« … je suis embarrassé et je regrette profondément que notre Parlement ait décidé ce soir de maintenir sa confiance en un parti corrompu »,
a-t-il souligné sous un tonnerre d'applaudissements. « Je suis aussi embarrassé que les seuls députés du Québec à avoir voté contre la
corruption ont été les souverainistes du Bloc québécois », a-t-il poursuivi.
En éditorial, Bernard Descôteaux reconnaît que les
libéraux sont d'habiles tacticiens, rompus à toutes les manoeuvres. Il estime que ceux-ci ont perdu le sens de l'honneur au cours de cette
bataille parlementaire, qu’ils en ressortent avec une crédibilité entachée : « Paul Martin avait promis de renouveler la politique. On
demande à voir car, jusqu'ici, l'appétit du pouvoir a trop souvent transcendé le comportement de son gouvernement. »
On aura assisté à des manœuvres qui, effectivement, sont dignes d’un gouvernement sans aucune morale. Les libéraux de Paul Matin auront, pour
rester au pouvoir, « acheté » plein de personnes, dont madame Stronach mais pire, on sera allé jusqu’à acheter des provinces entières :
Ontario, Terre-Neuve, Saskatchewan… à coups de milliards et de milliards de dollars, le tout pour sauver le Canada, paraît-il (lire :
garder le Québec à sa place) !
Des manœuvres qui n’échappent pas à Denis Lessard et Sébastien Rodrigue (La Presse) lorsqu'ils soulignent
qu’à la différence d’autres provinces, le Québec n'avait guère de fers au feu dans le budget finalement adopté hier aux Communes. Et dire
que le Québec paie le quart de ces excès inqualifiables tout comme ceux commis depuis des années sous un véritable RÉGIME libéral, imaginez !
Depuis quelques jours, je ne suis plus capable d’en prendre, d’assister au défilement de ces insanités d’inspiration littéralement
fédérastes, de ces manœuvres de survie d’un gouvernement sans scrupule, de cet étalage de faits dégradants pour la démocratie, au fil des
audiences de la Commission Gomery. C'est une des raisons de mon silence sur ce site depuis quelques jours. Je préfère écouter de la musique,
je n’en peux plus. Question de santé mentale et de prévention, je pars en vacances ! À très bientôt...
PRÉPARER L’AVENIR, LE 20 MAI 2005 - Kathleen Lévesque (Le Devoir) rappelle les fait marquants ayant entouré en amont et en aval le
résultat du référendum du 20 mai 1980, il y a maintenant 25 ans. Depuis 1980, les promesses fédérales ont-elles été tenues ? La réponse
aux attentes des uns et des autres aura été la centralisation du pouvoir et le dénigrement.
Bon, c’est bien beau la nostalgie, mais il vaut bien mieux se tourner vers l’avenir, préparer le prochain référendum et le pays à
construire plutôt que de s’épancher sur le passé, bien qu’il faille reconnaître qu’il est riche de leçons, d’enseignements pour la suite.
Notamment sur le caractère non réformable du régime constitutionnel dans lequel nous étouffons depuis longtemps. Alors, pas de temps à
perdre à pleurer sur le passé, préparons plutôt l’avenir.
L’HEURE JUSTE, LE 20 MAI 2005 - Norman Delisle (Presse Canadienne) écrit qu’une enquête serrée menée par le Directeur des élections du
Québec après le référendum de 1995 dément les prétendues irrégularités soulevées par Richard Le Hir. Ce dernier prétendait jeudi que le
camp du «Oui» s'était concerté lors du référendum de 1995 pour mettre en place des stratégies douteuses en faveur de son option.
«Ni l'enquête effectuée par le Directeur des élections auprès de 210 personnes ayant exercé des fonctions à divers niveaux lors du
référendum, ni l'analyse des bulletins de vote examinés par l'honorable juge Alan B. Gold dans 34 circonscriptions ne permettent d'établir
qu'il y aurait eu complot au niveau provincial par le Comité du «Oui» dans le but de favoriser son option», conclut l'enquête du Directeur
des élections tenue quelques semaines après le référendum.
Par contre, L'enquête du Directeur des élections avait notamment conclu
que des dépenses importantes avaient été effectuées en faveur de l'option fédéraliste par des intervenants provenant de l'extérieur du
Québec.
Il y a une limite à triturer les faits et l’histoire. Une leçon pour le PQ : se méfier des « fly by night » à la Le Hir dans le
recrutement de ses candidats et candidates…
MISSION ACCOMPLIE, LE 20 MAI 2005 - Isabelle Mathieu (Le Soleil) écrit que cinq ans après l'enlèvement du toit du Mail Centre-Ville dans
le quartier Saint-Roch, la Ville de Québec dit mission accomplie : la rue Saint-Joseph a retrouvé son cachet et 70 nouvelles entreprises
ont ouvert leurs portes. Prochain pari : réussir le deuxième tronçon de la rue.
Un récent rapport du service de développement
économique de la Ville le prouve : la confiance est revenue dans le quartier Saint-Roch et un nouveau cycle est amorcé. « C'est surprenant
de voir qu'en seulement cinq ans, le taux de locaux vacants est passé de 70 % à 13% », souligne la conseillère municipale Lynda Cloutier,
responsable du quartier.
La renaissance n'est évidemment pas le fruit d'un miracle. Plus de 377 millions $ ont été investis pour
revitaliser le quartier Saint-Roch entre 1992 et 2004, dont 80 millions $ de la Ville de Québec, 104 millions $ du gouvernement du Québec
et 192 millions $ de l'entreprise privée.
Bravo à ceux qui travaillent à trouver des solutions, à construire, et non pas uniquement à démolir… comme on peut l’entendre encore sur
les ondes d'une certaine radio de la région...
TANT MIEUX ! LE 20 MAI 2005 - Pierre Couture (Le Soleil) écrit que ceux qui croyaient qu'Hydro-Québec serait tentée de se lancer dans la
production d'énergie éolienne devront refaire leurs devoirs. La société d'État n'a nullement l'intention de créer une division du vent. Il
n'y aura pas de société d'État du vent, titre-t-on l’article.
Tant mieux ! On a déjà assez de l’Aéro-PET (aéroport Pierre-Elliott-Trudeau)…
LA VRAIE QUESTION, LE 14 MAI 2005 - En question du jour sur Cyberpresse : Les gouvernements ont-ils été trop généreux envers Bombardier pour
l'assemblage de la CSeries ?
La question, dans les circonstances, devrait plutôt être : La société Bombardier a-t-elle été trop généreuse envers son ex-PDG Paul Tellier ? Car concernant
l'aide pour l'assemblage de la Série C de l'avionneur, nos gouvernements ne font finalement "qu'accoter" le genre d'aides que les gouvernements
d'autres pays accordent à leurs avionneurs, qu'il s'agisse d'Aibus, de Boeing ou d'Embraer...
1 MILLIARD PAR JOUR ! LE 13 MAI 2005 - Stéphane Paquet (La Presse) rapporte qu’alors que la survie ou la mort du gouvernement Martin
monopolise l'attention aux Communes, ses ministres multiplient les annonces à un rythme effréné. En trois semaines, les ministres
libéraux fédéraux ont annoncé en moyenne un milliard de dollars de dépenses par jour, plus de huit annonces par jour, pour une facture
totale de 22,55 milliards.
En seulement deux annonces, l'Ontario - terrain de bataille principal de la prochaine campagne
électorale - a raflé presque la moitié des 22,5 milliards relevés par les conservateurs : 5,75 milliards sur cinq ans pour réduire le
« déséquilibre fiscal » ontarien; 5 milliards pour l'aéroport Pearson de Toronto. Le Québec a aussi eu droit à sa petite portion :
moins de 300 millions au total.
Quel réflexe primaire, quelle hypocrisie : une pluie de dollars après nous avoir asséchés pendant des décennies. Tout pour acheter
les votes des électeurs. Les « Canadjiens » tomberont-ils dans le panneau… encore une fois ???
Que représente le chiffre d’un MILLIARD, selon certaines informations qui circulent actuellement sur Internet ? Imaginez ! C’est un millier de millions... C’est le nombre de secondes qu’on a vécu à l’âge de
33 ans… C’est le nombre de minutes écoulées depuis l'époque du Christ... Et que représente un milliard de DOLLARS ? C’est une pile de
billets de 1000$ à la hauteur de l’observatoire de la Tour du CN… C'est la moitié du coût du régistre des armes à feu… C'est ce que les
libéraux ont égaré aux Affaires Indiennes… C’est ce qui a été dépensé dans le scandale de Ressources humaines Canada…
Et on parle dans l'article
d'un milliard de dollars, à chaque jour depuis deux semaines… Ciel ! Libérez-nous des libéraux !
ASSEZ !!! LE 12 MAI 2005 - Jean-Robert Sansfaçon (Le Devoir) estime que le gouvernement Martin n'a plus la légitimité nécessaire
pour gouverner, placé comme il l’est devant tant d'évidences ressortant des travaux de la Commission Gomery, tant d'abus dont les preuves
se recoupent de plus en plus. Il doit démissionner dès aujourd'hui pour mettre fin à la crise qui paralyse le Parlement et retourner
devant les électeurs pour être jugé.
Dans les articles et reportages sur ce qui se passe aux Communes, on met en relief les manœuvres des partis de l’Opposition pour faire
tomber le gouvernement, les accusant plus ou moins de chercher à profiter de la déconfiture actuelle des libéraux.
Attention, c’est
plus sérieux que cela. L’Opposition est devant un gouvernement qui n’a simplement plus la légitimité pour gouverner, comme le souligne
l’éditorialiste, elle ne fait que son travail actuellement. Ramener cela à un opportunisme électoral, c’est un peu court comme façon de
voir…
Et tenez-vous bien ! La PC nous ramène ce matin le spectre des Trudeau, avec Justin, l'aîné des fils de Pierre Trudeau, qui
croit que les libéraux ont besoin de retourner dans la nature pendant un certain temps pour reprendre contact avec la réalité et qui se
présente plus ou moins comme une relève possible… Justin Trudeau se dit particulièrement inquiet de la remontée du séparatisme à cause du
scandale des commandites. Mais à 33 ans, il affirme que le temps n'est pas encore venu pour lui de se lancer en politique.
Je ne
peux croire qu’on va nous ramener un autre sauveur du Canada, un autre mateur du Québec… Assez !!! On n'a surtout pas besoin d'un régime
monarchique. Il faut de toute urgence surtout de sortir de cette fédération débilitante et nous donner un système politique crédible au
sein d'un Québec souverain.
YOUHOU ! LE 12 MAI 2005 - La Presse Canadienne rapporte que Bombardier aurait finalement choisi d'assembler ses nouveaux appareils de la
série C au Québec, à Mirabel. Ce projet majeur, qui devrait être annoncé ce vendredi, créerait quelque 6500 emplois directs et 4000
emplois indirects. La contribution de Québec s'élèverait à 350 millions $.
Youhou ! Est-ce que ce dernier montant couvre l’allocation de séparation du de l’ex-président de Bombardier, un certain Tellier ???
BRAVO ! LE 11 MAI 2005 - Jocelyne Richer (PC) souligne que les fumeurs n'ont plus que quelques mois devant eux pour se faire à l'idée que
griller une cigarette dans bar ou un restaurant deviendra une activité illégale. À compter du 1er janvier 2006, il sera interdit de fumer
dans pratiquement tous les lieux publics et à compter de septembre 2006 dans les cours d'écoles primaires et secondaires. De plus, le
nombre de points de vente où on peut se procurer du tabac sera réduit.
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a déposé le
projet de loi 112 qui vise essentiellement à mieux protéger la population contre les conséquences d'une exposition à la fumée. M. Couillard
espère que ces nouvelles restrictions feront en sorte de diminuer substantiellement le taux de tabagisme, qui passerait au cours des
prochaines années de 25 pour cent de la population à 20 pour cent, pour ainsi rejoindre la moyenne canadienne.
Avec son projet de
loi, Québec vise d'ailleurs au premier chef à protéger les jeunes contre le tabac. Ils ne pourront plus fumer dans les cours d'écoles
primaires et secondaires. De plus, il sera interdit à quiconque de vendre du tabac à un mineur et les amendes passeront de 300 $ à 500 $
pour les commerçants pris en flagrant délit. La proportion de jeunes accros à la cigarette est jugée particulièrement alarmante. Chez les
jeunes de 20 à 24 ans, on compte 32 pour cent de fumeurs. Environ un quart des Québécois âgés de plus de 15 ans fument régulièrement.
Bravo à M. Couillard qui ainsi, vient compléter heureusement le travail entrepris par Jean Rochon. J’appuie à 100 %.
BOU ! LE 11 MAI 2005 - Norman Delisle (PC) écrit que Stéphane Dion n'a pas pu s'empêcher de réagir au document publié la semaine dernière
par le Parti québécois. Le PQ a calculé que la souveraineté du Québec permettrait des gains de 17 milliards $ en cinq ans pour le Québec.
« Il n'y a aucune rationalité économique à scinder le Canada. Il y a un coût énorme à se séparer du Canada », estime-t-il, « chaque
investisseur qui vient au Québec sait qu'il investit dans un pays de 31 millions d'habitants dans lequel il y a des richesses incroyables :
le pétrole de l'Alberta, les diamants du Grand-Nord, les meilleures universités du monde. C'est une police d'assurance pour quiconque
investit au Canada ».
Il a aussi qualifié « d'absurde » l'idée que le Québec se sépare au moment où, pour la première fois depuis
30 ans, le gouvernement fédéral connaît des surplus budgétaires. «Avez vous entendu parler d'un pays qui se sépare sur des surplus ? On
peut avoir des points de vue différents sur le déséquilibre fiscal. Mais quand un pays a un surplus, c'est un argument pour rester
ensemble, pas pour se diviser», a-t-il conclu.
