« De province à pays ! »

( ... ou la longue marche démocratique d'une nation vers sa liberté)




Source : Le Soleil, 24 septembre 2006 C’EST QUOI SON PROBLÈME ? LE 23 SEPTEMBRE 2006 - La Presse Canadienne rapporte que les propos de la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, ont soulevé l'ire des chefs souverainistes, samedi. Dans une entrevue accordée à la Presse Canadienne, pour marquer le premier anniversaire de son entrée en fonctions, le 27 septembre 2005, Mme Jean a déploré, entre autres, que les Québécois aient tourné le dos au Canada anglais au profit du reste du monde.

Il faut toujours se méfier de ce qu'on rapporte dans les journaux mais si c'est vraiment ce que Michaëlle Jean a dit, elle a vraiment un problème, celle-là ! Si le rôle de potiche ne lui plaît pas et qu'elle veut vraiment faire de la politique, qu’elle démissionne et se présente aux prochaines élections, c’est tout ! Elle pourra toujours remplacer André Arthur... mais que de bouffonneries ! Pour la remplacer à titre de gouverneure générale, pourquoi pas Jan Wong, du Globe and Mail, tant qu'à y être...

On devrait plutôt féliciter ce Québec tourné vers le monde depuis maintenant des décennies, c’est symptomatique du fait que nous constituons véritablement une nation différente du reste du Canada… et capable de se gouverner elle-même. Voilà !


Caricature de Garnotte, Le Devoir, 22 septembre 2006 SORTONS-EN ! LE 22 SEPTEMBRE 2006 - Si on en croit un éditorial d’hier du Globe and Mail, écrit Jean-Robert Sansfaçon (Le Devoir), l'affaire Wong serait une petite commotion suscitée par une question provocante. Commotion, certes, mais petite, certainement pas, considérant que cet article du Globe and Mail associe les tueries de Polytechnique, de Concordia et de Dawson à une supposée marginalisation des non-francophones «dans une société qui valorise les "pure-laine"».

Il est rare que deux premiers ministres prennent la peine de réagir par écrit aux propos d'un journaliste, souligne l’éditorialiste du Devoir, qui estime que les deux premiers ministres ont raison sur le fond : les propos de Mme Wong sombrent dans le délire et tiennent du préjugé racial primaire En se portant à la défense de sa journaliste dans son édition d'hier, le Globe contribue à la guerre larvée menée par la presse torontoise contre les revendications du Québec depuis l'échec du dernier référendum.

Samedi dernier, le jour même où paraissaient les propos de Mme Wong, l'éditorial du Globe blâmait le premier ministre Jean Charest de réclamer le maintien du registre des armes à feu. Il n'y a aucun lien entre le registre et le crime, écrivait-on. La loi 101 et le crime, oui, mais l'enregistrement des armes, non ?

Nos collègues du Globe ne s'excuseront pas, c'est leur choix. Mais ils devraient avoir la décence de reconnaître que leur maladresse intellectuelle cache un brin de cette condescendance paternaliste que cultivent malgré eux toutes les sociétés majoritaires à l'endroit des minorités, ce que sont toujours les Québécois au sein du Canada. Cela ne fera pas oublier leur mépris, mais ce sera toujours ça de pris...

Cette ensemble canadien, que nous avons a largement contribué à construire, faut-il le rappeler, semble devenir de plus en plus intolérant envers le Québec et accepte de moins en moins qu'il soit différent, et à tous égards, plus ouvert aux courants que le ROC. On aura beau dénoncer ces propos infâmes, ce « Quebec bashing » récurrent, rien ne se règlera sans que nous sortions de ce régime pour devenir enfin souverain, indépendant ! Point !

Savoir respecter son rôle ??? SAVOIR RESPECTER SON RÔLE, LE 21 SEPTEMBRE 2006 - Bernard Descôteaux (Le Devoir) rappelle en éditorial que le caractère apolitique de la fonction de gouverneure générale est tellement évident qu'on ne peut être qu'étonné de voir l'actuelle détentrice, Michaëlle Jean, se porter à la défense de l'engagement des Forces armées canadiennes en Afghanistan, et ce, même si elle sait fort bien que la population canadienne, est profondément divisée à ce sujet. Son propos est déplacé, surtout lorsqu'elle soutient que le Canada n'a pas le droit de manquer à sa promesse de porter assistance à la population afghane. Par cette intervention, elle s'immisce dans le débat politique et manque à son devoir de réserve.

Madame Jean devrait mieux comprendre et, effectivement, savoir respecter son rôle… Si elle n’est pas à l’aise dans celui de figurante, qu’elle change de job ! Si elle veut faire de la politique, qu'elle descende dans l'arène, avec tous les avantages et les inconvénients inhérents... incluant celui de voir son image en pâlir.

JOYEUX ANNIVERSAIRES, LE 19 SEPTEMBRE 2006 - Michel David (Le Devoir) souligne qu’à en juger par l'accueil réservé aux propos de Michael Ignatieff, la réouverture du dossier constitutionnel est bien la dernière chose dont le Canada anglais veut entendre parler. Toute la classe politique canadienne sera pourtant forcée de ressasser de douloureux souvenirs au cours des prochains mois, qui seront marqués par une série d'anniversaires.

Au début de novembre, il y aura vingt-cinq ans que René Lévesque s'est fait piéger par Trudeau avant d'être lâché par les premiers ministres des neuf autres provinces, au cours de la nuit du 5 novembre 1981. Cette «trahison», qui a ouvert toute grande la porte au rapatriement de la Constitution sans le consentement du Québec, est devenu le parfait exemple de la fragilité des fronts communs des provinces, qui finissent invariablement par s'écrouler quand les choses se corsent, comme l'a encore démontré la dernière réunion du Conseil de la fédération sur la péréquation.

Le 17 avril 2007, on célébrera le vingt-cinquième anniversaire de la proclamation royale qui a permis le rapatriement de la Constitution, enrichie d'une charte des droits qui a réduit les pouvoirs du Québec. Même Claude Ryan, alors chef de l'opposition libérale, avait boudé la cérémonie.

Enfin, le 3 juin prochain, il y aura vingt ans que les premiers ministres enfermés dans l'édifice Langevin, à Ottawa, annonçaient au petit matin la conclusion de l'Accord du lac Meech. Son échec, trois ans plus tard, a été presque fatal au Canada.

Enfin, le référendum sur l'entente de Charlottetown a permis de mesurer les limites de l'influence de la classe politique en cette matière. Tous les gouvernements, fédéral et provinciaux, sans parler des milieux d'affaires, ont massivement appuyé cette ultime tentative de réconciliation. La gifle qu'ils ont reçue le 26 octobre 1992 a été retentissante. Tiens, encore un anniversaire à célébrer l'an prochain !

Il s’agit de salutaires rappels pour celles et ceux qui pourraient encore croire en l’impossible et l’inutile… incluant Jean Charest et son pathétique ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier. Ajoutons à cela un autre désolant épisode de « Quebec bashing » dans le Globe and Mail, sous la signature de la journaliste Jan Wong (voir ce qu’en rapporte Le Devoir, ce matin : http://www.ledevoir.com/2006/09/19/118391.html), et le compte y est.

Une seule issue possible : sortir au plus sacrant de ce régime débilitant pour le Québec !


PLUS DIVISÉS QUE JAMAIS, LE 28 JUILLET 2006 - Tommy Chouinard (La Presse) rapporte que campées sur leurs positions, voire profondément divisées, les provinces ne sont parvenues à aucun consensus sur une façon, même une seule, de régler le déséquilibre fiscal. En l'absence d'une proposition commune des provinces, le premier ministre Stephen Harper a maintenant les coudées franches pour imposer sa propre solution.

Incapables d'en arriver à un compromis, les provinces adoptent le chacun-pour-soi, comme l'a dit M. Williams. Elles plaideront leur cause tour à tour auprès d'Ottawa au cours des prochains mois, dans l'espoir d'arracher quelques milliards de dollars. Les premiers ministres provinciaux ne sont pas arrivés non plus à s'entendre pour demander d'une seule voix à Ottawa une hausse des transferts pour l'éducation postsecondaire, pas plus que son ordre de grandeur. Ils avaient pourtant réussi à le faire l'an dernier.

Plus bas que cela... tu n'existes plus. Enfin, ils n'ont pas réussi à faire consensus pour exiger une bonification de la péréquation ou encore un transfert de points d'impôt. En début d'après-midi, le premier ministre Jean Charest ne comptait déjà plus sur un consensus concernant la nécessité de réformer la péréquation. Il a cherché une fois de plus à réduire les attentes, déjà bien basses.

La rencontre sera un «succès» à ses yeux si elle permet à tout le moins de réaffirmer «l'importance de la péréquation au Canada».

Peut-être comprendrons-nous un jour le cul-de-sac dans lequel se retrouve inévitablement le Québec dans ce système pseudo-fédéraliste… Et encore une fois, Jean Charest abaisse la barre, révise ses attentes vers le bas. En fait, la séculaire division des provinces permet inévitablement au gouvernement central de renforcer son pouvoir à leur dépens. Sortons-en !!!

DEUX INTELLOS… LE 9 AVRIL 2006 - Alec Castonguay et Alexandre Shields, dans le Devoir, commentent la course au leadership du Parti libéral du Canada et deux des candidatures officielles : Stéphane Dion et Michael Ignatieff.

Stéphane Dion n'a pas négligé l'aspect symbolique, lançant sa campagne au Palais des congrès de Montréal, là où il avait brillé comme ministre lors de la Conférence de Montréal sur les changements climatiques. En tant que principal architecte de la « loi sur la clarté » référendaire, adoptée en 2000, Stéphane Dion a par ailleurs refusé d'appuyer la thèse voulant que cette loi soit impopulaire au Québec.

Quant à Michael Ignatieff, à en juger par l'imposante équipe qui se dessine derrière lui, il sera un aspirant sérieux au poste de chef libéral. Ce dernier met en avant une conception du fédéralisme qui prône un gouvernement central fort avec des provinces fortes.

Cause toujours mon lapin...

Deux intellos ? Ça va nous changer du « leadership » à la Chrétien dont on retiendra longtemps les tristes années des commandites. Quant à revenir à un intello à la tête du pays, éventuellement, rien pour nous rassurer non plus, considérant les années Trudeau, avec un premier ministre qui a démontré, notamment par le rapatriement unilatéral de la constitution, qu’« intello » et « intégrité intellectuelle » ne vont pas nécessairement ensemble.

Et le tout, en attendant que le PLC nous propose un jour comme premier ministre, comme sur un plateau d'argent, une autre ère Trudeau avec le fils de l'autre, Justin. Je les vois venir depuis longtemps, ceux-là. Et la population, subjuguée (le contraire d'affranchie, libérée, émancipée), les bulles aux commissures des lèvres, élira son nouveau messie... Espérons que d'ici là, nous serons enfin sortis de ce système débilitant pour le Québec.


Sans commentaire... TOUT PRÈS DE NOUS, LE 18 MARS 2005 - Raymond Giroux (Le Soleil) écrit que les plaines d'Abraham se sont retrouvées au cœur du dispositif de visibilité du gouvernement fédéral en 1998-1999, gracieuseté de commandites de près d'un million de dollars du ministère des Travaux publics. Une partie de cet argent est vite retournée dans les coffres du Parti libéral du Canada, a-t-on appris hier à la Commission d'enquête sur les commandites, grâce à une série de stratagèmes.

Bien oui, c’est quand ça se passe près de nous qu’on réalise que tout ceci n’est pas un rêve mais une triste réalité. Et le meilleur reste à venir…

CONCLUSION ? LE 13 MARS 2005 - François Berger (La Presse) rapporte que le controversé programme fédéral de commandite, censé promouvoir l'image du Canada au Québec et qui a dégénéré en scandale politico-financier, a apparemment raté son but puisque seulement 29 % des Québécois francophones, cible principale du programme, se disent très attachés au Canada. C'est deux fois moins que le reste de la population, selon une enquête de Statistique Canada.

Malgré les efforts promotionnels déployés par le gouvernement fédéral, les Québécois de langue française se sentent très peu Canadiens, contrairement aux anglophones ou aux allophones du Québec et des habitants des autres provinces, qui se sentent très Canadians. Par contre, les deux tiers des anglophones et des allophones du Québec disent éprouver un « très fort sentiment d'appartenance » au Canada, la plus haute cote au pays.

Dans le dernier recensement canadien, en 2001, les habitants du Québec se sont particulièrement distingués en inscrivant sur les formulaires la mention « Québécois » à la question sur l'origine ethnique.

Ça leur apprendra à nous prendre pour des imbéciles. Conclusion ? Votons en toute logique à la prochaine occasion, débarrassons le Québec du joug du ROC (Rest of Canada). Dit autrement : « Libérons-nous des fédéraux ! », sur l’air bien connu du groupe Loco Locas…

VAUT MIEUX EN RIRE, LE 12 MARS 2005 - Jean Dion, dans Le Devoir, écrit : Paul Martin a annoncé que le Canada ne participera pas au bouclier antimissiles américain mais qu'il fera «très mieux»: il construira le sien propre.

En faisant le signe de guillemets avec ses doigts, M. Martin a indiqué qu'il avait mandaté une firme de «communications» pour commander le bouclier, qui arborera ses initiales et une reproduction du drapeau canadien et sera faite du même matériau que les boules de Noël et de pages d'encyclopédie exhumées «parce que, de toute manière, personne n'a envie de nous attaquer». «C'est juste une autre façon d'économiser le précieux argent des contribuables tout en sauvant le Canada», a dit M. Martin.

De son côté, la firme de «marketing» a déclaré qu'elle facturera l'équivalent de plusieurs centaines de boucliers mais ne se souvient malheureusement déjà plus du nombre exact.

Vous avez le choix, en rire ou en pleurer... Je préfère en rire, après tout c'est la fin de semaine !

CE N’EST QU’UN DÉBUT, LE 11 MARS 2005 - Joël-Denis Bellavance(La Presse) fait état que le gouvernement Martin intente une poursuite au civil contre six agences de publicité qui ont touché de généreuses commissions dans le cadre du programme de commandites sans faire de véritable travail. L'objectif de cette démarche devant les tribunaux est de recouvrer près de 40 millions de dollars. La plupart de ces agences ont contribué à la caisse électorale du Parti libéral au moment où le programme de commandites battait son plein.

Le gouvernement Martin, qui, écrit le journaliste, a déjà payé un prix politique élevé à la suite du scandale des commandites, ayant été réduit au statut de gouvernement minoritaire au dernier scrutin, est déterminé à prendre les moyens nécessaires pour recouvrer l'argent qu'auraient touché les agences «de façon inappropriée».

Toujours dans La Presse de ce jour, le journaliste Gilles Toupin rapporte que 1500 exemplaires d'une Encyclopédie du Canada payés par les contribuables canadiens, dans le cadre d'une commandite fédérale, ont été jetés à la poubelle par une agence de communication qui ne voulait sans doute plus s'occuper de ces colis devenus trop encombrants. Selon l’article, ces encyclopédies ont terminé leur existence au terrain d'enfouissement de Saint-Michel. Si l'on ajoute au coût de ces livres les frais de transport des conteneurs et les frais d'enfouissement, cette mise à la poubelle aura coûté aux contribuables environ 197 000$, sans compter les commissions touchées par Lafleur Communication Marketing pour gérer la commandite.

On continuera de voir se développer ainsi toutes sortes de ramifications reliées à ce scandale, petites et grosses… Nous n'en sommes qu'au début, à mon avis et j’espère qu’on ira jusqu’au bout. Il serait surprenant que seules quelques agences de publicité et quelques hauts fonctionnaires aient à payer pour ce qui s’est passé dans cette affaire.

LES AMIS DE MES AMIS... LE 10 mars 2005 - Gilles Toupin (La Presse) écrit que le témoignage du fils de Jean Lafleur démontre une fois de plus les liens étroits que la famille entretenait avec les libéraux au pouvoir à Ottawa. Éric Lafleur avait été présenté par son père aux Martin Cauchon, Jean Pelletier, Marc LeFrançois, Jacques Corriveau, André Ouellet et Denis Coderre. Il assistait, à la demande de son père, aux tournois de golf de Jean Chrétien et d'Alfonso Gagliano, travaillant même à deux occasions dans le bureau du premier ministre Chrétien, lors de la campagne électorale de 1997 et lors d'un voyage d'Équipe Canada en Amérique latine en janvier 1998.

Il connaissait particulièrement bien Jean Pelletier, le chef de cabinet de M. Chrétien, avec qui il a fait affaire notamment pour une commande de cravates à offrir lors des voyages du premier ministre à l'étranger.

Édifiant, n’est-ce pas ? Les constats émanant des audiences tenues ces derniers jours ne doivent pas, incidemment, nous faire oublier ceux de ces autres audiences des derniers mois… Mais j'ai confiance, le juge Gomery s'en souviendra certainement, si on le laisse rédiger son rapport.