Souvenez-vous que c’est à cet impayable Stéphane qu’on doit la loi C-20, qui soumet à l'approbation de la Chambre des communes toute
décision des Québécois sur leur avenir à la suite d'un référendum. Quelle crédibilité lui reste-t-il quand il se prononce ainsi ? Il n’a
pour tout argument que ceux de la crainte et de la peur.
Il se garde bien de dire que le Québec a lui aussi de grandes richesses et n’a pas
besoin de celle de l’Alberta ou d’une quelconque partie du « Rest Of Canada » pour se développer. Pouvez-vous me dire en quoi les
richesses de l’Alberta ont servi le Québec jusqu’à ce jour ???
Quant aux surplus budgétaires, ne sont-ils pas imputables au
déséquilibre fiscal ainsi qu’aux ponctions scandaleuses faites depuis des années dans le régime d’assurance-emploi ? Oui à un pays qui,
non pas se séparera de ses surplus, mais les rapatriera plutôt, et cessera d'utiliser outrageusement l'argent qui devrait aller aux chômeurs
pour envahir nos champs de compétences, tout simplement !
Encore une fois, en constatant cette "sortie"
de M. Dion, j'en conclus que le ridicule ne tue pas...
SERVICE COMMANDÉ ! LE 9 MAI 2005 - Guillaume Bourgault-Côté (Le Devoir) rapporte que piqué au vif suite au rapport du juge à la retraite
Robert Lesage sur l'échec du projet Gaspésia, Bernard Landry a répliqué hier en parlant d'une « commission bâclée pour remplir une
commande politique ». Le chef de l'opposition officielle a plutôt rejeté la responsabilité du fiasco sur les épaules de l'actuel
gouvernement, arguant « qu'aucun dépassement de coût du projet n'a été signalé lorsque j'étais premier ministre », ceux-ci étant plutôt
apparus à partir d'octobre 2003.
Point par point, détaillés au cours d'une conférence de presse tenue hier après-midi, l'ancien
premier ministre a répliqué au juge Lesage. « Quand des travailleurs ont perdu leur emploi depuis deux ans et qu'une région entière est
affectée, il faut vraiment manquer de connaissance en matière de développement économique régional pour parler de précipitation », a
tonné le chef de l'opposition. Bernard Landry s'est également montré cinglant devant les accusations d'avoir agi par souci électoraliste.
« On fait une annonce deux ans avant les élections, à la demande de l'opposition officielle, et ce serait de l'électoralisme ? »
Refusant catégoriquement de s'excuser, comme l'a réclamé Claude Béchard, le chef de l'opposition, « outré », a plutôt affirmé que c'était
aux libéraux de s'excuser d'avoir « abandonné » la Gaspésie, qui souffre d'un manque à gagner de 4200 emplois depuis l'arrivée au pouvoir
du Parti libéral.
La faute de l'échec de la Gaspésia n'incombe pas aux péquistes, a fait valoir Bernard Landry en citant les
chiffres contenus dans le rapport du juge Lesage. Selon ceux-ci, le budget initial du projet de relance n'avait toujours pas été revu à la
hausse au moment de la passation des pouvoirs, en avril 2003. Mais, six mois plus tard, les coûts bondissaient subitement à 548 millions,
puis finalement à 693 en janvier 2004. «C'est Jean Charest qui était premier ministre du Québec quand le désastre est arrivé, et il doit
en répondre», a affirmé le chef de l'opposition.
« Le rapport ne dit pas un mot de la responsabilité de l'actuel gouvernement.
Pourquoi le juge Lesage n'a pas dit qu'il n'y avait pas eu de dépassement de coût sous notre gouvernement ? Il nous blâme, mais il ne
blâme pas le gouvernement sous lequel les coûts » ont explosé, croit M. Landry.
Monsieur Landry a bien fait de répondre à ce rapport infâme. Comme l'écrit le chroniqueur Michel Venne, dans le même journal du jour,
l'ex-juge Lesage « outrepasse son mandat en faisant le procès de l'interventionnisme, le procès du Fonds de solidarité, le procès du
syndicalisme et le procès du modèle québécois à partir d'une situation particulière. Il évoque une idéologie. On pourrait le soupçonner,
lui, de défendre la sienne : anti-interventionniste, anti-syndicale ou anti-souverainiste ? Qui sait ? »
Quant à moi, j'y vois une
autre manoeuvre de l'actuel gouvernement pour cacher son incompétence ou sa mauvaise foi tout en crachant dans la soupe de ses
prédécesseurs. Rappelons-nous du rapport Breton, de sa méthode que Jean Charest refuse maintenant d'utiliser pour évaluer le dernier
budget de son ministre des Finances, Michel Audet !
Quant à l'ex-juge Robert Lesage, s'agirait-il d'un autre « fédéraste » en service
commandé, à l’image d’ailleurs de tous les Marcel Côté (Secor) ou Michel Morin (Radio-Canada) de ce monde ? Rappelez-vous la « job de bras » que
ces derniers nous ont faite lors de la dernière campagne électorale à propos du projet d'agrandissement de l'usine Alcoa de Deschambault...
L’HEURE JUSTE, LE 9 MAI 2005 - Dans Le Devoir, Bernard Desgagné, de Gatineau, revient sur la désormais célèbre déclaration de Jacques
Parizeau le soir de la défaite référendaire de 1995. Même s’il aurait aimé que l’ex-premier ministre trouve d'autres mots ce jour-là,
M. Desgagné estime qu’en déplorant les « votes ethniques » d'octobre 1995, M. Parizeau ne condamnait pas les néo-Québécois eux-mêmes,
mais bien ceux qui s'en sont servis pour grossir artificiellement les rangs des sympathisants fédéralistes.
Pour l’auteur de cette
lettre, la vaste majorité des néo-Québécois sont fédéralistes, ce qui est tout à fait normal puisqu'ils sont accueillis au Canada à grand
renfort d'unifolié, d'hymne national et de serment d'allégeance. Il leur faut souvent un certain temps avant de bien assimiler la réalité
québécoise et de rejoindre les grands courants d'opinion publique propres aux Québécois de souche. Donc, pas besoin d'être très fort en
mathématiques pour comprendre qu'en augmentant soudainement le nombre de néo-Québécois, sans laisser le temps aux nouveaux venus
d'apprivoiser leur terre d'adoption et de bien saisir les enjeux, on augmentait du même coup la proportion de sympathisants fédéralistes.
Pour l’auteur, la manœuvre fédérale de naturalisation accélérée en 1995 s'apparente aux stratégies coloniales visant à minoriser les
populations conquises. Dans leur naïveté, les Québécois ne croyaient pas que le Canada était capable d'une bassesse aussi anachronique.
Ils l’ont découvert à leurs dépens, et c'est Jacques Parizeau qui a osé le dire en premier.
« (…) les paroles de Jacques Parizeau
le soir du 30 octobre 1995 avaient pour but de dénoncer les manoeuvres fédéralistes visant à fausser la donne du jeu référendaire au moyen
de l'argent et des votes ethniques. C'était peut-être gauche de la part de Jacques Parizeau, et nous avons peut-être mis dix ans à bien
comprendre la portée de ses paroles, mais elles n'ont jamais contenu le moindre soupçon d'un reproche envers nos soeurs et nos frères
néo-québécois », souligne M. Desgagné.
Ces petits moralisateurs, « parmi lesquels se trouve notamment Jean Charest, l'un des
principaux acteurs des manoeuvres fédéralistes de 1995, qui font preuve d'un mépris impardonnable envers le grand Québécois qu'est
Jacques Parizeau. Qu'ils le laissent donc tranquille et qu'ils s'en prennent plutôt à ceux qui, dans l'autre camp, nous mentent, nous
trompent et nous intimident depuis toujours », conclut M. Desgagné.
Également pour mémoire…
DOMINO DE DOMINÉS, LE 9 MAI 2005 - Mario Laprise, de Québec, écrit à son tour dans Le Devoir : « Chuck » est un surnom éloquent. De Charles
Guité, on aurait cru que le français était la langue d'origine. Or, dans la haute fonction publique fédérale, le français y perd
facilement ses origines. Donc, le monsieur Guité a témoigné dans la langue anglaise. Bel exemple de bilinguisme institutionnel...
C'est son droit. Mais pour quelqu'un qui a mis toute son énergie à défendre le Canada contre les méchants «séparatiss» du Québec
francophone, ne serait-ce pas la preuve par l'absurde que ce pays est une aberration ! Pour réussir dans la hiérarchie bureaucratique
d'Ottawa, le francophone y laisse sa langue et sa culture. Monsieur Guité, Chuck, pour les familiers, en est un exemple frappant. Il
défend sa peau en anglais et non pas dans sa langue maternelle. Peut-on se surprendre du fait qu'il était prêt à n'importe quoi pour
sauver son pays, le Canada ? L'identité, les convictions, l'éthique, tout cela se tient. Pensons à Jean Chrétien. L'ambition, trop
souvent fait fi de ces éléments de base.
Et il sont combien, de nos compatriotes, qui ont troqué leur noms, leur langue et leur culture pour la carrière; satisfaire d'abord
leurs ambitions en se rangeant du côté du plus riche ou du plus fort. C’est plus facile et plus payant, estiment-ils, mais ce faisant ils
tirent dans le dos de leur propres frères. Vous en connaissez certainement. Quant à moi, je me souviens d’un certain John Jack, dans mon
enfance. Quel était son véritable nom ? Devinez ! Ce sont tous des morceaux d'un domino de dominés...
ET VLAN ! LE 8 MAI 2005 - Robert Dutrisac (Le Devoir) souligne qu’à peine avait-on dévoilé l'étude sur les finances publiques d'un Québec
souverain, sur laquelle planchait François Legault depuis 18 mois, que les critiques du clan fédéraliste ont fusé. Les Marcel Côté, de
Secor, et André Pratte, de La Presse, sont venus à la rescousse du ministre des Finances, Michel Audet, pour qualifier d'irréalistes les
hypothèses retenues et brandir le spectre du choc économique.
L'étude du Parti québécois ne fait qu'actualiser l'analyse pro forma
des finances publiques effectuée pour la commission Bélanger-Campeau en 1991 en suivant scrupuleusement, mutatis mutandis, la méthode
arrêtée par les respectables financiers qu'était feu Michel Bélanger, dont on ne pouvait pas contester la fibre fédéraliste, et que sont
Jean Campeau et Henri-Paul Rousseau.
L'étude péquiste ne fait que refléter la situation actuelle des finances publiques du Québec
et du Canada. Il n'y a rien de surprenant dans ces données. Elle découlent directement du déséquilibre fiscal : Ottawa verra ses revenus
augmenter plus rapidement que ses dépenses tandis que les provinces, dont le Québec, seront dans la situation contraire. En combinant les
revenus et les dépenses du fédéral et du Québec, on dégage un surplus alors que la province, laissée à elle-même, est aux prises avec des
impasses financières à répétition.
L'argument budgétaire ne joue plus de façon automatique en faveur du fédéralisme. L'ampleur des
surplus à Ottawa, qui alimente un considérable pouvoir de dépenser, a changé la donne. Qui plus est, le gouvernement Martin n'a aucune
intention de corriger le déséquilibre fiscal, une notion dont il n'admet pas l'existence.
Et vlan dans le dents ! Comme on dit...
OPPORTUNISME LIBÉRAL, LE 8 MAI 2005 - La PC rapporte qu’après plus de huit heures de négociations, l'Ontario a obtenu de Paul Martin 5,75
milliards $ sur cinq ans, pour combler l'écart fiscal dont la province se dit victime, un accord qui touche principalement l'immigration,
la formation de la main-d'oeuvre ainsi que l'éducation post-secondaire. Reprenant un cheval de bataille du Québec, la province la plus
riche du pays voulait combler le déséquilibre fiscal dont elle se dit affligée. En point de presse à 23h, Paul Martin a évité soigneusement
d'utiliser le terme «déséquilibre fiscal», préférant «pressions fiscales», et a dit que les sommes accordées étaient prévues dans le
dernier budget.
Cet accord intervient à point: le gouvernement libéral fédéral risque d'être renversé en Chambre au cours des
prochaines semaines, tandis que les libéraux de Queen's Park déposent leur budget mercredi. Or l'Ontario est cruciale dans une éventuelle
bataille électorale fédérale: avec ses 106 circonscriptions, elle compte pour plus du tiers des sièges aux Communes et a donné le gros du
contingent libéral à la Chambre.
Vous voyez certainement le jeu : sentant la soupe chaude, le fédéral consent à livrer ces milliards à l’Ontario essentiellement pour se
donner la chance de gagner les prochaines élections. Une autre illustrations d’opportunisme débridé.
Pendant que le PM de l’Ontario
met les poings sur la table, le seul langage que les fédéraux semblent comprendre, le duo tranquille des Charest-Audet au Québec continuent
mielleusement de professer leur foi au fédéralisme, espérant qu’à force de se mettre à genoux devant leurs grands frères libéraux d’Ottawa,
ils finiront par cueillir quelques miettes. Pendant ce temps, Martin règle avec les autres : à Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse, en Ontario…
JUSTE PERSPECTIVE, LE 8 MAI 2005 - Jean-Robert Sansfaçon (Le Devoir) La présentation des prévisions budgétaires d'un gouvernement
souverainiste faite par le critique du Parti québécois en matière de finances, François Legault, a le mérite de ramener à l'ordre du jour
quelques questions pertinentes à propos de l'indépendance. Loin d'être futile ou utopiste, ce travail méticuleux fait partie des
instruments pédagogiques essentiels au débat qui reprendra sous peu. Toutes choses étant égales par ailleurs, l'étude prouve que Québec
dégagerait un excédent budgétaire dès son premier exercice si l'indépendance avait lieu cette année.
Faut-il le rappeler ? On ne
fera pas la souveraineté dans le seul but de régler le déséquilibre fiscal. Si la France ou la Grande-Bretagne tiennent à leur
souveraineté malgré l'Europe, c'est que les Français et les Britanniques veulent protéger leur identité en s'offrant un État qui répond
à leurs valeurs. Un Québec indépendant vivrait en harmonie avec ses voisins mais, grâce au rapatriement du pouvoir et des impôts, il
concentrerait ses ressources pour le mieux-être des Québécois. À terme, cela ne pourrait qu'être avantageux pour tous.
Monsieur Sansfaçon a manifestement cerné l’essentiel des enjeux en cause dans toute cette question : démontrer que financièrement, un
Québec souverain serait gagnant mais avant tout, utiliserait les moyens dont il disposerait en fonction des valeurs que nous partageons
comme nation.
PAUVRES PETITS, LE 8 MAI 2005 - Pierre-André Normandin (Le Soleil) écrit que CHOI et son ancien animateur-vedette Jean-François
Fillion sont à la croisée des chemins. Le propriétaire de la station de radio, Patrice Demers, a confirmé hier au SOLEIL qu'une mésentente
financière empêche le retour de l'ex-morning man auprès de Genex. Leurs chemins pourraient donc se séparer.Depuis son départ des ondes le
17 mars, Jeff Fillion souhaite être embauché par CHOI à titre de consultant.
« On a un différend qui est le dollar. On est très
éloignés d'un règlement », confie M. Demers. Bien que les négociations ne soient pas rompues, le propriétaire de CHOI ne cache pas que
les chances d'en arriver à une entente s'amenuisent. « C'est sûr que, plus ça s'étire, moins il y a de chances qu'un (accord) soit
conclu. »
Pauvres petits ! Que c’est triste !
FARDEAU DE LA PREUVE RENVERSÉ, LE 7 MAI 2005 - Michel David (Le Devoir) rappelle que la nouvelle étude du Parti québécois sur les
finances d'un Québec souverain est ce type de document qu'on accueille comme un canard à l'ouverture de la chasse. C'est à celui qui
lui mettra le plus de plomb dans l'aile. Tous les Marcel Côté de ce monde vont reprendre du service. En fin de semaine dernière, le
premier ministre Jean Charest avait déjà commencé à l'attaquer avant d'avoir vu un seul chiffre. De toute manière, il ne lira probablement
pas le document. Sa réflexion sur l'après-référendum s'est toujours limitée au «trou noir» qui nous guette. C'est moins fatigant pour les
méninges.
De toute façon, M. Charest sait d'expérience qu'un cadre financier peut très bien être validé sur le plan comptable par
des experts sans être politiquement réaliste pour autant, comme son gouvernement en a fait la démonstration depuis deux ans. Michel Audet
peut bien crier au jovialisme, mais après avoir violé leurs engagements de façon systématique, budget après budget, les libéraux sont bien
mal placés pour faire la leçon à qui que ce soit.
Au moins, l'étude produite par l'équipe de François Legault ne semble pas
comporter d'erreurs aussi grossières que celle rendue en novembre 1994 par le ministre de la Restructuration dans le gouvernement
Parizeau, Richard Le Hir, qui avait omis de tenir compte de la péréquation.
Si on ne peut pas savoir avec certitude combien il en
coûterait pour sortir du Canada, l'étude de M. Legault indique au moins le prix à payer pour y rester. Il y a là un intéressant
renversement du fardeau de la preuve. Ayant lui-même reconnu que le déséquilibre fiscal pénalise le Québec, le gouvernement Charest en est
donc réduit à plaider que ce serait encore pire dans un Québec souverain. Bref, le Canada est simplement un moindre mal. Pas très
emballant.
La présentation d'un budget de pays est sans doute une fleur faite [par Bernard Landry] à son auteur, qui n'a toujours
pas donné officiellement son appui à M. Landry, mais elle se veut aussi la preuve que le chef du PQ ne se contentera plus de gouverner une
province. Le moment n'était peut-être pas idéal, mais c'était nécessaire.
Je crois que M. David touche le fond de la question. Il est certain que le Québec sortirait gagnant de sa transition vers le pays. Déjà, en
1993, l'étude que j'avais faite de cette question m'amenait à conclure à un avantage annuel de quelque 3 milliards de dollars pour le Québec,
une fois débarrassé du carcan fédéral.
La souveraineté, tous comptes faits, c’est payant, comme l'écrivait plus tôt Agnès Maltais
dans une chronique. Elle souligne notamment que les chiffres présentés sont basés sur les travaux de la Commission Bélanger-Campeau qui
avait été mise sur pied par le gouvernement de Robert Bourassa et fait depuis figure de référence. Même si toutes les hypothèses sont
conservatrices, une évidence s’impose, nous sortirions gagnants et gagnantes d’une prise en charge complète de notre destin.
Enfin, si les chiffres qu'on présente maintenant n'ont rien de surprenant, ce qu'on doit également à considérer dans toute cette affaire, c'est le coût
qu'on devra continuer d'assumer si l'on reste dans le statu quo actuel. Qu'on vienne donc nous expliquer qu'à l'intérieur du Canada pour
l'avenir, ça serait différent de l'expérience que nous avons connue au cours des 138 dernières années...
LA « PIASSE » , LE 7 MAI 2005 - Colin Perkel (PC) écrit que les maires de deux des plus grandes villes du Canada se sont joints à une coalition qui veut empêcher les
conservateurs de faire tomber le gouvernement minoritaire libéral avant que le budget fédéral ne soit adopté. Ils craignent que le budget
libéral, remanié depuis l'intervention des néo-démocrates, ne tombe à l'eau.
« Se servir du budget comme prétexte pour se
débarrasser de ce gouvernement ne serait pas une sage décision, a déclaré le maire de Vancouver, Larry Campbell. Il faut tenir compte de
ce budget.» Le maire de Toronto, David Miller, a affirmé qu’il serait certainement l'une des personnes à déplorer ce qu’ils auront perdu
avec le déclenchement d’élections générales. Selon les maires, les villes ont désespérément besoin de fonds qui étaient déjà «à portée de
main». Les délais causés par des élections hâtives feraient en sorte qu'ils ne pourraient améliorer les services aux citoyens comme ils
avaient prévu le faire.
C'est ça ! La « piasse » avant l'éthique... D’où l’expression « les petits maires », voyez !!!
ENCORE ??? LE 7 MAI 2005 - Éric Moreault (Le Soleil) rapporte que les inconditionnels de Jeff Fillion devront se faire à l'idée : le
controversé animateur ne sera pas retour derrière un micro en septembre, a-t-il confirmé en entrevue exclusive au SOLEIL. Ni à CHOI, ni
ailleurs. En fait, surtout pas à la station de radio qui a profité de son émission du matin pour s'établir comme la reine incontestée des
cotes d'écoute à Québec : il y a de l'eau dans le gaz avec Genex.
Selon l’article, l’ex-animateur se vide le cœur. Là-dessus, rien de nouveau, c’était son sytle, on le savait. Quant au reste, pourrait-on
lui « sacrer » la paix, tout comme à nous également, les lecteurs ?
POUR MÉMOIRE, LE 5 MAI 2005 - Brian Myles (Le Devoir) rapporte que les libéraux de Jean Chrétien ont trituré les règles d'attribution des
contrats de publicité du gouvernement dès leurs premières heures de règne dans le but de récompenser plus facilement les agences de
publicité ayant contribué à leur élection, un «retour d'ascenseur» dont BCP fut l'une des principales bénéficiaires avec des contrats de
65,7 millions. L’ex-fonctionnaire fédéral Charles Guité a confirmé les allégations d'ingérence et de favoritisme du cabinet du premier
ministre Chrétien dans l'octroi des contrats de commandite et de publicité.
Une gestion inappropriée des fonds publics minait le
programme des commandites les quatre années au cours desquelles Charles Guité en a assumé la direction, de 1996 à 1999, mais il n'a rien
fait pour corriger le tir. «Parce qu'il y avait une direction politique», a-t-il précisé. Les règles mises en place par les libéraux en
1994 consentaient à la classe politique un pouvoir discrétionnaire inédit dans la sélection des agences de publicité du gouvernement.
Après avoir été montré du doigt par les publicitaires comme l'un des principaux responsables du fiasco et de la logique du «buffet ouvert»
qui prévalait dans la gestion des fonds publics, M. Guité a contre-attaqué en imputant au cabinet du premier ministre et au ministre des
Travaux publics plusieurs actes d'ingérence.
Tout commentaire est superflu. Le tout pour mémoire…
SCANDALEUX ! LE 5 MAI 2005 - Selon un article de la PC, hier, l'Association de protection des épargnants et investisseurs du Québec
affirme que la multinationale montréalaise Bombardier a atteint les sommets de l'indécence en versant une prime de départ de 5,84 millions
à Paul Tellier lors de son départ de la direction, en janvier dernier. Le président de l'association, Yves Michaud, rappelle que les
actionnaires ont été détroussés de l'équivalent d'environ 14 millions au moment où la valeur du titre de l'entreprise a voisiné celle
des «actions de pacotille». Il ajoute que l'ensemble des Canadiens ont aussi été trompés, eux qui paient les subventions plantureuses
à Bombadier à même leurs taxes et impôts.
Les primes plantureuses payées à de tels ogres assoiffés de millions est proprement scandaleux. Et M. Michaud a raison de rappeler qu’au
même moment où Bombardier réclame l’aide des niveaux de gouvernement, elle aliène ses propres actionnaires de montants gigantesques et
sans aucune mesure avec la piètre performance de M. Tellier à la tête de l’entreprise. Comme quoi le secteur public n'a pas le monopole
de l'incompétence...
« CHICKEN OR BEEF ? », LE 4 MAI 2005 – Lettre de Jacques Houpert. dans Le Devoir, suite à un récent vol d'Air Canada en provenance de
Cuba et à destination de Montréal, vol bondé de touristes québécois : « C'est l'heure du repas. L'agente de bord pousse son chariot
jusqu'à mon fauteuil. À n'en pas douter, elle est d'origine espagnole ou latino-américaine. Souriante, elle se penche vers moi et me
demande: «What would you like, chicken or beef?» »
M. Houpert lui demande : «Vous parlez français ?» Pas de réponse. Impossible de
lui faire émettre le moindre son en français. Son visage n'exprime aucun regret. Étonnamment, l’agente de bord semble incapable de dire :
«Poulet ou boeuf ?», les trois seuls mots que requiert minimalement son devoir de servir les quelque 120 passagers qui atterriront dans
trois heures dans la deuxième ville francophone en importance au monde. Visiblement, elle semble totalement ignorer l'incongruité de son
incapacité.
Alors, le client sort son anglais : «Do you speak French ?» «No, I don't.» La réponse est polie, le ton affable, le
sourire radieux. Comme si elle l'informait qu'elle ne parle pas afghan ou lapon. «Don't you think this situation is unacceptable ?»,
relance-t-il sur le ton du client malheureux qui ne lui en veut pas personnellement mais qui aimerait se faire dire sur un ton platement
commercial qu'on est désolé qu'il se sente malheureux. Aucune réponse, on la retarde indûment dans son travail. Et elle passe à la rangée
suivante : «What would you like, chicken or beef ?»
Et on se justifie ! L'agent de bord qui sert les passagers de la classe
affaires a tout entendu. Il vient au secours de sa collègue, expliquant -- selon Air Canada -- le fait que sa collègue ne parle pas
français. «Tout le personnel à bord parle français sauf cette agente de bord, qui parle espagnol. Sur tous les vols d'Air Canada au
départ ou à destination de Cuba, au moins un membre du personnel, pour des raisons de sécurité, doit savoir l'espagnol.»
«Je suis
d'accord avec ces mesures de sécurité, répond le passager, mais nous volons vers Montréal, cette agente de bord doit servir au moins 100
passagers francophones. Comment se fait-il qu'elle ne soit même pas capable de dire : poulet ou boeuf ?» «Elle vient de Calgary», répond
calmement l'agent de bord sur un ton sans appel, autrement dit : «Ne demandez pas la lune; à l'impossible nul -- pas même Air Canada --
n'est tenu !»
M. Houpert laisse l’agent vaquer à ses occupations sans lui demander si, pour des raisons de sécurité, Air Canada
affecte une agente de bord qui parle espagnol mais ne parle pas anglais sur ses vols entre Toronto et Cuba. Une heure et demie plus tard,
c'est le moment des rafraîchissements. Mon agente de bord pousse son chariot jusqu'à mon fauteuil. Cette fois, elle a compris. Elle ne
prend même pas le peine de me demander ce que je veux. Elle me fait un grand sourire et passe au client suivant. J'en suis quitte pour
demander mon verre d'eau à l'agent de bord de la classe affaires, qui s'empresse aussitôt de me l'apporter.
« Et je me sens
presque coupable d'exiger qu'on me serve mon poulet et mon verre d'eau en français à bord d'Air Canada », de conclure l'auteur de la lettre.
Une telle situation est fréquente sur le vols d'Air Canada. J'en ai fait souvent l'expérience. Il est heureux que M. Houpert ait pris
le temps de le dénoncer par cette lettre. Vous voyez, c’est ça une vie de dominé… Pour mémoire.