COUPURES DE PROMESSES, LE 9 MARS 2005 - Une caricature de Côté, dans Le Soleil, mérite d'être ici reproduite. Je n'ai fait que répondre à la question qu'il y pose... Tout autre commentaire me semble superflu.

Caricature de Côté, Le Soleil, 9 mars 2005

LES YEUX DEVANT LES TROUS, LE 9 MARS 2005 - Mylène Moisan (Le Soleil) fait état que le nouveau ministre des Finances, Michel Audet, a fait adopter hier une autre motion unanime par l'Assemblée nationale pour dénoncer le déséquilibre fiscal, moins d'une semaine après que son homologue fédéral eut nié une autre fois l'existence même de cette « théorie qui ne tient pas debout ».

Le gouvernement péquiste l'ayant fait en juin 2002, le ministre Audet a choisi hier d'unir la voix des parlementaires québécois pour réclamer du gouvernement fédéral des transferts plus importants. Par contre, pendant la période des questions, il s'est montré incapable de calculer la facture du déséquilibre fiscal qu'Ottawa devrait payer à Québec cette année.

Bref, quelques jours à la tête du ministère des Finances auront suffi pour lui (Michel Audet) mettre les yeux devant les trous. Il n'est jamais trop tard pour reconnaître l'évidence !

PETITS OIGNONS, LE 8 MARS 2005 – La PC rapporte que Jean Lafleur a puisé dans les 3,3 millions $ de fonds fédéraux versés au soutien du magazine de Via Rail, que produisait sa firme Lafleur Communication Marketing, pour agrémenter la vie de certaines relations d'affaires. Après avoir retrouvé la gestion de la commandite du Grand Prix de Montréal, en 1999, après une année de disette, M. Lafleur a acheté 74 billets, dont 54 avec nourriture et alcool, pour recevoir Charles Guité, le gestionnaire du programme des commandites.

Il lui a remis 38 billets qui ont été distribués auprès de M. Jean Pelletier, chef de cabinet de Jean Chrétien, Jean Carle qui a travaillé avec Jean Chrétien puis est passé à la Banque de développement du Canada, Marc Lefrançois de Via Rail, le président de la Société canadienne des postes André Ouellet, Jacques Corriveau un designer et grand ami de Jean Chrétien.

Oui, quelle famille !

PRÊTER SERMENT, LE 8 MARS 2005 - Bertrand Drapeau, de Boucherville, dans Le Devoir, écrit qu’après avoir regardé à plusieurs reprises les audiences de la commission Gomery tant à Ottawa que la semaine dernière à Montréal, il se demande comment traite-t-on le serment aujourd'hui ? Est-ce une pure formalité ? Est-ce une farce ?

« Il n'est pas rassurant de voir que nous sommes dirigés par des gens qui ont la mémoire si courte ou qui ne se souviennent pas de ce qu'ils font. On peut donner ou recevoir des commandes de plusieurs millions, et on fait l'innocent ! Je ne confierais pas mes économies à de telles personnes et dire qu'elles gèrent tout ce qu'elles me soutirent en taxes et impôts, et cela, sans savoir ce qu'elles font de mes économies. Sommes-nous dirigés par une bande d'amnésiques ? Ce n'est pas rassurant.

Même si la commission Gomery coûte des millions, il estime qu'elle vaut ce prix pour en finir avec l'incompétence, le copinage, la politicaillerie.

On ne pourrait mieux… l’écrire !

UN ACCIDENT ? LE 8 MARS 2005 - Nathaëlle Morissette (La Presse) écrit que dans un discours prononcé presque entièrement en anglais, à la fin du congrès de son parti hier, le lieutenant politique de Paul Martin au Québec a qualifié de «pur accident» le raz-de-marée bloquiste qui a déferlé sur le Québec lors des dernières élections, le ministre Jean Lapierre est convaincu que le Parti libéral va reconquérir les électeurs de la Belle Province, au prochain scrutin, grâce au refus du premier ministre de participer au projet de bouclier antimissile.

De la « Belle Province», oui… On voit bien quelle conception ce gars-là se fait du Québec. Mais pire, le SCANDALE des commandites, le CENTRALISME d’Ottawa, l’ÉTRANGLEMENT du Québec par le déséquilibre fiscal, les cotisations scandaleusement excédentaires dans le programme d’assurance-emploi, le milliard de dollars rendu on ne sait où aux Ressources humaines Canada, c’est notamment contre cela que les électeurs et électrices ont voté aux dernières élections. Parler d’un « pur accident », dans ces circonstances, c’est afficher un mépris dégoûtant à leur égard.

LE DEVOIR DE M. GOMERY, LE 7 MARS 2005 - Bernard Descôteaux commente le fait que Jean Chrétien présentera une requête en récusation contre le juge John Gomery qu'il veut voir quitter l'enquête sur le scandale des commandites. Prêt à assumer la paternité politique du programme des commandites, il a refusé devant la commission toute responsabilité à l'égard des problèmes de gestion qu'il avait déléguée à d'autres. Inutile donc de lui imputer quelque faute que ce soit.

À peine sous-entendu, le message est le suivant : personne n'a le droit de douter de la sincérité de l'ancien premier ministre et, pourquoi pas tant qu'à y être, de tous ceux qui ont été mêlés à ce programme, d'Alfonso Gagliano, à André Ouellet, Jean Pelletier et Jean Lafleur.

L'essence même d'une commission d'enquête étant d'enquêter, le juge Gomery a le devoir de douter de tout. D'ailleurs, comment faire autrement lorsque presque tous les témoins semblent frappés d'amnésie. M. Gomery, lorsqu'il a évoqué une possible conspiration du silence entre MM. Chrétien et Himelfarb, n'a pas porté de jugement. Il n'a fait que soulever la question. Poser des question est justement son mandat. Il doit continuer à le faire sans entraves.

Et vlan, dans les dents ! Le juge Gomery ne doit pas se laisser impressionner... tout en affichant une attitude modeste et respectueuse dans les circonstances, afin de rester à l'abri de tout croc-en-jambe de la sorte. Ça fait partie de son devoir car cette enquête est trop importante pour qu'il se permette quelqu'écart que ce soit.

LE POT AUX ROSES, LE 6 MARS 2005 - Antoine Robitaille (Le Devoir) passe en revue les récents articles de presse sur l’enquête de la Commission Gomery.

Vraiment, il n'y avait pas de « plafond salarial » pour Jean Lafleur, ce génie de la communication qui a empoché 9,3 millions de 1994 à 2000 dans l'affaire des commandites fédérales, écrivait le Chronicle Herald de Halifax mercredi. Le seul titre de gloire que M. Lafleur puisse revendiquer, c'est d'avoir joué pour l'Équipe libérale, qui a tendance à se prendre pour l'Équipe Canada. Cet accès au pipeline de l'argent des contribuables a durablement terni la marque de commerce fédéraliste au Québec.

Caricature de Côté, Le Soleil, le 5 mars 2005 C’est aussi mon avis ! Cette marque de commerce était déjà ternie, elle l’est désormais de manière irrémédiable…

Le chroniqueur James Travers, dans le Toronto Star, souligne que la perspective sur la commission Gomery est totalement différente dans le ROC (rest of Canada) et au Québec. Pour la plupart des Canadiens hors Québec, c'est le cafouillage des commandites québécoises, un programme mal administré qui symbolise tous les défauts du centre politique du pays. Mais au Québec, on voit les choses différemment, ces commandites sont une insulte puisqu'on tentait grossièrement d'acheter leur loyauté. Double insulte puisque les manoeuvres politiques rappellent «d es souvenirs désagréables de l'ère qui a précédé l'assainissement des moeurs politiques québécoises ».

Travers affirme que les Québécois ont tout à fait raison d'être insultés. Après tout, ils sont presque les seuls à être traînés dans la boue dans cette histoire. À l'extérieur du Québec, peu semblent se soucier du fait que le scandale des commandites est, en son essence même, l'illustration la plus évidente d'un système pourri qui existe partout au Canada, un système qui permet de récompenser, à grands coups de fonds publics, des entreprises qui ont aidé un parti à se hisser au pouvoir. Travers dit aussi que dans le ROC, on oublie bien facilement que René Lévesque a débarrassé le Québec de la souillure politique qui datait des décennies duplessistes.

Je partage également cette lecture des événements. Et comme je le mentionnais dans une chronique précédente, le pire actuellement est que suite aux abus que constitue l’utilisation faite du programme des commandites aux dépends du Québec, on nous tienne désormais responsables de ce qui est arrivé alors que les mœurs politiques au Québec ont été assainies depuis des décennies.