L’OPPORTUNISME LIBÉRAL, LE 4 MAI 2005 - Michel David (Le Devoir) souligne qu’il y a deux semaines, Paul Martin n'en avait que pour la
nécessité de laisser la commission Gomery achever ses travaux avant d'appeler les Canadiens aux urnes. Depuis la semaine dernière, la
nécessité d'adopter la version du budget concoctée avec le NPD a pris le dessus. (…) Il est bon de rappeler que ni le scandale des
commandites, ni le sort du budget de 2004 n'ont empêché Paul Martin d'aller aux urnes en juin dernier.
Paul Martin insiste comme
il le fait sur le budget parce qu'il veut que ce dernier devienne l'enjeu d'une éventuelle élection, en lieu et place du scandale des
commandites. Les libéraux ont une seule préoccupation, gagner du temps, car ils savent qu'ils ont une mince chance de sauver leur mise.
Une élection partielle aura lieu le 24 mai, au Labrador, pour combler le siège laissé vacant par le décès du libéral Lawrence O'Brien.
Les libéraux sont à peu près certains de l'emporter, ce comté n'ayant été conservateur qu'une seule fois en 50 ans. M. O'Brien l'avait
aussi emporté en juin dernier, avec 62 % des voix. Si les libéraux conservent ce siège, ils auront une voix de plus, d'où l'intérêt de
retarder un vote serré.
Ce qui me fait le plus rire dans cet article et ces manœuvres grossières, dont la pluie de dollars annoncés ou promis qui nous tombent dessus, c’est
l’expression « opportunisme libéral ». Quel pléonasme !
LA POUTRE DANS L’ŒIL, LE 4 MAI 2005 - Jocelyne Richer (PC) écrit que le gouvernement du Québec a dû défendre une fois de plus sa
compétence exclusive en matière de santé, mardi. Jean Charest et Philippe Couillard ont clairement rappelé au gouvernement fédéral
qu'ils n'attendaient pas se laisser dicter leur ligne de conduite dans l'administration du réseau de santé québécois. Lundi, M. Dosanjh
mettait en garde son homologue contre certaines cliniques privées qui imposent des frais à leurs usagers pour des services diagnostiques,
tels que l'imagerie par résonance magnétique. M. Couillard l'a poliment envoyé promener, mardi, en faisant valoir que «l'organisation,
les priorisations et la façon dont nous donnons les soins de santé et les services sociaux au Québec sont du ressort uniquement du
gouvernement du Québec.
Enfin, on se tient debout, espérant qu’il en sera également ainsi demain et pour tous les jours qui suivront. Par ailleurs, la sortie du
ministre fédéral de la Santé est d’autant plus odieuse que c’est ce niveau de gouvernement qui a diminué constamment sa part dans le
financement des systèmes de santé publics au Canada et ce, depuis maintenant une trentaines d’années.
Ayant de cette façon
littéralement étranglé financièrement les provinces, et le Québec en particulier, privant celles-ci d’une partie importante des moyens
nécessaires pour répondre à la demande et de rencontrer leurs obligations dans le secteur de la santé, mais aussi par ricochet, dans
d’autres secteur de leurs compétences (comme l’éducation), le fédéral est bien mal placé pour faire la leçon à qui que ce soit.
ÉNIGME, LE 3 MAI 2005 - Michel David (Le Devoir) rappelle que le gouvernement Martin nie l'existence d'un déséquilibre fiscal qui cause un
tort immense au Québec. En février, le ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale, est même venu à Québec le clamer bien haut à la face
de son homologue québécois, Michel Audet, qui a encaissé sans mot dire. Invité à dire s'il considérait la question suffisamment grave pour
constituer une menace à l'unité canadienne, M. Charest s'y est carrément refusé. «On a quand même un pays qui fonctionne bien», a-t-il
déclaré en conférence de presse.
M. Martin a bien des défauts, mais il n'est pas sourd. Pourquoi renoncerait-il aux plantureux
surplus qui s'accumulent dans les coffres fédéraux, si le premier ministre de la province la plus turbulente de la fédération trouve
lui-même que le pays fonctionne bien malgré tout ? À entendre les ministres québécois roucouler aux côtés de leurs homologues fédéraux
qui font tomber une pluie de millions depuis quelques jours, tout semble en effet fonctionner très bien. Et s'il s'agit simplement d'une
mascarade pré-électorale, la neutralité de M. Charest a l'air de très bien s'en accommoder.
Comment peut-on, devant de telles évidences, voter « désormais » libéral ??? Comprend pas !
DU GRAND CHAREST ! LE 1ER MAI 2005 - Michel Corbeil (Le Soleil) rapporte que Jean Charest ne digère pas qu'Ottawa accuse les premiers
ministres des provinces, qui parlent de déséquilibre fiscal, de nuire à l'unité nationale. Ce déséquilibre existe et conduit à un
déséquilibre politique où le fédéral a les moyens d'envahir les domaines de compétence provinciale... et de nuire aux intérêts du pays.
On voit bien ce qui l'anime avant tout. Il s’inquiète davantage que cette situation nuise aux intérêts du pays qu’à ceux du Québec d'abord.
Du grand Charest quoi ! Pour ce qui est de reconnaître ainsi la réalité du déséquilibre fiscal, il est 10 ans en retard.
DEVOIR DE MÉMOIRE, LE 1ER MAI 2005 - Hugo Meunier (La Presse) écrit que près de quatre ans après la première pelletée de terre, le ruban
a été coupé en grande pompe à la Grande Bibliothèque de Montréal, vendredi, en présence de 800 personnalités. Tout le gratin politique et
culturel était réuni pour célébrer l'ouverture tant attendue de l'immense bibliothèque, sept ans après que le projet eut obtenu le feu
vert du gouvernement du Québec, alors dirigé par Lucien Bouchard. Jean Charest a quant à lui rendu un vibrant hommage à l'ancien premier
ministre Lucien Bouchard pour son leadership dans le dossier de la Grande Bibliothèque.
Et les libéraux continuent ainsi à inaugurer en grande pompe, deux ans après leur arrivée au pouvoir, les réalisations du gouvernement
précédent, ou du moins les projets trop avancés pour qu'ils puissent être annulés. Au moins M. Charest aura eu l’honnêteté de reconnaître
les mérites de ses prédécesseurs dans cette réalisation, ce qui pourrait inspirer certains de ses députés. N’est-ce pas M. Soucy (Portneuf) ?
DU VENT, LE 1ER MAI 2005 - Jocelyne Richer (PC) rapporte que le gouvernement Charest entend bien au cours des prochains mois faire du
rattrapage dans la faveur populaire en défendant son bilan de mi-mandat et en faisant du déséquilibre fiscal son principal cheval de
bataille des mois à venir. Tous les libéraux du Québec, qu'ils soient simples militants, députés ou ministres, seraient appelés à
profiter de toutes les tribunes pour vanter le bilan des deux premières années du gouvernement Charest. Tous devraient mettre l'épaule à
la roue pour aider le gouvernement à regagner l'appui de la population, au plus bas selon les sondages.
Vanter le bilan des deux dernières années ? Bonne chance ! À coup de slogans creux comme ceux qu’on entend depuis plus de deux ans,
j’imagine… Bref, du vent comme d’habitude. Dire tout cela et du même souffle, comme le souligne Denis Lessard (La Presse),
ressortir ses discours de la dernière campagne électorale, recycler plusieurs de ses attaques d'il y a deux ans contre le gouvernement
précédent et retrouver les tirades des dernières élections… le tout démontre bien qu’au fond, Jean Charest et son gouvernement n’ont
pas de quoi se vanter.
JUSQU’À LA LIE ! LE 29 AVRIL 2005 - Brian Myles (Le Devoir) rapporte que montré du doigt comme l'un des principaux responsables du scandale des
commandites depuis le début des travaux de la commission Gomery, l'ex-fonctionnaire Charles Guité a choisi de se camper dans le rôle de
l'exécutant loyal ayant suivi les ordres. La commission n'a pas entendu de témoin aussi volubile que Charles Guité depuis la prestation
corrosive du publicitaire Jean Brault. Principal artisan de l'offensive libérale pour mettre en échec le référendum de 1995, M. Guité fut
nommé à la direction du programme de commandites en 1996, poste qu'il a occupé pendant trois ans avant de céder sa place à Pierre
Tremblay, l'ex-directeur de cabinet du ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano.
Après avoir expliqué jeudi ses relations
d'affaires avec les publicitaires mêlés au scandale, Charles Guité a abordé hier des dossiers de commandite précis, de même que ses
premières rencontres avec Jacques Corriveau, un ami intime du premier ministre Jean Chrétien. M. Guité a de savoureux souvenirs de ses
entretiens avec M. Corriveau, qui a empoché sept millions de dollars à même les fonds publics sans être reconnu comme un fournisseur
officiel du gouvernement.
Ni la longueur de l’enquête, ni la fatigue ne doivent détourner l’attention. On peut en effet devenir blasés d’entendre cette litanie
nauséabonde, au point d’avoir le goût de passer à autre chose, le simple bon sens nous empêchant d’en entendre davantage… Ce serait
une erreur. Nous devons boire ce mauvais vin jusqu’à la lie malgré le mal de tête qu’il peut donner, question de se souvenir toujours
de ces abus qui ont culminé sous le gouvernement libéral des Chrétien-Martin.
OUI ! LE 28 AVRIL 2005 - Michel David (Le Devoir) souligne que chaque nouvelle poussée de fièvre souverainiste s'accompagne d'une éruption
d'inepties dans l'autre camp, comme en témoigne la déclaration du juge en chef de la Cour d'appel du Québec, Michel Robert, selon qui les
souverainistes ne devraient pas être nommés juges.
Le syndrome de la séparation semble même faire des victimes outre-frontière.
Ainsi, selon le président des Shriners, Ralph Semb, la perspective de voir le Québec quitter la fédération canadienne pourrait expliquer
le déménagement de leur hôpital montréalais en Ontario. Après la fuite des capitaux, la fuite des hôpitaux.
Le dernier sondage de
Léger Marketing-Le Devoir, qui situe maintenant la souveraineté à 54 %, ne fera rien pour calmer les excités. Se pourrait-il que, du fond
de son abîme, Alfonso Gagliano ait eu raison et que la souveraineté soit devenue inévitable ? L'effet du scandale des commandites est
indéniable, mais il faudra voir ce qu'il en restera dans quatre ou cinq ans.
Comme l’écrit d’ailleurs Jean-Robert Sansfaçon, en éditorial, si le sondage Léger Marketing ramène la souveraineté du Québec sur le
devant de la scène, la partie n’est pas gagnée.
De mon point de vue, l’élection d’un gouvernement du Parti Québécois au prochain
rendez-vous avec la population, de même qu’un OUI majoritaire lors d’un prochain référendum sur la souveraineté, que je souhaite le plus
rapidement possible, tiennent d’abord et avant tout à la solidité de l’option fondamentale du Parti Québécois et à sa capacité, avec tous
les milieux souverainistes du Québec, à mobiliser les citoyens du Québec autour d’un projet solide, clair, bien compris et bien expliqué.
De sa capacité également à faire en sorte qu’au moment du plus grand choix de leur vie, les Québécois et les Québécoises aient
suffisamment confiance en eux-mêmes pour ne pas se laisser distraire par les manœuvres de peur des fédérastes de tout acabit.
SUFFIT ! LE 28 AVRIL 2005 - Josée Boileau (Le Devoir) note que quand Michel Robert rend jugement en Cour d'appel, les
citoyens ont l'obligeance de croire que sa décision est basée sur le droit et non sur son militantisme libéral passé. Les propos tenus
lundi par M. Robert démontrent en fait à quel point il ne s'est pas, lui, dégagé de la gangue militante.
Qui croit encore que les
souverainistes sont des ennemis, que leurs revendications ont un caractère illégitime, que leur seule présence dans les institutions
fédérales relève de l'infiltration ? Les fédéralistes obtus, persuadés d'être en guerre et prêts à tout pour sauver le pays, comme il
s'en est tant trouvé au sein du Parti libéral du Canada depuis 40 ans.
Chacun a bien compris que les souverainistes ont la guerre
assez tranquille, la résistance passive, et sont prêts à jouer le jeu tant que le Grand Jour ne sera pas arrivé : personne ne parle de
jeter à terre les institutions fédérales. Rien ne permet de croire que les avocats de tendance souverainiste adoptent une attitude
différente une fois juges. Le problème, c'est qu'il semble que peu d'entre eux accèdent aux nominations fédérales…
… et dans la même veine, on ira facilement reprocher aux souverainistes de vouloir « briser le Canada », un autre argument de fallacieux.
De un : c’est de se construire un pays vraiment à nous dont il s’agit, de passer d’un statut de minoritaire et d’asservi à celui d’une
nation qui s’émancipe complètement. Et de deux : le Canada ne sera pas « brisé », il sera différent, c’est tout, avec une province de
moins, comme avant 1949… Cessez ce chantage !
RÉVEIL BRUTAL, LE 28 AVRIL 2005 - La PC rapporte que Benoît Pelletier estime que le plus fort appui dont jouit maintenant l'option
souverainiste confirme que le plan B concocté par Ottawa, qui prône la ligne dure contre le Québec, est non seulement une grave erreur,
mais un mirage : ceux qui croyaient, sur la base du plan B, que la souveraineté était un concept du passé et démodé se trompaient, car
à son avis, le mouvement souverainiste est très fort au Québec.
Monsieur Pelletier se réveille un peu tard… et ce n’est qu’un début. Pour le reste, je suis d’accord.
KYOTO ? LE 28 AVRIL 2005 – (PC) La Cour suprême du Canada rejette la demande de Genex Communications et des animateurs André
Arthur et Jeff Fillion à l'endroit d'un autre animateur radiophonique, Robert Gillet. Celui-ci réclame trois millions $ en dommages à la
partie adverse. La poursuite suivra maintenant son cours normal. Les requérants voulaient stopper les procédures estimant que la Cour
supérieure avait perdu toute compétence à cause, selon eux, des relations privilégiées entre M.Gillet et ses avocats et certains juges de
ladite Cour.
Il est heureux que cette cause poursuive maintenant son cours normal afin que celle-ci soit enfin jugée au mérite. Qui a raison ? Qui a
tort ? L’important est que la justice suive son cours. Mais il faut espérer qu’un jour dans notre région, ce genre d’animation radiophonique
cesse de faire notre honte.
Je constate que les propos irrespectueux, le dénigrement et les médisances à l'égard de citoyens
ordinaires tout autant qu'à l'égard de gens connus, qu'il s'agisse d'athlètes, de policiers, d'artistes, de politiciens... continuent de plus belle sur nos
ondes, et spécialement à CKNU-FM, où l'on cloue au pilori, on juge allègrement et sans procès comme au Moyen-Âge. Si donc le fait d’entendre de
telles causes peut contribuer à assainir le climat malsain qui en résulte depuis des années à Québec et tout autour, bien tant mieux !
Sinon, on exigera peut-être un jour que la réduction de cette pollution entre également dans nos devoir à faire pour rencontrer les
exigences de Kyoto...
LA GRANDE SÉDUCTION ! LE 26 AVRIL 2005 - Denis Lessard (La Presse) écrit qu’aiguillonné par la probabilité d'élections générales, le gouvernement
Martin va appuyer sur l'accélérateur afin de faire tomber la manne fédérale sur le Québec. Au moment où Paul Martin négocie fébrilement
avec le chef du NPD, Jack Layton, pour tenter d'éviter une défaite de son gouvernement aux Communes, ses ministres québécois mettent tout
en place pour multiplier les annonces dans la Belle Province, au cours des prochains jours, pour préparer d'éventuelles élections
générales.
Il y a un an, ministre non élu, M. Lapierre avait soutenu qu'il n'était pas question de procéder à des annonces à la
veille de la campagne électorale de 2004. «On aurait l'air de pères Noël», avait-il soutenu. Cette timidité est bien révolue, confie-t-on
à Ottawa.
Fallait s’y attendre ! Ils vont encore une fois essayer de nous acheter ! Et si ça ne marche pas dans les sondages, ils vont nous redire
qu’ils nous aiment ! Et si ça ne marche pas non plus, ils vont nous accuser de vouloir briser le Canada ! Et si ça ne marche pas non plus,
ils vont essayer de faire peur aux plus vulnérables ! Et ainsi de suite…
Vivement l’élection, qu’on leur règle leur cas. Et
vive le Québec... enfin libre !
TERRORISME VERBAL, LE 26 AVRIL 2005 - Hugo Meunier (La Presse) rapporte un nouveau rebondissement dans l'affaire de l'hôpital des
Shriners : la présence de souverainistes au Québec a pu influencer certains membres du conseil d'administration qui a recommandé le
déménagement de l'établissement à London, en Ontario, la semaine dernière. C'est ce qu'a révélé hier le président des 22 hôpitaux
Shriners, lors de son passage en ville pour rassurer les troupes montréalaises, Ralph Semb : « Peut-être que la souveraineté pourrait
inquiéter certains Shriners. »
Les déclarations du président des Shriners à Montréal ont eu des échos jusqu'au cabinet du ministre
de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard. «Ce n'est pas la première fois qu'on entend les Shriners évoquer la menace
souverainiste, mais ça s'était amenuisé depuis l'arrivée de notre gouvernement», a expliqué l'attachée de presse du ministre, Cathy
Rouleau.
Avec la montée de l’option souverainiste au Québec, le terrorisme verbal va recommencer, c’est évident. On en a un bel exemple ici… Le
pire, c’est que l’entourage du ministre embarque dans le jeu !
LAVAGE DE CERVEAUX, LE 26 AVRIL 2005 - La Presse Canadienne rapporte qu’un peu plus de la moitié des Canadiens, soit 52 pour cent,
supportent l'idée d'avoir à payer pour certains soins fournis par le secteur privé afin d'accélérer le désengorgement du système de
soins publics. Un sondage Léger Marketing mené à cet effet démontre aussi que c'est au Québec où l'appui à une telle idée est le plus
élevé : 65 pour cent.
Le sondage a été commandé par l'Institut économique de Montréal. Son président, Michel Kelly-Gagnon, croit
que l'appui plus grand des Québécois au système de santé à deux vitesses s'explique par le fait qu'ils définissent moins que les autres
Canadiens le système public de santé comme étant une caractéristique du pays.
Le lavage des cerveaux se poursuit par ceux qui profiteraient finalement d'un tel système. Lavage par l'intermédiaire de ce sondage
commandité par l’un des organismes les plus rétrogrades que je connaisse en ces matières… À force de tirer dans les jambes du système
public, on finit par convaincre la population que les solutions sont du côté d’un système mixte, à l’intérieur duquel ceux qui ont la
capacité de payer pourraient avoir accès aux services requis avec notamment pour effet de « désengorger » le public.
Ce qu’on
ne dit pas, c’est qu’un tel système permet simplement aux mieux nantis de passer devant les autres sans pour autant désengorger le secteur
public et ce, pour des raisons bien connues et bien documentées pour quiconque se donne la peine de s’informer un peu. Une des raisons
étant que les professionnels de la santé qui, inévitablement, se dirigeront vers le privé, « priveront » le public des services
professionnels requis pour répondre à la demande. Bref, on ne verra aucun effet de désengorgement et il en coûtera seulement plus cher
pour maintenir une tel double système. C’est ce qu’on observe, à l’évidence, aux Etats-Unis.
Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas
inviter ceux qui pensent avoir les moyens de payer, à aller se faire soigner au sud de la frontière. Pourquoi n’y vont-ils pas déjà ?
Serait-ce justement qu’il leur en coûterait trop cher ?
ON S’AJUSTE ? LE 26 AVRIL 2005 - Anne-Louise Champagne (Le Soleil) rapporte que Québec annoncera ce matin la création d'un nouveau Fonds
d'intervention économique régional (FIER) pour la région de la Capitale-Nationale. Par la même occasion, le gouvernement pourrait bien
changer une des règles du jeu, afin de stimuler la participation du privé à ces fonds d'investissements régionaux.
La portion
privée du FIER de Québec proviendra du Fonds Cap-Diamant, qui regroupe 15 investisseurs, a appris LE SOLEIL. À la tête de ce groupe se
retrouve le Dr Éric Dupont, président du conseil d'administration de la société Æterna Zentaris. Le gouvernement de Jean Charest devrait
annoncer par la même occasion qu'il doublera la mise du privé, ainsi que le prévoient les règles.
Après avoir tout annulé ce qu’ils pouvaient, les libéraux vont réintroduire quelques mesures de stimulation économique, en partenariat
avec le secteur privé, je suppose. Deux ans de perdus dans la région comme ailleurs… La défaveur que connaissent les libéraux du Québec
les amèneraient-ils à commencer à s’amender ? On ne sera pas dupe…
CIRCONVOLUTIONS LIBÉRALES ! LE 25 AVRIL 2005 – Dans Le Devoir, Michel Venne rappelle qu’en 2003, rien n'était plus urgent au Québec que de
réduire les impôts. Deux ans plus tard, les réductions d'un milliard par année ne sont pas au rendez-vous. Les défenseurs des baisses
d'impôt viennent, semble-t-il, de découvrir que, si on réduisait le fardeau fiscal dans le contexte actuel, il faudrait réduire les
services. Étonnant qu'ils ne l'eussent pas compris bien avant.
L’écart fiscal entre le Québec et la moyenne des autres provinces
ne serait plus aussi considérable qu'on le laissait croire. Un écart d'à peine un milliard en 2006, seulement 360 $ par contribuable. Un
couple québécois gagnant 50 000 $ par année et ayant deux enfants, paie moins d'impôt qu'un couple dans la même situation vivant en
Ontario, un écart en faveur du couple québécois serait de 743 $ par année !
Ce discours sur les baisses d'impôt, variable selon les
conjonctures, est un discours nocif lorsqu'il tourne à l'obsession. Il est heureux que le gouvernement actuel l'ait compris. Les citoyens
n'acceptent plus de se faire raconter n'importe quoi.
Attention, le gouvernement actuel l’avait probablement compris bien avant… mais que n’a-t-il pas promis pour gagner les dernières
élections. Et qu’aura-t-il livré à ce jour ?
Rien qu’en santé, comme l'a démontré Louise Harel, 43 000 personnes toujours en attente d’une chirurgie, hors délai;
des investissements deux fois moins importants que promis ont été consentis; 1200 personnes déficientes intellectuelles toujours en
attente d’un premier service; hausse de 66 % en deux ans du nombre en attente chez les personnes et atteintes de troubles envahissants du
développement; et où sont le commissaire indépendant et la charte des droits du patient ?
CITEZ VOS SOURCES ! LE 25 AVRIL 2005 - Martin Ouellet (PC) écrit que pour Mario Dumont, les libéraux de Jean Charest ne méritent pas mieux que
d'être punis sévèrement pour avoir menti à répétition et fait perdre deux ans aux Québécois, a dénoncé, dimanche, le chef de l'Action
démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont. Ils n'ont rien fait d'utile, a fait valoir M. Dumont.
« Du temps gaspillé, du temps
perdu. Perdre deux ans, c'est impardonnable et c'est ce que l'on vient de vivre avec le gouvernement libéral, a poursuivi M. Dumont. « Ils
ont promis n'importe quoi. Ils n'ont pas dit la vérité. Ils ont menti aux jeunes, aux aînés, aux contribuables, aux malades. Les seuls à
qui ils n'ont pas menti, ce sont leurs amis, pour faire des nominations », a-t-il dit.
Ma foi, il me cite pratiquement mot pour mot, ce petit monsieur. Il pourrait peut-être citer ses sources...
LUNETTES ROSES, LE 24 AVRIL 2005 - Norman Delisle (PC) écrit que pour Jean Charest, le budget présenté par Michel Audet, il y a trois
jours, est le reflet exact de ce qu'il avait promis à la population : « On est sur la bonne voie. Je ne dis pas que tout est réglé, mais
à mi-mandat, que de chemin parcouru ! », s'est exclamé M. Charest.
De nouveaux verres lui feraient du bien, je crois… Et ça prouve qu'en politique, certains pensent pouvoir dire n'importe quoi, il y en aura
toujours d'aucuns pour les croire.
QUI SE RESSEMBLE… LE 24 AVRIL 2005 - Martin Ouellet (PC) écrit que l'ombre du Parti conservateur plane sur le conseil général de l'ADQ,
et même s'ils évitent d'en faire étalage, les adéquistes ont de nombreux échanges, dans les officines, avec des militants du PC. Malgré
les grandes affinités idéologiques qui unissent l'ADQ aux conservateurs, notamment sur le plan fiscal et économique, Mario Dumont préfère
jouer de prudence en évitant d'encourager ouvertement les militants de son parti à appuyer le PC. S'il garde une certaine distance
vis-à-vis la troupe de Stephen Harper, il n'hésite pas à faire savoir que le Bloc québécois ne constitue pas une option valable de
changement à Ottawa.
Qu’il me fait donc penser à son modèle, ce Mario « Bou-Bou » Dumont, véritable émule de Robert Bourassa. Quand on gratte un peu l’image,
c’est jamais vraiment clair : on serait derrière le PC… mais pas vraiment. On voudra garder ses distances… sans hésiter à planter le Bloc
québécois, ce qui revient à faire campagne pour le PC, dans les circonstances.
Cà n’échappe d’ailleurs pas à Mylène Moisan (Le Soleil)
puisqu’elle remarque un Mario Dumont clamant haut et fort qu'il ne prendra position pour aucun parti fédéral, tout en rappelant du même
souffle que les conservateurs ont toujours eu « un plus grand respect » pour le Québec. Que voulez-vous, qui se ressemble, s'assemble ?
TROP TARD, LE 23 AVRIL 2005 - Simon Boivin (Le Soleil) rapporte que Parcs Canada investit 13 millions $ pour refaire la terrasse Dufferin
et la promenade des Gouverneurs. Ces travaux majeurs ne seront pas terminés pour les Fêtes du 400e, ce qui laissera un trou béant face au
Château Frontenac. À l'été 2008, deux passerelles, l'une le long du Château Frontenac et l'autre du côté du funiculaire, assureront la
circulation entre la statue de Champlain et le kiosque Lorne, plus à l'ouest, face au casse-croûte. Entre les deux, un immense trou où se
dévoileront les fondations du Château Saint-Louis, brûlé il y a plus de 300 ans. « On ne pourrait pas remettre le tablier de bois parce
qu'il faudrait travailler de mai à octobre 2008, indique Jean Désautels, directeur régional de Parcs Canada à Québec. Entre deux maux, on
choisit le moindre. Au lieu d'avoir des grues et de nuire au secteur visuellement, on va aménager des passerelles et il y aura des
programmes d'animation et d'interprétation pour que les gens puissent se promener dans les vestiges. On viendra compléter en 2009. »
… alors qu’il aurait été si facile de se réveiller bien avant et d’annoncer ces travaux suffisamment à temps que tout soit terminé en 2008.
Pensez-vous que ceci serait arrivé s’il s’était agit de l’anniversaire de Louisbourg ou de Port-Royal ? Sûrement pas ! Foi de Sheila
Copps et de son émule, Stephane Dion!