D'ailleurs, le chroniqueur Michel Venne (Le Devoir) écrira dans l'édition du lundi, 7 mars, que Jean Lafleur tout en montrant, lors de son témoignage révélateur, un profond mépris pour ses concitoyens, s'est moqué de nous tous la semaine dernière, M. Lafleur, comme tous ceux qui ont profité du programme des commandites pour se servir au passage. Il aurait dû donner la nausée au pays entier. En particulier aux Québécois qui passent, dans cette affaire, aux yeux du reste du Canada, pour des imbéciles mais aussi pour des profiteurs.



QUI MIRE QUI ? LE 4 MARS 2005 - Brian Myles (Le Devoir) écrit que le commissaire John Gomery est de nouveau dans la mire de Jean Chrétien, qui a réclamé sa récusation hier, dans une requête à la Cour fédérale, en raison de ses questions suggérant l'existence d'une « conspiration du silence » entre l'ex-premier ministre et le greffier du Conseil privé, Alex Himelfarb, au sujet du scandale des commandites. Le juge John Gomery y est allé d’un petit sourire en coin, hier à la Commission d’enquête sur le programme des commandites, qui siégeait à Montréal.

Ne serait-ce pas plutôt Chrétien qui est actuellement dans la mire du juge ? Qui mire qui au juste ? Tout ce que je souhaite, c'est que le juge ne se laisse pas intimider par ce grossier personnage.

« JUTEUSES » RÉVÉLATIONS ? LE 28 FÉVRIER 2005 - Gilles Toupin (La Presse) : La commission d'enquête sur l'affaire des commandites reprend ses audiences ce matin à Montréal. Au menu: la promesse de révélations «juteuses» sur le rôle joué, entre 1996 et 2003, par une poignée d'agences de communication dans la gestion de plus de 1 milliard de dollars de deniers publics.

Après avoir passé six mois sur la question de la responsabilité politique du scandale, la Commission tentera de découvrir ce qu'il est advenu de tous ces dollars tirés du Trésor public. Selon le rapport de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, sur la gestion «catastrophique» du programme de commandites par le gouvernement Chrétien, environ 100 millions de dollars ont été versés en commissions et en coûts de production à des agences proches des libéraux.

Du côté des activités de publicité, les travaux confiés à ces agences de communication, affirmait Mme Fraser, ont totalisé environ 793 millions de dollars entre 1998 et 2003. Ces multiples transactions avec des entreprises, a signalé Mme Fraser dans son fameux rapport, ont été réalisées sur la base de fausses factures et de faux contrats, voire sans contrat du tout, et semblent avoir été conçues «de manière à verser des commissions à des agences de communication, tout en cachant la source des fonds et la vraie nature des opérations».

En raison des limites de son mandat, Sheila Fraser n'a pu scruter les livres comptables et les bilans financiers de ces agences de communication. La commission Gomery a reçu ces pouvoirs. Rappelons que les agences qui ont profité du programme de commandites ont versé des milliers de dollars au Parti libéral du Canada entre 1993 et 2002. Ce volet montréalais des audiences de la commission Gomery insistera davantage qu'à Ottawa sur les activités de publicité du gouvernement fédéral.

Tout ce que j'espère de cette partie des travaux de la Commission, à Montréal, c'est qu'après le véritable viol intellectuel que nous avons subi au Québec par ces commandites, on ne vienne pas, ailleurs au Canada, nous rendre maintenant responsables comme de québécois et québécoises de ce qui s'est passé... Le « Québec bashing », une réaction viscérale du ROC à notre égard, se reproduirait que ça ne me surprendrait pas le moindrement du monde.

AGITATION STÉRILE, LE 25 FÉVRIER 2005 – Selon la Presse Canadienne, Québec songerait à contester devant les tribunaux la validité constitutionnelle du programme fédéral de péréquation. Le budget Goodale n'a prévu aucune mesure sur la péréquation, ce système qui vise à permettre à toutes les provinces d'offrir des services à peu près comparables à leur population. Québec soutient que la péréquation n'est pas un simple programme fédéral, mais qu'elle est enchâssée dans la Constitution. De son côté, Ottawa la voit comme un programme strictement fédéral.

Une belle illustration du fonctionnement bancal de ce fédéralisme, i.e. être obligé d’aller devant les tribunaux pour que le fédéral respecte la constitution. Et après des années de procédures, même lorsque ceux-ci donneront sans doute raison au Québec, le fédéral refusera d’obtempérer, comme il le fait plus ou moins dans le dossier des congés parentaux.

La seule solution praticable se dessine encore une fois : sortir au plus sacrant de ce régime de fous !

Caricature dans Le Journal de Montréal CENTRALISATION FÉDÉRASTE, LE 27 FÉVRIER 2005 - Gil Courtemanche (Le Devoir) rappelle qu’un budget, comme un projet de loi, une pièce de théâtre ou un livre, peut se lire de multiples façons. Sous l’angle proprement politique, on constate que depuis des années, les libéraux construisent un État fédéral toujours plus riche qui maintient les provinces dans un état permanent de dépendance. C'est la volonté de créer de fait un gouvernement senior, supérieur et dominant qui supervise des gouvernements inférieurs et secondaires.

Un autre qui voit clair dans l’évolution centralisatrice de ce régime débilitant pour le Québec… Libérez-nous des fédéraux ! (adaptation du thème de la chanson bien connue du groupe Loco Locass)

LE BUDGET DU MÉPRIS, LE 24 FÉVRIER 2005 – Courte mosaïque (i.e. un assemblage décoratif de petites pièces rapportées retenues par un ciment et dont la combinaison figure la synthèse de l'attitude d'Ottawa envers le Québec, depuis des lunes...) de commentaires de presse sur le budget Gooddale de mercredi :

Jean-Robert Sansfaçon (Le Devoir) : Ceux qui aiment la continuité ne seront pas déçus: il y a très peu de bonnes nouvelles pour les provinces et les contribuables dans ce budget grâce auquel Ottawa utilise massivement l'argent de ses revenus en forte hausse pour intervenir partout où il peut gagner des alliés.

Le budget du mépris... Sortons au plus sacrant de ce régime de fous ! Mylène Moisan (Le Soleil) : Pas un sou pour les congés parentaux, 80 millions $ en moins pour les garderies, pas de surprise du côté de la péréquation. Québec ne pourra visiblement pas compter cette année sur le gouvernement fédéral pour lui rendre la vie plus facile.

Simon Boivin (Le Soleil) : Le budget d'Ottawa est « très décevant pour le Québec », estime Michel Audet, qui veut rencontrer son homologue fédéral pour obtenir des correctifs. On avait demandé des solutions, et il n'y a absolument rien. »

Presse Canadienne : En ce qui concerne la péréquation, le ministre Audet est particulièrement irrité de constater que les demandes du Québec sont demeurées lettres mortes, alors que Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse ont récemment obtenu des ententes bilatérales de plusieurs milliards de dollars avec le gouvernement du Canada.

Norman Delisle (Presse Canadienne) : « Jamais les finances du Québec ne seront gérées convenablement tant qu'elles ne seront pas gérées totalement à partir de Québec », a soutenu M. Landry mercredi soir, en réagissant au budget Goodale. « C'est la énième démonstration qu'il faut mettre fin au système actuel », a-t-il souligné.

Monsieur Landry a raison. Et rappelons que si un montant équivalent à celui versé à Terre-Neuve et à la Nouvelle-Écosse nous avait été "consenti", c'est 47 milliards $ qu'Ottawa aurait dû envoyer... disons plutôt retourner au Québec.

On voit bien que les Québécois ne peuvent pas compter sur Ottawa et que l'ère de coopération espérée par Jean Charest avec le Conseil de la fédération n'est pas au rendez-vous. C'est même pire qu'avant pour une raison bien simple : quand tu t'écrases comme le font les libéraux « provinciaux », on te méprise, on te passe dessus...

Et ça ne risque pas de se rétablir comme dynamique avec un Benoît Pelletier qui dit maintenant compter sur Jean Charest pour l'épauler dans sa lutte contre le déséquilibre fiscal.


LES INTÉRÊTS DU QUÉBEC MENACÉS, LE 21 FÉVRIER 2005 – Dans une entrevue à RDI, l'ex-ministre des Finances, Yves Séguin, invite le gouvernement Charest à faire preuve d'une plus grande vigueur dans ses relations avec Ottawa, estimant que son ardeur à dénoncer le déséquilibre fiscal lui a probablement coûté son portefeuille.