UNE CHOSE ET SON CONTRAIRE, LE 23 AVRIL 2005 - (PC) Si l'hôpital des Shriners quitte Montréal, ce sera de la faute du gouvernement du
Parti québécois, a soutenu hier Philippe Couillard, en marge d'une conférence sur le cancer. Le ministre de la Santé, Philippe Couillard,
a accusé l’ancien gouvernement péquiste d’être resté indifférent aux requêtes de l’hôpital des Shriners. Le ministre Couillard ne sait pas
encore ce qui a motivé le choix de la fondation liée aux francs-maçons américains. Il garde espoir de renverser la décision de son conseil.
À l’exemple de Michel Audet, M. Couillard met sur la faute du gouvernement précédent cet autre revers qu’il rencontre dans son mandat.
Rien de très original, vous en conviendrez ! Par ailleurs, comment peut-il dire cela tout en avouant ne pas savoir encore ce qui a motivé le choix de
la fondation ? Ça s’appelle dire une chose et son contraire tout à la fois…
DOUCE REVANCHE ? LE 23 AVRIL 2005 - Michel David (Le Devoir) écrit qu’on a eu tôt fait d’expédier à Jacques Parizeau le compte rendu des
entrevues accordées au cours des derniers jours par l'ancien directeur général du PLC au Québec, Benoît Corbeil, au sujet de l'argent et
des votes ethniques. Sur le plan politique, la déclaration de M. Parizeau demeure une faute que le mouvement souverainiste en général et
le PQ en particulier expient depuis dix ans. Les révélations de M. Corbeil en confirment toutefois le bien-fondé. Contrairement à ce que
le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, a soutenu, le NON n'a pas gagné honorablement. Soit, il a gagné, mais
il a triché. M. Pelletier est un honnête homme, mais il devrait perdre cette mauvaise habitude de défendre l'indéfendable.
Douche revanche ? Peut-être. Mais le plus important c’est que la vérité sorte enfin et qu’on se prépare à ce que de telles entorses à la
démocratie ne se répètent pas la prochaine fois.
AGITATION STÉRILE, LE 22 AVRIL 2005 - Jean-Robert Sansfaçon (Le Devoir) écrit qu’à la lecture des documents présentés hier, on ne trouve
rien de nouveau, d'original ou de courageux dans ce premier budget du ministre Michel Audet et dans les crédits de la présidente du
Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget. Pour tout dire, voilà probablement le budget le plus inutile présenté depuis longtemps par un
gouvernement québécois, laissant béant le fossé qui s'est creusé depuis la campagne électorale entre les promesses libérales et la réalité
des finances publiques du Québec.
À ce jour, ce gouvernement n'est même pas parvenu à dégager la marge de manoeuvre nécessaire pour
remplir ses promesses les plus élémentaires ! Comment est-il possible qu'après trois budgets, une équipe qui se disait «prête» à
réinventer l'État en soit encore à gérer à la petite semaine, sans vision de l'avenir ni aucun plan de match ? Qu'attend M. Charest pour
nous dire ce qu'il fera d'ici la fin de son mandat ?
Si le premier ministre et ses candidats doutaient de l'existence du
déséquilibre fiscal mis en lumière par l'ex-ministre Yves Séguin, ils doivent aujourd'hui se rendre à l'évidence : sans un règlement
prochain mais bien improbable du problème, le gouvernement du Québec devra se contenter de réimprimer, année après année, le même budget
de comptable, tout juste utile à servir d'orthèse au pied d'une table chambranlante.
Le ridicule de ce budget n'échappe pas
non plus à Michel David (Le Devoir) qui estime que quand un ministre des Finances n'a pas suffisamment de moyens ou d'ingéniosité pour
tenir les engagements de son gouvernement ou pour frapper l'imagination des contribuables, le mieux est encore qu'on oublie son budget
le plus rapidement possible. Il est difficile de comprendre pourquoi il a fallu tant de temps pour accoucher d'une telle souris. Après le
remaniement ministériel de février, cela ressemble dangereusement à un autre coup d'épée dans l'eau. Par les temps qui courent, ne pas
aggraver les choses constitue presque un exploit, conclut le chroniqueur.
Ce budget démontre à la fois que les libéraux étaient loin d’être prêts, leur cadre financier était de la frime (ils le savaient
certainement d’ailleurs), et d’autre part que le Québec, dans le régime constitutionnel actuel, est condamné à ne faire que du sur-place,
ce que les libéraux exacerbent d'ailleurs dans ce budget : en enlever un peu à l’un pour en donner un peu à l’autre. Quel génie ! On
tourne en rond, de l'agitation stérile quoi ! François Legault a raison, valait-il la peine de virer Yves Séguin pour une telle
insignifiance de budget ?
AUTRE ENQUÊTE SUR MANIGANCES, LE 21 AVRIL 2005 - Normand Lester, dans Le Devoir, écrit que l'ampleur du scandale causé par l'affaire des
commandites ne devrait pas faire oublier les autres manigances financières du gouvernement Chrétien entourant le référendum de 1995. Pour
assurer la victoire du NON, le pouvoir libéral fédéral a, durant la campagne référendaire, dépensé clandestinement et illégalement près de
cinq millions de dollars par l'entremise d'Option-Canada, un mystérieux organisme-paravent relevant du Conseil pour l'unité canadienne
(CUC). Presque autant d'argent, soit 4,8 millions, que la somme autorisée de cinq millions pour chacun des camps du OUI et du NON. Si on
considère l'énorme quantité d'argent investi au noir en faveur du NON, on peut penser qu'Option-Canada a eu une influence non négligeable
sur le résultat du référendum.
Option-Canada a de toute évidence violé la loi québécoise sur les référendums : son budget n'était
pas compris dans les cinq millions de dollars autorisés et dépensés par le camp du NON. L'organisme bidon a probablement aussi violé des
lois fédérales en détournant des fonds destinés aux minorités linguistiques du Canada.
Seule une enquête publique comme celle que
mène le juge Gomery pourrait faire la lumière sur l'argent noir, les tripotages financiers et les actions clandestines du Conseil pour
l'unité canadienne et de ses officines connexes dont, en particulier, Option-Canada. Le prochain gouvernement du Québec devrait en faire
une de ses priorités s'il ne veut pas être victime du même type de manipulation.
Il faut qu’une telle enquête publique se tienne effectivement. Les agissements anti-démocratiques politiciens fédéraux au Canada sont
devenus tels qu’ils font notre honte ici autant qu’à l’étranger. Nous en sommes vraiment rendus à conclure à la nécessité, lors d’un
prochain référendum, de la présence d’observateurs de l’étranger afin de s’assurer que la démocratie soit respectée, dit autrement, qu’on
ne nous vole pas de la même façon lors du prochain référendum.
ENCORE !?! LE 21 AVRIL 2005 - Louise Lemieux (Le Soleil) rapporte qu’une autre plainte de discrimination sera déposée au CRTC contre
CHOI-FM, cette fois pour s'élever contre les propos racistes qui seraient encore tenus à l'émission matinale Le Monde parallèle, et cela,
depuis le départ de Jeff Fillion, de même qu'à l'émission Décompte RadioX, en fin de journée. Cette plainte, espère la Coalition contre
la discrimination, sera considérée par la Cour fédérale, lors de l'audition de l'appel de CHOI. La station remet en question la
juridiction du CRTC. La cause sera entendue le 24 mai.
Le groupe Coalition contre la discrimination, dont fait partie Mirlande
Demers, elle-même cible fréquente de Jeff Fillion, croit qu'il faut en finir avec les propos racistes à la radio. «Nous surveillons CHOI,
car la station est un cas d'espèce», dit-elle. D'autres stations tombent aussi dans le piège de propos racistes. De l'avis de Mme Demers,
insister sur l'origine d'un criminel alimente les préjugés. «Les gens finissent par avoir peur des Noirs et des Arabes. Et cela devient
difficile pour eux de trouver un emploi et un logement», explique la jeune femme.
Si c’est le cas, les directions de telles stations sont en train de démontrer leur incapacité à contrôler l’« incontinence déclamatoire
chronique » de certains de leurs animateurs (l'expression vient d’un de mes correspondants), producteurs d'acides gras non essentiels. Elles démontrent alors, en somme, ne pouvoir
administrer de manière responsable les licences qu’elles obtiennent, i.e. d’une manière qui respecte les conditions d’exploitation qui
les accompagnent.
Obtenir une licence d’exploitation des ondes, c’est un privilège, et non un droit. C’est comme pour un permis de
conduire. Quand on n’arrive pas à conduire en respectant le code de la route, on risque de perdre son permis. C’est ce qui risque de se
produire dans les circonstances.
EFFETS DIRECTS ET INDIRECTS, LE 21 AVRIL 2005 - Gilbert Leduc (Le Soleil) rapporte que la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget,
n'était pas peu fière d'annoncer, hier, que le gouvernement avait dépassé, en 2003-2004, sa cible de réduction des effectifs de la
fonction publique. Il devait rayer de la carte 926 postes. Il en a fait plutôt disparaître 1400. L'élimination de ces postes — des
équivalents temps complet (ETC), dit-on dans le jargon administratif — permettra à l'État d'économiser 117 millions $ au chapitre de la
rémunération. À ce montant, il faut additionner les 241 millions $ épargnés au chapitre de diverses dépenses de fonctionnement des
ministères et organismes (voyages, achats d'ordinateur, etc.). En tout, une économie récurrente de 358 millions $.
… et probablement en grande partie sur le dos de la région de la Capitale-nationale où l’on retrouve plus du tiers des employés de la
fonction publique. Je serais bien curieux de scénariser l’impact direct et indirect d’une telle réduction d’effectifs et de budgets sur
l’économie, notamment dans notre région. Après tout, on le fait bien lorsqu'ils s'agit de création d'emplois, alors pourquoi pas lorsque des baisses se
produisent ? ...
UN INSTANT ! LE 20 AVRIL 2005 - La PC rapporte que l'ancien ministre libéral fédéral Alfonso Gagliano prédit qu'un prochain référendum
mènera le Québec vers la souveraineté, et juge qu'il faudra blâmer Paul Martin car c'est lui qui a créé la Commission Gomery. M. Gagliano
traite Paul Martin et son équipe d'« amateurs » en politique. Il juge que le lieutenant de Paul Martin au Québec et ministre des
Transports, Jean Lapierre, n'a pas su mener une bonne campagne électorale au Québec l'an dernier.
M. Gagliano confirme par
ailleurs les liens entre M. Martin et l'ex-président de Groupe Everest, Claude Boulay, alléguant que ce dernier a travaillé à l'élection
de M. Martin dans la circonscription de LaSalle-Émard, en 1993. Il conclut que la Commission Gomery le dégoûte de la politique. La
Commission, dit-il, détruit des carrières et des vies.
Ces déclarations fracassantes ont provoqué une vive réplique des principaux
intéressés à Ottawa. Jean Lapierre a répliqué en affirmant que ces commentaires sont pathétiques et proviennent d'un homme désemparé.
Blâmer Paul Martin pour la création de la Commission Gomery ? Ce serait bien le « boutte » ! S’il y a une chose qu’on ne peut lui reprocher,
c’est bien cela. La lumière, toute la lumière, c’est ce que permettra une telle commission. Autrement, tout serait resté dans l’ombre au
grand plaisir des principaux intéressés, dont MM. Chrétien et Gagliano, non ?
Quant aux répliques fracassantes des Lapierre et consorts, ils
m’apparaissent être à la mesure du scandale…
DU VIOLON ! LE 20 AVRIL 2005 - La PC écrit que les libéraux de Jean Charest réduisent les attentes en matière de baisses d'impôt à la
veille du dépôt du budget du ministre des Finances, Michel Audet. Le député de Hull, Roch Cholette, va même jusqu'à renier l'engagement
électoral du PLQ de réduire les impôts de 1 milliard $ par année pendant le premier mandat. Il soutient que la promesse libérale visait
la réduction du fardeau fiscal des Québécois afin qu'il atteigne la moyenne canadienne.
Le premier ministre, Jean Charest, parle
d'un budget «en droite ligne» avec le programme électoral des libéraux, qui tient compte, toutefois, de la situation financière de l'État.
Il précise précisant que le budget respecterait les priorités établies par le parti. Michel Audet affirme, quant à lui, qu'il présentera
demain un budget responsable et rigoureux.
Du violon ! Du vent ! Comme depuis le début de ce gouvernement d’incapables : une vitesse d’avant, quatre du reculons… et que dire du
neutre (c'est le cas, par exemple, lorsqu’on présente comme une bonne nouvelle qu’il n’y aura pas de baisses de budgets sur deux ans pour
les grand événements dans la région de la Capitale-Nationale).
MÉCHANT QUÊTEUX, LE 20 AVRIL 2005 - Denis Lessard (La Presse) rapporte que le gouvernement de Jean Charest pourra compter sur un peu d'oxygène
venu d'Ottawa pour boucler le budget «économique» du ministre Michel Audet qui doit être déposé demain à l'Assemblée nationale. Michel
Audet, dans l'impossibilité de sabrer 500 millions de dollars en dépenses dans les budgets des ministères afin de financer un allégement
du fardeau fiscal, a tendu la main vers son homologue fédéral, Ralph Goodale. En cette période d'élections appréhendées, les revendications
du Québec ont eu, indique-t-on, plus d'écoute que prévu à l'origine.
Dans les milieux financiers à Montréal, on comprend que tout
est en place pour une nouvelle réduction de la taxe sur le capital, une des marottes de Michel Audet quand il était porte-parole de la
Chambre de commerce du Québec. De plus, Québec ferait revivre le régime d'épargne-actions (REA), mis au rancart il y a deux ans. Dans
certains milieux d'affaires, on rêvait aussi d'un «retour direct sur l'investissement», un abattement fiscal automatique sur les sommes
investies par l'entreprise.
Oui, méchant quêteux. Quêter pour récupérer notre propre argent n’est-il pas le lot du Québec dans ce système fiscal déséquilibré
à dessein, à la « canadjian » quoi ? Et comme d’habitude, le fédéral, à la veille d’élections ou d’un référendum, redevient
soudainement « parlable » le temps de quelques semaines. Serons-nous dupes encore longtemps de ces procédés grossiers ?
REGRETTABLE ? LE 20 AVRIL 2005 - Bernard Descôteaux (Le Devoir) estime qu’avec le choix du nouveau pape, Benoît XVI, les pères de l'Église
ont fait un choix identifié au courant conservateur, qui en est un de réaction aux bouleversements du monde moderne. Ce choix verrouille
les espoirs de changements que l'on attendait en Occident. L'Église d'Occident se retrouvera plus que jamais en porte-à-faux avec son
peuple si elle ne s'ouvre pas à des changements qui reconnaissent les réalités du monde contemporain. Dans d'autres parties du monde,
l'Église catholique fait face au fondamentalisme musulman ou encore au fondamentalisme évangélique. Faut-il leur opposer un autre
fondamentalisme ? Le choix semble avoir été fait dans ce conclave, ce qui est très regrettable.
Je partage entièrement cette opinion.
UN AIR D'ÉLECTIONS, LE 20 AVRIL 2005 - Alec Castonguay (Le Devoir) écrit que surchauffés par les nouvelles révélations concernant le premier ministre Paul Martin et la firme Earnscliffe,
les partis d'opposition à la Chambre des communes ont lancé une offensive tous azimuts hier pour déstabiliser le gouvernement. Signe qu’un
fort vent électoral souffle à Ottawa, le chef conservateur, Stephen Harper, a présenté hier un premier candidat-vedette en vue du scrutin:
Lawrence Cannon, conseiller municipal à Gatineau et ancien ministre de Robert Bourassa.
Oui, ça sent les élections. Par ailleurs, quels changements se préparent avec de tels candidats chez les conservateurs ? Le seul vrai
changement : sortir de ce régime de fou au p.c. !!! ...sans jeu de mots.
ÇA SENT LA MISÈRE, LE 20 AVRIL 2005 - Pendant ce temps, Brian Myles (Le Devoir)
observe que Claude Boulay est encore plus riche qu'on le croyait. Cet autre bénéficiaire du programme des commandites est à la tête d'un
petit empire : l'avoir net de ses deux principales entreprises, une société de portefeuille et Groupe Everest, se chiffre en effet à 43
millions. Everest a changé de nom pour Gestion Opération Tibet en 2003, alors que le scandale des commandites battait son plein. L'homme
d'affaires a trouvé refuge au 37e étage de la Place Ville-Marie, le toit de Montréal, et le nom de sa compagnie évoque maintenant le toit
du monde.
Misère à poil, comme dirait ma mère !
DOMMAGE, LE 20 AVRIL 2005 - Robert Dutrisac (Le Devoir) rapporte que le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, ne fera
jamais le saut en politique fédérale même si des rumeurs le désignent comme le prochain lieutenant québécois du chef du Parti
conservateur, Stephen Harper. M. Dumont ne cache pas qu'il vote conservateur aux élections fédérales.
Qui se ressemble s’assemble, non ? Quel bon débarras ce serait…
BOIRE JUSQU'À LA LIE, LE 19 AVRIL 2005 - Brian Myles (Le Devoir) observe qu’un nouveau millionnaire du programme des commandites
se révèle tout aussi généreux que ses homologues à l'égard du Parti libéral du Canada (PLC). Claude Boulay, président du Groupe Everest, a
décroché des contrats de commandite d'une valeur de 67,6 millions de dollars de 1995 à 2003. L'agence a acheminé des commandites fédérales
de 28,3 millions, perçu des commissions de 4,2 millions, et facturé des honoraires et coûts de production de 7,7 millions.
Selon
l’article, M. Boulay, Everest et ses employés furent de généraux donateurs du PLC, en versant 194 832 $ à la formation politique entre
1996 et 2003. Les Boulay entretiennent une relation familiale avec le premier ministre Paul Martin, avec qui ils sont à tu et à toi.
Pour sa part, Alec Castonguay (Le Devoir) écrit que les allégations de favoritisme et d'interférence politique dans l'attribution de
contrats gouvernementaux touchent maintenant directement Paul Martin. Selon le témoignage dévastateur d'un ancien chef de cabinet, Warren
Kinsella, appuyé par de nombreux documents dévoilés hier devant le comité parlementaire des comptes publics, le ministère des Finances et
Paul Martin lui-même auraient agi dans le but de favoriser l'attribution de contrats de recherche à la firme Earnscliffe, une compagnie
très près de l'actuel premier ministre.
Il s'agit de faits qui, s’ils s’avèrent, sont encore plus dévastateurs pour les libéraux fédéraux. Je suis pour ma part révolté par tout
ce qu’on peut entendre et lire sur ce qui s’est passé du temps de gouvernement Chrétien… et de plus en plus lassé du sujet, à la fin. Et
c’est un piège. À force d’en rajouter, on risque de s’écœurer et de se détourner vers d’autres sujets, par dégoût. Mais attention, il
faut lire ce roman, cette saga, jusqu’à la fin pour en tirer tous les enseignements utiles…
MANDAT D’INITIATIVE, LE 18 AVRIL 2005 - Bernard Descôteaux (Le Devoir) estime que sans attendre les conclusions de l'enquête du juge John
Gomery, il faut que les politiciens entreprennent une réflexion sur le financement des partis politiques. C'est par là qu'il faut
commencer pour redonner à la politique ses lettres de noblesse. Au Québec, le problème est moins grave, il faut le reconnaître. Ce n'est
toutefois pas une raison pour ne pas réagir.
Le financement populaire devient de plus en plus difficile mais permettre à nouveau
aux entreprises de faire des dons ne ferait probablement qu'accentuer le désengagement des citoyens envers le financement des partis et le
militantisme politique. Augmenter la proportion du financement venant de l'État aurait probablement le même effet.
Ce serait
rassurant si le gouvernement Charest, avec l'appui des partis d'opposition, confiait à un groupe de travail le mandat de revoir la loi
sur le financement des partis dans un esprit de renforcement de la participation citoyenne à la vie politique.
Je crois qu’il revient plutôt aux parlementaires comme tels à se saisir de cette question, à prendre l’initiative, ce que la commission
des Institutions de l’Assemblée nationale du Québec pourrait amorcer par une procédure qu’elle peut d’elle-même mettre en œuvre. Ça
s’appelle un mandat d’initiative. Un tel mandat exige l’accord de l’ensemble des partis pour procéder. Elle implique conséquemment
davantage d’objectivité, moins de partisanerie, dans la conduite des travaux tout autant que dans les conclusions et recommandations que
en résultent normalement.
C’est la voie que cette même commission, que je présidais alors, avait empruntée avec succès, sur la
question complexe du projet d’étendre l’ALÉNA à l’ensemble des deux continents américains.
POLLUEUR-PAYEUR DES ONDES, LE 18 AVRIL 2005 – Dans Le Devoir, Pierre Boucher (Québec) écrit, suite au jugement récent dans la poursuite de Sophie
Chiasson contre Jean-François Fillion et CHOI-FM, qu’il était temps que l'on instaure le principe du pollueur-payeur pour la
radio-poubelle. (…) Genex avait offert une ridicule et offensante somme de 30 000 $ à Mme Chiasson. C'était l'équivalent d'une taxe
d'amusement ou d'un permis de diffamer, si une telle chose existait, Dieu nous en garde !
Ils ne comprennent que le langage de
l'argent, eh bien, l'argent a parlé éloquemment avec cette sentence qui se devait d'être dissuasive. Avec ce jugement, les prochains à
venir, la démission de Fillion et la conclusion de la saga devant le CRTC, espérons que se tourne une page peu glorieuse de l'histoire
de notre région. Pour paraphraser René Lévesque : j'aurais jamais pensé un jour avoir aussi honte d'être Québécois qu'avec cette radio.
À suivre, en effet !
RIONS UN PEU ! LE 17 AVRIL 2005 - Dans un courriel reçu d'un correspondant, cette histoire bien d’actualité, pour rire un peu :
Dans une classe de 5ème année, le professeur demande aux élèves de s'avancer à tour de rôle pour expliquer le travail de
leur père. Il y a toutes sortes de réponses comme pompier, policier, vendeur, etc. David, étrangement silencieux dans
le fond de la classe, semble éviter le regard du professeur. Celui-ci, l'ayant remarqué, l'invite à s'exprimer sur le
métier de son père. Hésitant, David se lève, soupire et explique que son père est danseur dans un cabaret gai. Il arrive même qu'il
s'isole avec un monsieur dans un espèce de confessionnal et il se laisse faire toutes sortes de choses pour de l'argent.
Le professeur, complètement assommé par ces révélations, envoie sur-le-champ les autres élèves en récréation puis demande au petit David
si c'est bien vrai pour son père. « Ben sûr que non. Il travaille pour le parti Libéral du Canada mais j'étais pas pour avouer ça devant
tout l'monde!!! », de répondre David.
Bonne journée.
QUESTION D’IMAGE, LE 17 AVRIL 2005 - Jocelyne Richer (Presse Canadienne) écrit que pour Louise Harel, porte-parole en santé au sein de
l’Opposition officielle, même s'il fait bonne figure dans les sondages, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, doit toujours faire
ses preuves à la santé. La députée juge que les médias sont trop indulgents envers celui-ci. Elle rappelle notamment que le nombre de
patients en attente d'une chirurgie, et qui ont dépassé le délai d'attente jugé normal, était passé en deux ans de 35 000 à 43 429.
Non seulement le gouvernement n'a pas rempli ses promesses du printemps 2003, mais il savait très bien que ses engagements étaient irréalistes.
« [M. Couillard] a quand même cautionné, avec la crédibilité qu'il avait, venant du milieu médical, des promesses libérales dont il veut
maintenant se dégager parce qu'il les juge irréalistes», a fait valoir Mme Harel.
Il serait temps qu’on examine d’un œil plus critique la performance de ce ministre depuis deux ans. Il a brassé beaucoup de structures,
certes, mais sommes-nous plus avancés aujourd’hui pour autant ? Pas sûr !!!
LES P'TITS DONS ! LE 17 AVRIL 2005 - Pierre Couture (Le Soleil) écrit que les « petits » dons versés dans les caisses des partis politiques
sont en chute libre au Québec. Les généreuses offrandes ont pris le relais, particulièrement au Parti libéral du Québec (PLQ) qui semble
tirer profit de cette façon de faire, des virtuoses du financement au Canada, selon le professeur en sciences politiques de l'Université
Laval Guy Laforest. Il souligne que les « méthodes libérales » pour amasser de l'argent font de cette formation politique la plus riche au
pays. « Ils sont partout et ça paraît lorsqu'ils partent en élections », signale-t-il.
Moi je peux vous dire que les « p'tits dons », ils existent toujours pourtant. Hier, samedi, c'était encore une journée de financement
pour le Parti québécois dans Portneuf. Un autre blitz dans la région de Saint-Ubalde, cette fois. Ça s'est plutôt bien passé, les gens acceptent, sauf exception, de renouveler leur adhésion au Parti québécois, quelques nouvelles
personnes adhèrent pour la première fois et quant aux dons, ils varient autour de 10 dollars environ.
On est bien loin des montants qu'on
entend à la commission Gomery ou qu'on enregistre au Parti libéral du Québec. Mais c'est mieux ainsi, plus démocratique, même si c'est plus
long à conduire comme campagne que les 500 $ du coup (i.e. par tête) que les libéraux « provinciaux » vont chercher auprès, par exemple, des
producteurs agricoles, pour avoir la possibilité de rencontrer la ministre (comme l'un de ceux-ci me racontait ce matin à Saint-Ubalde...)
Dans cette photo, les quelques participants à l'activité d'hier : la présidente du PQ de Portneuf, Rolande Bourgault, et deux
membres de l'exécutif, MM. Jacques et Pierre Naud, en plus de votre humble serviteur.
COMPRENDRONT-ILS UN JOUR ? LE 16 AVRIL 2005 - Stéphanie Martin (Le Soleil) rapporte que Genex, André Arthur (CKNU-FM) et Jean-François
Fillion (CHOI-FM) devront de nouveau dénouer les cordons de leur bourse pour des propos offensants tenus sur les ondes. Ceci, pendant qu'à
Chicoutimi, l'animateur Louis Champagne (CKRS-Radio) est retiré des ondes jusqu'à nouvel ordre en raison « d'un problème d'interprétation
de la politique de contenu (des émissions) », i.e. en raison de certains propos qu'il aurait tenus et répétés en ondes, et des risques de
poursuite qui en auraient découlés.
À Québec, c'est Geneviève Quinty, une travailleuse au Projet intervention prostitution Québec
(PIPQ), qui a conclu une entente à l'amiable, a confirmé la principale intéressée. Elle réclamait 100 000 $ en dommages pour diffamation.
Les termes de l'entente n'ont cependant pas été rendus publics. La poursuite portait sur des propos tenus en janvier 2004. Les animateurs,
alléguait Mme Quinty, ont tenu des propos diffamatoires, notamment sur son physique, sa compétence professionnelle et son orientation
sexuelle.
Tel que prévu dans l'entente, un message d'excuse a été diffusé à CHOI hier. « Genex Communication, les directions de
CHOI-FM et de CKNU-FM, ainsi que MM. André Arthur et Jean-François Fillion tiennent à s'excuser publiquement d'avoir tenu lesdits propos
à l'endroit de Mme Geneviève Quinty et ils regrettent que de tels propos aient été prononcés sur les ondes radiophoniques », disait
l'annonce.