Adaptation d'une caricature de Garnotte, Le Devoir, 21 février 2005 « Nous sommes dans une période où les intérêts du Québec sont très menacés pour deux raisons. Sur le plan financier, on perd de l'argent parce qu'on paie de l'impôt à Ottawa et nous n'en recevons pas le juste équivalent. Deux, il y a un empiétement massif du gouvernement fédéral dans le champ de compétences des provinces », d’expliquer Yves Séguin.

« Le fédéral a fait des coupures de 2,4 milliards $ en 2002 et 2003 », dit-il, qualifiant ce geste d'injustice pour le Québec. « Ça démolit la marge de manœuvre que nous avons dans notre budget. » Il en appelle à une action vigoureuse et rigoureuse du gouvernement du Québec, appelant les Québécois à réaliser ce qui se passe en ce qui a trait aux agissements unilatéraux d'Ottawa, qui a détruit la marge de manœuvre de Québec.

De son côté, la Presse Canadienne rapporte que le remaniement est bien accueilli à Ottawa, les ministres fédéraux accueillant à bras ouverts les nominations de nouveaux vis-à-vis. Le ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale, ne devait pas être malheureux de voir partir Yves Séguin, son adversaire le plus coriace sur la question du déséquilibre fiscal, estime la PC.

Sans commentaire !

DU GRAND (?) CHRÉTIEN, LE 12 FÉVRIER 2005 - Pour Denise Bombardier (Le Devoir), Jean Chrétien était en forme lorsqu'il s'est présenté devant la commission Gomery. Syntaxe éclatée, vocabulaire déficient, anglicismes à gogo. On s'est rendu compte qu'il ne fait pas sienne la devise du Québec. Il ne se souvient d'à peu près rien. Sa mémoire ne lui est d'aucun recours lorsqu'il s'agit de confirmer ou d'infirmer des réunions avec ses proches collaborateurs.

Du vrai Chrétien car, chef suprême menant le combat pour sauver le Canada, ses ordres et ne se soucie guère du choix des armes, des combattants ou de la stratégie des exécutants. Il a foi dans ses soldats, et on suppose qu'il apprécie particulièrement les plus coriaces devant l'adversaire.

Qu'on lance la police aux trousses des voleurs potentiels et qu'ils paient pour leurs crimes, si des crimes ont été commis : telle est sa réaction face aux malversations. Mais lui ne s'embarrasse pas de ces détails. Avec les commandites, l'important était de sauver le Canada. Les dommages collatéraux apparaissent dès lors dérisoires.

Du grand Chrétien aussi, cette façon qu'il a de trivialiser le débat d'idées en le ramenant à un combat de ruelle où tous les coups sont permis dans les limites de la légalité. Car avec lui, la légitimité en prend plein la gueule, si on nous permet d'adopter son ton.

Bref, un « bum » !

MERCI, M. CHRÉTIEN, LE 10 FÉVRIER 2005 - En lettre ouverte, M. Daniel Lévesque, de Beauport remercie Jean Chrétien :

Merci Jean Chrétien!

Si le Québec accède un jour à son indépendance, il lui faudra certes ériger une statue à la gloire de Jean Chrétien. En effet, ce dernier aura fait par son contraire, la plus éclatante démonstration de l’existence du mépris qu’un nombre important de dirigeants du mouvement fédéraliste entretiennent à l’égard des Québécois.

Caricature de Garnotte, Le Devoir, 9 février 2005 Jean Chrétien est loin d’être le politicien rusé que l’histoire tend à dépeindre. Au contraire c’est un homme hargneux méprisant, et dénué de toute subtilité. Un homme dont on peut même douter de l’intelligence. Il entretien une vision si basse de ses concitoyens qu’il a poussé l’audace jusqu’à croire que ces derniers allaient endosser un fédéralisme promu à grand coup de drapeaux et de commandites. Il a pris les québécois et aussi les canadiens pour de grossiers imbéciles. Les Québécois ne comprennent rien, pense-t-il! S’ils ont voté ainsi au référendum de 1995, c’est qu’ils ont été bernés par la question référendaire et surtout par sa référence au partenariat. C’est avec ce postulat infantilisant que Jean Chrétien a créé la loi sur la clarté référendaire, croyant que les Québécois ne savaient pas ce qu’ils faisaient lors du référendum de 1995 et c’est avec les mêmes arguments que Jean Chrétien a mis sur pied le programme des commandites.

Bien malin serait celui qui pourrait aujourd’hui nous dire combien de votes ont pu être achetés par les millions de dollars dépensés en publicités ainsi que les milliers de drapeaux tapissés ça et là. N’empêche, il faut bien l’admettre, même si tout cela n’avait rien de très sophistiqué il n’en demeure pas moins que ça a dû avoir eu son effet. Néanmoins, je demeure sceptique. Et s’il est un seul Québécois qui fût convaincu par cette campagne j’aimerais bien qu’il se manifeste…

Quoi qu’il en soit, tout cela, c’était avant le rapport de la vérificatrice générale madame Sheila Fraser. Cette grand-mère bien ordinaire n’est certes pas une souverainiste mais on peut présumer qu’à l’instar de bien des canadiens doués de la moindre intelligence, elle a flairé l’incidence épouvantable que pouvaient avoir les actions du gouvernement de Jean Chrétien sur la suite des évènements et qu’en bonne et fidèle fédéraliste, elle ait attaché le grelot dans l’espoir de refaire une virginité au mouvement fédéraliste. Quant à Jean Chrétien, jusque là, il avait toujours cru que le scandale n’éclaterait jamais au grand jour mais hélas pour lui, l’histoire l’aura encore déjoué. Aussi, au terme de ce qui fût probablement un événement qui se fera de plus en plus rare, c’est à dire l’apparition publique de Jean Chrétien, il nous reste donc à faire le bilan.

À cette heure, il est permit de penser que Jean Chrétien puisse une fois de plus se glisser entre les goûtes de pluie et que jamais il n’ait à répondre ni politiquement ni autrement des actes qu’il a cautionnés. Bien sûr, Jean Chrétien et ses complices que sont les Dion, Coderre et tous les autres allègueront qu’ils ne savaient rien et qu’ils n’ont ainsi commis aucun geste répréhensible; cela en vertu des largesse que notre État de droit leur permet, et c’est de bonne guerre! Mais l’histoire retiendra par contre que c’est eux qui dirigeaient, que c’est eux qui étaient les fiduciaire de l’argent de tous les Québécois et de tous les Canadiens et que c’est eux qui en dernier ressort, en avaient la responsabilité. Et la même histoire dira également qu’ils ont faillit à leur tâches. Autant celle de protéger le bien des contribuables, que celle de garder ce pays uni. Car en définitive, le scandale des commandites aura produit l’effet contraire de ce qu’il souhaitait. Il aura donné au mouvement souverainiste un souffle qu’il n’espérait plus. Entre autre, il aura contribué à faire réélire le Bloc québécois par une forte majorité.

Avec le gouvernement Charest qui s’enlise et la perspective d’un autre rendez-vous avec l’histoire qui se pointe de nouveau à l’horizon pour le Québec, on peut alors se demander quels seront les arguments que pourrait invoquer les tenants du fédéralisme pour garder une fois de plus, les Québécois dans cette fédération qui les a de toute évidence roulés. Pourtant, les Québécois sont sans rancune et pardonneraient assurément si au moins Jean Chrétien avait une once remord. Mais hélas, à l’instar de ses complices, il persiste dans l’arrogance. Interrogé hier par les journaliste, Denis Coderre expliquait d’ailleurs quant à lui, « qu’il fallait examiner le contexte dans lequel les évènements se sont déroulés ». On peut se demander en effet, quel contexte peut justifier que des fond publiques soient dilapidés ainsi sans vergogne? Et surtout, quel contexte peut justifier que des actes criminels soient commis?

Si jamais il devait y avoir un troisième référendum, il ne fait aucun doute que les souverainistes capitaliseront sur les frasques du gouvernement Chrétien. Ils rappelleront alors comment nous avons été bernés, combien cela a coûté et quels furent les conséquences de cet acte de piraterie perpétré par le gouvernement de Jean Chrétien à l’encontre des plus élémentaires règles de la démocratie. Il rappelleront également le mépris du gouvernement de Paul Martin vis à vis des chômeurs, son refus de négocier les congés parentaux, ses actions centralisatrices et finalement, son aide au compte-goûtes en santé. À la lumière de cela, nous serons alors à même de mesurer tout l’héritage de l’ère Chrétien par le résultat d’un éventuel référendum. Or, si ce scénario se concrétisait, il se pourrait aussi qu’à ce moment, à l’instar de tous les Québécois, Jean Chrétien réalise enfin qu’il aura contribué à rassembler les conditions gagnantes qu’il cherchait à plutôt à anéantir.

J'appelle cela, voir clair !

LE CABOTIN, LE 9 FÉVRIER 2005 - Alec Castonguay (Le Devoir) écrit que Jean Chrétien, d’une humeur massacrante, a été fidèle à lui-même hier, tout au long de son témoignage devant la commission Gomery. S’il suivait de très près le déroulement des activités de commandites, il ne prenait aucune décision sur le choix des événements et des agences de publicité, contredisant même ses anciens ministres, qui affirmaient ne pas être au courant de l'existence du programme.

Jean Chrétien a tenté de démontrer toute la journée qu'il ne s'occupait pas de la «mécanique» des commandites. Mais même si le premier ministre «ne se mêlait pas de la plomberie», il était manifestement bien au fait des événements, soulignant que son expérience politique et celle de son entourage était un atout. Jean Chrétien a toutefois souligné que jamais il n'a entendu parler des agences de publicité retenues pour effectuer les contrats, pas plus que des commissions touchées au passage.

Caricature de Garnotte, Le Devoir, 9 février 2005 Pour Manon Cornellier (Le Devoir), Jean Chrétien, qui a toujours eu un côté théâtral assorti d'un instinct de bagarreur implacable, en a fait la démonstration hier. Et s'il ne s'est jamais retrouvé dans les câbles, il n'a pas réussi à dissiper la mauvaise impression qu'a laissée de sa gouverne le scandale des commandites. Les nostalgiques d'un leadership musclé et dépourvu d'hésitation le regretteront peut-être après sa performance d'hier, mais sa manière cavalière de traiter certains pans de l'administration publique devrait porter à réfléchir, de conclure la journaliste.

Il mérite vraiment son nouveau sobriquet, ce Jean « Small Town Cheap » Chrétien. Il estime, si je comprends bien, que la fin justifiait les moyens. Quant aux dérapages dans les contrats, il ignorait, bien entendu... Ses réponses cabotines vous surprennent ? Moi, pas !

À SUIVRE ! LE 7 FÉVRIER 2005 - Gilles Toupin (La Presse) souligne que pour la première fois, deux premiers ministres « canadjians » - Jean Chrétien et Paul Martin - témoigneront tour à tour cette semaine devant une commission d'enquête publique.

Caricature de Garnotte, Le Devoir, 7 février 2005 Jean Chrétien avait refilé à Paul Martin les braises ardentes du rapport de la vérificatrice générale en mettant un terme à la session parlementaire en novembre 2003, juste avant le jour où Mme Fraser devait publier son rapport incendiaire. La manœuvre permettait à M. Chrétien de quitter la vie politique sans coup férir et d'obliger la vérificatrice générale à publier son rapport après l'assermentation de Paul Martin. Celui-ci fut contraint de se défendre sur la place publique, de clamer partout qu'il n'avait pas été mis au courant de la gestion du programme au jour le jour. Avant d'appeler les Canadiens aux urnes, il n'eut d'autre choix que d'ordonner l'enquête publique.

La Presse Canadienne, de son côté, estime que l'enjeu pour M. Chrétien est hautement personnel. Il court le risque que son nom et sa place dans l'histoire soient ternis. On imagine qu’il se défendra en ayant recours à des arguments émotifs autant que techniques : le programme fédéral des commandites a contribué à sauver le pays, il n'était pas au courant de quelque irrégularité que ce soit, et il a lui-même invité la police, il y a longtemps, à arrêter quiconque était coupable d'agissements illégaux.

Pourra-t-il ne pas passer de « p’tit gars » à « p’tit bum » ...de Shawinigan.

HONTE ! LE 6 FÉVRIER 2005 - Édith Gendron, de Gatineau, dénonce dans Le Devoir le fait que certains voudraient que les indépendantistes ne se manifestent pas à la Fête nationale. Elle ne voit pas au nom de quel principe on voudrait museler et censurer la moitié de la population qui désire créer son propre pays. Il n'y a rien de choquant pour les fédéralistes dans le fait que les indépendantistes expriment leur désir et leur espoir d'un pays à la Fête nationale justement. La démocratie s'exerce 365 jours par année, y compris le 24 juin.

On exigeait que le PQ gouverne pour tous les Québécois. Alors, comment se fait-il que le gouvernement Charest coupe dans le budget de la Fête nationale ? Tous les Québécois, fédéralistes comme indépendantistes, doivent exiger qu'on rétablisse le budget intégral de la Fête nationale. Fédéralistes comme indépendantistes, nous devons célébrer notre différence linguistique et culturelle avec éclat et non comme des petits pauvres. Ce gouvernement s'apprêtait à donner des millions à des écoles privées et du même souffle il rogne sur la Fête nationale. C'est une honte !

J’appuie ! Debout, les endormis !

Caricature Fleg, Le Soleil, 5 janvier 2005 PLUS ÇA CHANGE… LE 2 FÉVRIER 2005 - Jean-Robert Sansfaçon (Le Devoir) souligne que les discussions en vue de permettre la création d'un régime de congés parentaux au Québec se butent une fois de plus au refus d'Ottawa d'assumer sa part des coûts du nouveau régime. On pouvait comprendre un tel blocage avec le p'tit gars de Shawinigan, mais les choses devaient changer avec Paul Martin. La ministre responsable du dossier à Ottawa, Lucienne Robillard, continue d'affirmer que son gouvernement veut trouver une solution, mais elle ajoute qu'il n'y a pas d'argent dans la Caisse d'assurance emploi.

Foutaises ! Les excédents à la Caisse d'assurance emploi dépassent 50 milliards, dont deux milliards cette année et l'an prochain qui n'ont évidemment pas encore été dépensés... Et au moment même où Ottawa refuse d'assumer les coûts de la transition avec le Québec, il signe une entente d'une générosité surprenante avec Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse, qui leur permettra de récolter des milliards en redevances sur le pétrole sans que cela n'affecte leurs droits à la péréquation. Qu'en pensent les ministres libéraux du Québec ? Pourquoi sont-ils aussi silencieux lorsqu'il est question des Maritimes et si hargneux quand vient le temps de lancer la première expérience de congé parental digne de ce nom destinée aux parents de leur propre province ?

L’éditorialiste pose une excellente question : « Où sont les ministres fédéraux du Québec par les temps qui courent? » … De toute façon, pour le poids qu’ils ont, ça ne changerait pas grand chose.

PENSEZ-Y BIEN M. CHRÉTIEN ! LE 2 FÉVRIER 2005 - Isabelle Rodrigue (PC) écrit qu’après un bref moment d'incertitude, les travaux de la Commission d'enquête sur le programme de commandites auront repris leur rythme habituel, mardi, après l'annonce du juge John Gomery qu'il rejetait la requête de l'ancien premier ministre Jean Chrétien et qu'il continuait à présider la Commission.

Le juge Gomery a répété à de nombreuses reprises qu'il demeurait impartial et qu'il n'avait ou n'a pas tiré de conclusions à la suite des témoignages qu'il a entendus depuis septembre. Le commissaire a néanmoins admis, d'entrée de jeu, qu'il avait «fait une erreur» en acceptant de se prêter à des entrevues avec des journalistes avant Noël, et que les commentaires passés lors de ces entrevues étaient inappropriés et mal avisés.

Dans sa décision, le commissaire Gomery n'a pas manqué de faire observer que son retrait de l'enquête entraînerait des délais et des coûts supplémentaires. «L'intérêt public ne serait pas bien servi par une suspension des audiences, peu importe la raison», a lu le juge Gomery.

Les procureurs de M. Chrétien n'ont pas voulu commenter immédiatement la décision du juge. M. Chrétien dispose d'un autre recours et a 30 jours pour porter sa requête en récusation devant la Cour fédérale.

Je leur conseille de bien réfléchir, effectivement ! Si Jean Chrétien avait dû se retirer au moindre faux pas, il ne serait pas demeuré en politique bien longtemps, surtout comme premier ministre.

FOU RAIDE, LE 1ER FÉVRIER 2005 - Isabelle Rodrigue (Presse Canadienne) rapporte que le juge John Gomery a décidé, lundi, de faire durer un peu plus longtemps le suspense en prenant en délibéré la demande de récusation des avocats de Jean Chrétien. Le commissaire s'est accordé un peu plus de temps pour pouvoir peser tous les aspects de la décision à prendre, en ajournant les travaux deux heures plus tôt qu'à l'habitude. « Je crois que je préfère réfléchir sur la question pendant la soirée au lieu de me hâter pour prendre une décision », a expliqué le juge, ajoutant qu'il partagerait ses conclusions dès la reprise des audiences, mardi matin.