La hautes directions de ces réseaux comprendront-t-elles, un jour, qu'elles n'ont rien à gagner avec les propos débilitants qui
farcissent certaines de leurs émissions radiophoniques (dont les contenus pourraient être intéressants par ailleurs, si l'on éliminait
les écarts de langage qu'on peut y entendre). Le tout, avant qu'il ne soit trop tard, parce qu'elles auront éventuellement démontré leur
incapacité à gérer leurs licenses en conformité avec les conditions qui les accompagnent...
LE RESPONSABLE ? LE 16 AVRIL 2005 - La PC faisait rapportait cette semaine que les Canadiens montrent l'ancien premier ministre Jean
Chrétien du doigt dans le scandale des commandites, selon un sondage réalisé pour Radio-Canada : 52 % de la population le désigne comme
le grand responsable.
LE responsable ? Et que dire de Pierre Elliot Trudeau ? À mon avis, Jean Chrétien n'aura été dans l'histoire que l'homme de main,
l'exécuteur des basses œuvres de son prédécesseur comme le démontre le texte suivant qu’un correspondant m’a fait parvenir ce matin
« Un
des moyens de contrebalancer l’attrait du séparatisme, c’est d’employer un temps, une énergie et des sommes énormes au service du
nationalisme fédéral. Il s’agit de créer de la réalité nationale une image si attrayante qu’elle rende celle du groupe séparatiste peu
intéressante par comparaison. Il faut affecter une part des ressources à des choses comme le drapeau national, l’hymne national,
l’éducation, les conseils des arts, les sociétés de diffusion radiophonique et de télévision, les offices du film. (…) Bref, on doit
faire sentir à tous les citoyens que c’est seulement dans le cadre de l’État fédéral que leur langue, leur culture, leurs institutions,
leurs traditions les plus sacrées et leur niveau de vie peuvent échapper aux assauts de l’extérieur et aux conflits intérieurs ».
Pierre Elliot Trudeau, Le fédéralisme et la société canadienne-française, Montréal, Les Éditions HMH, 1967.
LES COURAGEUX, LE 16 AVRIL 2005 - Pierre Martineau, de Québec, écrit dans Le Devoir : Plus je regarde ces honnêtes personnages
débiter leur baratin devant le juge Gomery, plus j'ai l'impression qu'on me prend pour un imbécile heureux. Je dois me satisfaire de
leurs ténébreux et brumeux témoignages pour expliquer comment un quart de milliard de dollars s'est volatilisé dans le but de m'informer
que le Canada existe. Et cette somme n'est que la pointe de l'iceberg, comme l'a déclaré la vérificatrice générale, Sheila Fraser.
Toutefois, ce qui me révolte le plus, c'est d'entendre Paul Martin et Lucienne Robillard affirmer sans s'esclaffer, sur un ton presque
convaincant et avec la plus indicible désinvolture, qu'ils n'étaient au courant de rien. Pendant dix ans, le premier était le grand
argentier des finances du Canada et vice-président du Conseil du trésor, dont la responsabilité première était la gestion rigoureuse des
deniers publics. La seconde était présidente du Conseil du trésor et signait les chèques à tour de bras pour plusieurs centaines de
milliers de dollars, sans jamais se poser la moindre question. À supposer qu'ils disent vrai, on pourrait aisément soutenir que s'ils ne
savaient pas ce qui se passait ou ce qu'ils faisaient, alors ils sont deux parfaits incompétents irresponsables à qui il est dangereux de
confier la direction du pays.
Pour réflexion… notamment sur la notion de responsabilité ministérielle et son application dans la réalité. Sous ce seul principe, Paul
Martin devrait démissionner illico ! Quant à son courageux prédécesseur, il se sera finalement sauvé avant la tempête.
BONNE NOUVELLE ??? LE 15 AVRIL 2005 - Selon Claudette Samson (Le Soleil), bien des ministres québécois ont dû être jaloux de leur collègue
Michel Després, hier. Une fois n'est pas coutume, celui-ci n'avait que de bonnes nouvelles à annoncer aux responsables des grands
événements et festivals de la région de Québec. M. Després a non seulement annoncé que ceux-ci recevront sensiblement le même soutien
financier que l'an dernir, mais que ce budget sera aussi reconduit l'année prochaine. Et qui plus est, cette annonce arrive tôt comme
jamais avant la tenue des événements, ce qui constitue un autre point en faveur du gouvernement !
« On est très satisfait »,
reconnaît le directeur général des Fêtes de la Nouvelle-France, Stéphane Desmeules, dont l'organisation recevra 200 000 $. L'entente
biennale « va vraiment nous aider à mettre nos efforts sur notre produit (plutôt que sur la demande de subventions) », dit-il.
C’est quand même incroyable, nous voici rendus au point où, quand on réussit tout juste à éviter une baisse de budget, ç’est reçu ou présenté comme
une grande nouvelle. Quel changement en effet !
CHAREST BLOQUÉ, LE 15 AVRIL 2005 - Alain Bouchard (Le Soleil) rapporte qu’environ 350 de ses militants ont bloqué le boulevard Charest
durant deux heures pour bloquer Jean Charest durant deux ans, c'est-à-dire ce qui lui reste à écouler de son mandat électoral. Le
Regroupement d'éducation populaire en action communautaire de Québec-Chaudières-Appalaches avait organisé cette manifestation très festive
pour dénoncer la très grande compétence du premier ministre en matière d'appauvrissement social. « Ce n'est pas le côté incompétent de
Charest qui nous inquiète, a dit le porte-parole Sébastien Harvey. C'est son côté compétent en matière de coupures. »
Les
manifestants chantaient, dansaient, jonglaient, crachaient le feu, marchaient sur des échasses, déclamaient, animaient des stands
thématiques, mangeaient des muffins et buvaient du café. Sûrement l'une des manifestations publiques de mécontentement les plus joyeuses
à avoir jamais eu lieu à Québec.
… une manifestation joyeuse et festive. Ils ont bien raison, au point où nous en sommes, vaut mieux essayer d’en rire un peu, avant de
passer aux choses sérieuses : nous libérer des libéraux et de leurs émules, conservateurs ou adéquistes !
LES ESCARGOTS, LE 15 AVRIL 2005 - Simon Boivin (Le Soleil) écrit que le président de la Société du 400e anniversaire de Québec, Raymond
Garneau, ne craint pas qu'une élection fédérale retarde le financement des célébrations ou qu'un gouvernement conservateur y accorde
moins d'importance. L'opposition officielle à Ottawa peut bien laisser planer la possibilité de déclencher une campagne à la mi-mai,
M. Garneau est confiant d'obtenir l'argent pour les fêtes d'ici la fin du mois. « Ce n'est pas dans mes mains, alors je ne peux rien
garantir, indique-t-il. Mais je n'ai pas de raison de croire qu'il en sera autrement. J'ai contacté les différents intervenants cette
semaine et je continue à espérer savoir à quoi m'en tenir en avril. »
De toute manière, est-ce que ça peut être plus lent que ça l’est déjà actuellement ?
LES DÉRIVES, LE 14 AVRIL 2005 - Kathleen Lévesque (Le Devoir) se demande si René Lévesque a été trop optimiste en créant un
système de financement populaire des partis politiques alors qu’aujourd’hui, le nombre de donateurs serait en chute libre, les sommes
versées aux caisses des partis, de plus en plus importantes, et les contributions d'entreprises, déguisées en dons individuels. Les hauts
salariés seraient les plus généreux envers les partis politiques, des hommes dans une proportion de 68 %.
Devant les difficultés
financières qu'entraîne le déclin du financement populaire, les partis politiques auraient eu tendance à se tourner vers les entreprises
mais aussi vers l'État par l'ouverture progressive du robinet étatique.
Je pense qu’il y a là un véritable problème en effet. Ça fait plus de 10 ans que je sillonne la région de Portneuf à l’occasion des
campagnes annuelles de financement du PQ. C’est pas facile : des kilomètres à faire pour recueillir 5 ou 10 $ au bout d’un rang, c’est
courant. Je préfère ne pas faire le calcul mais je suis certain qu’il m'en coûte souvent plus cher en déplacement pour recueillir les dons
que ce que je recueille.
S’ajoute à cela le fait que le citoyen « ordinaire », comme on dit, contribue moins ou pas du tout sitôt
que quelque chose, le plus souvent un rien, lui déplaît : apparente chicane dans son parti, déclaration qui n’a pas fait son affaire et qui
peut dater parfois d'il y a dix ou vingt ans, … il préfère alors s’abstenir de verser même le plus modeste des pécules, laissant alors le champ libre pour des dérives
éventuellement importantes sur le plan démocratique.
Après ça, on se surprendra que sur le terrain, un parti se tourne plus vers celles et
ceux qui son prêts à donner davantage, mais avec les inconvénients que ça représente potentiellement… Si chacun, chacune, faisait sa modeste part, la démocratie serait gagnante même lorsqu’on n’est
pas entièrement d’accord avec TOUT ce qu’un parti, ou l’un ou l’autre de ses représentants ou porte-parole, fait ou déclare.
Imaginez ! Certains souverainistes nous parlent encore de la réduction salariale de 1982 pour expliquer leur décision de ne plus
contribuer désormais au PQ, seul parti souverainiste. J’appelle cela avoir le « piton collé », ou se tirer dans le pied, et pas à peu près, comme on dit.
La stratégie de René Lévesque, en ce qui regarde le financement des partis politiques, reposait sur une hypothèse raisonnable à mon avis,
celle à l’effet que les Québécois et les Québécoises tiennent à la démocratie et ont le cœur de l’exprimer, notamment par leur militantisme ou
leurs contributions, mêmes modestes, au financement de leurs activités. Si la majorité décroche de cette hypothèse, qu’on ne se surprenne
pas de la dérive ainsi constatée…
CHAREST RECULE ! LE 14 AVRIL 2005 - Denis Lessard (La Presse) écrit qu’inquiété par les sondages et le spectre des nouvelles
manifestations en série, le gouvernement Charest a décidé de faire une volte-face. Son plan agressif de compressions de dépenses a
été relégué aux oubliettes pour permettre au ministre Michel Audet de déposer, très bientôt, un budget sans douleur.
« Personne ne veut de baisses d'impôts, même les patrons, même les milieux financiers, même Alain Dubuc... personne n'en veut »,
confie-t-on, en marge de la préparation du budget. Perpétuel partisan de la réduction du fardeau fiscal, le chroniqueur de La Presse
a mis récemment en garde Québec contre des baisses d'impôts, réalisées au prix de coupes douloureuses dans les services publics.
C'est comme s'il n'avait qu'une vitesse, Jean Charest, le reculons. En fait avec ce premier ministre, c’est aussi l’ensemble du Québec qui recule depuis 2 ans.
DROIT DEVANT ! LE 14 AVRIL 2005 - Marie Allard (La Presse) : L'enseignement de l'anglais dès la première année du primaire, prévu pour
septembre 2006, est «prématuré» selon le Conseil supérieur de l'éducation (CSE). Dans un avis publié hier, l'organisme souligne l'absence
de «justifications pédagogiques» de cette mesure. Le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, compte néanmoins aller de l'avant.
Avance ! Recule ! Avance ! Recule ! ... c'est à en devenir dingue. Le gouvernement ne semble pas prêt à reculer cette fois-ci. Ça
se comprend, il n'a pas à craindre la réaction des élèves de première année. Ils sont encore trop jeunes pour descendre dans la rue...
DEUX ANS PLUS TARD, LE 14 AVRIL 2005 - Bernard Descôteaux (Le Devoir) remarque qu’alors que les libéraux de Jean Charest célèbrent
aujourd'hui le deuxième anniversaire de leur arrivée au pouvoir, l'esprit est loin d'être à la fête. Leur impopularité est telle que
même la capacité du premier ministre de mener à terme son mandat fait l'objet de questions. Ce que les Québécois disent au Parti libéral
à travers les sondages depuis un an est somme toute assez simple : de mois en mois, ils regrettent de plus en plus de lui avoir fait
confiance.
Qu'est-il arrivé pour que l'opinion publique change ainsi ? On a trouvé les changements proposés trop à droite et les
remises en question des «acquis sociaux» trop directes. Rapidement, une rupture s'est produite entre le gouvernement et ces électeurs.
Deuxième facteur : c'est avec une certaine consternation qu'on a découvert que loin d'être «prêt», ce gouvernement n'était
qu'improvisation. La promesse de réduire les impôts de dix milliards en quatre ans est vite apparue irréaliste. Ont plutôt été au
rendez-vous des compressions de budgets et des augmentations de tarifs de toute sorte.
Moi, je commence à être fatigué d’en entendre parler. Pas vous ? Mais attention ! C’est le danger qui nous guette actuellement, i.e. s’habituer à
la médiocrité…
À NOS AMIS DU ROC, LE 13 AVRIL 2005 - Dans Le Devoir, Mario Laprise, de Québec écrit dans une lettre à l'intention du ROC (Rest of Canada) :
« Ce ne sont pas les Québécois qui ont élu Jean Chrétien. Nous, depuis trois élections, nous votons Bloc! Jean Chrétien, c'était votre
sauveur, celui qui reprenait le drapeau de Trudeau, qui avait mis son siège en jeu en promettant d'apporter des changements signifiants à
la fédération canadienne! Trudeau n'a rien apporté, sinon la Charte et le rapatriement de la Constitution. Il n'a rien fait d'autre: le
pouvoir de dépenser d'Ottawa a continué d'augmenter, et comment! Chrétien devait poursuivre ce travail, reconquérir