« D'un point de vue pratique, si vous vous récusez, cela équivaut à reprendre du début et ce serait un énorme, un énorme gaspillage de fonds publics », a fait valoir Richard Dearden, qui représente le bureau de Sheila Fraser devant la Commission. Les délais et les coûts que pourrait entraîner une telle décision ne semblent pas émouvoir M. Chrétien qui estime que le juge n'a plus l'impartialité requise pour mener la Commission à bon port.

Qu’à cela ne tienne, Ti-Jean n’en est pas à ses premiers excès… Paye Baptiste !

RETOUR AUX SOURCES, LE 31 JANVIER 2005 - Robert Dutrisac (Le Devoir) rapporte que le gouvernement Charest n'a pas les moyens de se montrer généreux envers la classe moyenne en 2005-06 comme il l'a promis. Jean Charest doit maintenant revoir ses plans. Les pressions du système de santé, notamment l'assurance médicaments, sur les finances publiques continuent sans désemparer. Il n'y a aucune marge de manoeuvre du côté des dépenses. Au contraire, pour l’an prochain, ces chiffres vont plutôt dans le sens d'un gel des dépenses de tous les ministères à l'exception du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Pour sortir de cette impasse budgétaire, le gouvernement Charest ne peut pas non plus compter sur un coup de pouce de la conjoncture économique. Tous les économistes revoient à la baisse leurs prévisions de croissance économique pour le Québec comme pour le reste du Canada. Lundi à Ottawa, Yves Séguin reviendra à la charge en réclamant une solution au déséquilibre fiscal et la renégociation du nouveau cadre de la péréquation imposé par Ottawa cet automne.

Séguin se tourne donc vers le vrai problème, près de deux ans après avoir été élu. Deux ans de perdus…

RESPONSABILITÉ MINISTÉRIELLE, LE 30 JANVIER 2005 – Selon, Isabelle Rodrigue (Presse Canadienne) tous les yeux sont actuellement tournés vers l'affrontement Gomery-Chrétien qui se déroulera lundi. Des avocats du gouvernement Martin vont y faire une intervention orale pour appuyer le juge Gomery puis celui-ci entendra les arguments des avocats de l'ancien premier ministre Chrétien qui le somment de se retirer de l'enquête.

Caricature de Garnotte, Le Devoir, 13 février 2004 Ils ne seront pas les seuls à intervenir dans ce dossier. Les avocats de la vérificatrice générale, du Parti conservateur, et du Bloc québécois ont également indiqué qu'ils interviendront pour appuyer le juge. Ils feront valoir qu'ils sont convaincus que le juge demeure impartial et encore apte à présider la Commission.

Trois scénarios sont possibles : Le juge peut prendre la question en délibéré; il peut annoncer qu'il reste en place, ou encore qu'il quitte son poste. Si le juge Gomery reste, M. Chrétien a la possibilité de porter sa requête en Cour fédérale; s'il se retire, le gouvernement devra nommer un autre juge.

Vendredi, la Commission a entendu le témoignage de l'ancien ministre du cabinet Chrétien Marcel Massé, qui a présidé après le référendum de 1995 un comité ministériel spécial chargé de mettre au point une stratégie d'unité nationale. C'est concernant la notion de responsabilité ministérielle que le témoignage de M. Massé revêt une importance capitale pour le commissaire Gomery qui doit, dans son rapport final, faire des recommandations au gouvernement afin qu'un tel scandale ne se reproduise plus.

Ainsi, contrairement à ce qu'a affirmé dans le passé l'ancien ministre des Travaux publics Alfonso Gagliano, M. Massé, qui fut aussi sous-ministre et greffier du Conseil privé, a estimé hier que le ministre doit assumer l'entière responsabilité des décisions qu'il prend s'il n'en informe pas son sous-ministre. Or, le sous-ministre de M. Gagliano, Ran Quail, a témoigné en novembre devant la Commission qu'il n'était pas consulté pour les commandites; que M. Gagliano le court-circuitait pour faire affaire directement avec le directeur du programme, Chuck Guité, normalement sous les ordres de M. Quail.

Ainsi, si le commissaire Gomery souscrit à l'opinion émise hier par Marcel Massé sur la responsabilité ministérielle, l'ancien ministre Gagliano ne pourra plus affirmer qu'il n'était pas responsable des ratés du programme de commandites. Quand le sous-ministre n'est pas informé d'une décision, c'est le ministre, a témoigné M. Massé, « qui prend la responsabilité de la décision ».

Vous vous souvenez peut-être que j’évoquais ce principe de la responsabilité ministérielle, dans mes chroniques antérieures, expliquant pourquoi M. Gagliano, voire même M. Chrétien, ne pouvaient plaider l’ignorance des faits en ce qui regarde le scandale des commandites, pour se disculper. On y arrive enfin. Soyons vigilants, appuyons nous aussi le juge Gomery dans les circonstances actuelles, alors que les principaux témoins tentent manifestement d'échapper au processus visant à faire la lumière sur ce qui s'est passé véritablement. L'heure de la reddition des comptes arrive, tenez-vous bien !

LE RIDICULE TUE-T-IL ? LE 26 JANVIER 2005 - Alec Castonguay (Le Devoir) fait état du coup de tonnerre à la Commission d'enquête sur le scandale des commandites. Jean Chrétien, par ses avocats, a demandé hier au juge John Gomery de céder sa place à un autre magistrat, soutenant qu'il n'était plus impartial et que son rapport final serait «biaisé». Les faits reprochés au juge remontent aux 16 et 17 décembre derniers, alors que ce dernier a donné des entrevues aux médias. Dans ces entretiens, John Gomery a notamment déclaré que certains témoins avaient menti devant lui, sans préciser lesquels. John Gomery a aussi déclaré qu'il avait «le meilleur siège pour le meilleur spectacle en ville» avec des «choses juteuses encore à venir».

Lundi matin, le juge entendra une requête en récusation de Jean Chrétien. John Gomery pourra alors prendre une décision sur-le-champ ou encore prendre quelques heures, voire quelques jours, pour rendre son verdict. Dans le cas où il refuse de céder sa place et réaffirme qu'il n'a tiré aucune conclusion et que son impartialité est intacte, Jean Chrétien pourra alors, s'il le désire, porter sa requête devant la Cour fédérale, qui devra trancher le litige.

Malgré ce coup de tonnerre, la commission a poursuivi ses travaux hier avec comme témoins des ministres et députés encore en poste. Stéphane Dion, Denis Coderre ainsi que Diane Marleau sont passés devant le juge. Tous ont confirmé que le bureau du premier ministre en menait très large dans la gestion du programme des commandites…

Ah oui ?… Ah bon ! M. Chrétien pense-t-il que la population sera dupe de la manoeuvre ?

Pour sa part, Maxime Bergeron (La Presse) rapporte que la jurisprudence joue contre Jean Chrétien. La commission Gomery n'est pas un procès. Cette distinction risque de faire une grande différence dans le traitement de la demande de récusation, selon les experts en droit consultés par le quotidien. On y apprend que les tribunaux canadiens ont déjà statué à l’encontre de ce genre des prétentions de M. Chrétien dans quelques dossiers similaires . « Le rôle d'un commissaire-enquêteur ne l'amène pas à statuer sur les droits civils ou la responsabilité criminelle des gens, et dans ce contexte-là, sa marge de manoeuvre est plus grande que celle d'un juge », a expliqué hier Louise Viau, professeure à la faculté de droit de l'Université de Montréal.

En fait, comme l’a souligné hier le leader parlementaire du Bloc québécois aux Communes, Michel Gauthier, nous sommes rendus au coeur du scandale des commandites et ça ressemble à une tactique dilatoire pour éviter le supplice des questions des procureurs de la commission.

« LE PM VEUT CECI, … CELA », LE 25 JANVIER 2005 - Raymond Giroux (Le Soleil) écrit que le prédécesseur d'André Ouellet a quitté son poste en 1999 parce qu'il en « avait marre des ingérences politiques » dans les affaires de la société d'État. Dans un témoignage de plus de quatre heures, l'ex-président-directeur général de la société de la Couronne, Georges Clermont, a réglé ses comptes avec M. Ouellet et l'ex-ministre Alfonso Gagliano.

La PC retient de son témoignage qu’à peine avaient-ils pris le pouvoir, en novembre 1993, les libéraux de Jean Chrétien tentaient d'influencer les dirigeants de la Société canadienne des postes (SCP) pour faire embaucher leurs amis. C'est, en fait, tout un pan des penchants des libéraux de Jean Chrétien à favoriser leurs amis, dans tous les domaines, qui a été étalé publiquement hier devant la Commission Gomery.

Il s'agissait de tout un revirement dans les façons de faire, selon l'ex-p.-d. g., qui disait alors être habitué à la distance qui prédominait sous le gouvernement conservateur. «Nous avions été habitués [...] à un régime de non-ingérence, a déclaré le témoin. Jamais on ne nous demandait quoi que ce soit. Pour nous, c'était un grand changement.» Les interventions de l'ex-ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, étaient surtout axées sur le Québec, a ajouté l'ancien dirigeant de Postes Canada, ce qui s'inscrivait dans la volonté du gouvernement fédéral d'augmenter sa visibilité à la suite des résultats serrés du référendum de 1995 sur l'avenir du Québec.

Libérez-nous de ces libéraux fédérastes… Oups ! Veuillez excuser le pléonasme.

SCANDALE SUR SCANDALE – LE 13 JANVIER 2005 – Dans l’édition du journal Le Devoir de mercredi, Alec Castonguay faisait état du sérieux affrontement, le jour précédent, entre le juge John Gomery et les avocats de Jean Chrétien et de Jean Pelletier, lors de la reprise des audiences sur le scandale des commandites à la commission Gomery. Dans des déclarations très critiques et accusatrices, les deux avocats ont estimé que le juge Gomery avait outrepassé son mandat en donnant son avis dans les médias sur la véracité des faits présentés par certains témoins et que ses commentaires remettaient même en cause son impartialité.

La réplique du juge n'a pas tardé. « Je vois que vous avez des cheveux gris, a lancé le juge à David Scott, l'avocat de Jean Chrétien. C'est vrai que, il y a 50 ans, un juge gardait un visage de marbre, ne disait rien tout le long du processus et ne faisait aucun commentaire jusqu'à la fin. Ce n'est plus le cas de nos jours. Dans les dernières décennies, on a vu une pression de la société pour faire descendre les juges de leur tour d'ivoire, question de mieux expliquer ce qui se passe. »

Il a fait remarquer avec agacement qu'il n'avait «tiré aucune conclusion» et que son « expérience de juge montre qu'il faut garder l'esprit ouvert jusqu'à la fin». «J'ai parlé d'éléments de preuve intéressants, sans plus. Je vous donne de nouveau l'assurance que je n'ai rien conclu et je suis vraiment désolé de vous avoir inquiété », a-t-il terminé sur un ton tranchant.

La commission a repris ses travaux avec le témoignage de Marc LeFrançois, ancien président du conseil d'administration de Via Rail de 1993 à 2001. M. LeFrançois n'a fait que confirmer des faits déjà connus, notamment la participation du bureau de Jean Chrétien dans la gestion du programme et les transferts d'argent par des entreprises de communication qui ont touché au passage de généreuses commissions sans justification. Les anciens p.-d.g. de la Banque de développement du Canada (BDC), François Beaudouin, et de Poste Canada, André Ouellet, sont également attendus dans les prochains jours à la commission. Après quoi, les acteurs politiques entreront en action.

La réaction des avocats de MM. Chrétien et Pelletier, sans pour autant être surprenante, est pour le moins suspecte. Elle constituerait un véritable scandale sur le scandale des commandites s’ils devaient aller plus loin. Les éditorialistes et chroniqueurs, aujourd’hui, ne manquent pas d’ailleurs de juger sévèrement leur démarche.

C’est le cas de Bernard Descôteaux (Le Devoir), pour qui présenter une demande de révocation du juge serait une bien mauvaise idée. Cela ne ferait qu'alimenter la suspicion du public quant à la part de responsabilité que certains politiciens portent dans cette affaire. Pour sa part Jean-Marc Salvet, dans Le Soleil, estime qu’ils « … ont sombré dans l’excès en parlant de partialité et en laissant entendre qu’ils pourraient exiger la récusation du magistrat ». De son côté, Michel Vastel n’en revient pas que MM. Chrétien et Pelletier osent, par avocat interposé, servir une leçon de morale à Sheila Fraser (Vérificatrice générale) et John Gomery : « Les avocats David Scott et Guy Pratte ont, comme on dirait, « du front tout le tour de la tête ». Mais ils sont payés pour cela. À même nos impôts d’ailleurs. »

Je partage l’opinion de Michel Vastel lorsqu’il affirme : si ces deux acteurs importants de l’affaire des commandites n’ont rien à cacher, qu’ont-ils à craindre de la remarque du juge Gomerey lorsqu’il dit ne pas aimer se faire mentir ?


BIENVENUE DANS LE CLUB ! LE 10 JANVIER 2005 - La Presse Canadienne rapporte que le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador assure que l'unifolié recommencera à flotter au-dessus des édifices provinciaux quand le reste du pays aura compris ce qui est en jeu. « Quand nous aurons le sentiment que le peuple canadien comprend l'enjeu et accepte notre protestation, les drapeaux seront de nouveau déployés », a déclaré Danny Williams dimanche, sur les ondes de CTV. M. Williams avait ordonné le retrait des drapeaux canadiens de tous les édifices publics provinciaux le 23 décembre, après la rupture des négociations avec Ottawa sur un nouveau partage des revenus du pétrole et du gaz puisés au large des côtes terre-neuviennes.

En fait, Terre-Neuve vit à cet égard une situation que nous ressentons au Québec depuis des lunes. Bienvenue dans le Club des incompris. Si on appliquait cette logique de drapeaux au Québec, il n’y aurait pas beaucoup d'unifoliés « canadjians » qui y flotteraient et ce, depuis longtemps ! N'est-ce pas ?

LE CLUB DES ABUSÉS, LE 7 JANVIER 2004 - Le Devoir, ce jeudi 6 janvier, rapportait que des associations de transporteurs aériens ainsi que de gens d'affaires accusent le gouvernement fédéral «de traiter les passagers aériens comme des vaches à lait» en relevant les loyers imposés aux administrations aéroportuaires locales. « Il est temps que le gouvernement cesse de traiter les passagers aériens comme des vaches à lait », a déclaré le président-directeur général de l'Association du transport aérien du Canada, Cliff Mackay.

Depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001, les loyers imposés par le gouvernement ont crû de 25 %, selon les associations. À leur avis, ces revenus ne sont pas réinvestis dans les infrastructures de transport aérien, mais s'inscrivent tout simplement dans les recettes générales du gouvernement.

Le ministre des Transports, Jean Lapierre, s'est jusqu'ici montré sensible (autrement dit, il s’en sacre comme de l’AN ’40 !) aux arguments de l'industrie du transport aérien. Depuis que le gouvernement a confié aux autorités locales la gestion des aéroports, en 1992, les associations de transporteurs estiment à plus de 2 milliards les sommes qui ont été versées à Ottawa sous forme de loyers.

Oui, bienvenue dans le club ... des abusés ! Vaches à lait, revenus dans les recettes générales du gouvernement plutôt que réinvestis dans le même secteur, insensibilité du gouvernement (en fait, ce sont les hauts fonctionnaires qui mènent la barque), les travailleurs vivent cela depuis des années dans le cas du régime de l’assurance-chômage (pardon ! ...emploi). À noter que les vrais abusés là-dedans, ce ne sont pas les membres des transporteurs aériens (qui, en passant, n'ont jamais dénoncé les mêmes abus odieux dans le financement de l'Assurance-emploi) mais bien « Jos Public » qui, encore une fois, se fait tondre littéralement.

CE N’EST QU’UN DÉBUT…, LE 30 DÉCEMBRE 2004 - Selon Bernard Barbeau (Presse Canadienne), le président du Conseil de la souveraineté du Québec, Gérald Larose, trouve réconfortant et réjouissant que l'appui actuel à la souveraineté, l'idée d'un Québec souverain s'étant consolidée lors des 12 derniers mois. Le dernier sondage du Bureau d'information du Canada indique qu'environ 49% des Québécois sont en faveur de cette idée.

Caricature de Côté, Le Soleil, 29 décembre 2004 « Il faut convenir qu'en 2004, la souveraineté a reçu un appui qui s'est davantage ancré, enraciné et consolidé», a dit M. Larose, pour qui le scandale des commandites a aussi jeté le discrédit sur le mouvement fédéraliste. « L'enquête Gomery révèle que ces gens trichent, mentent et volent. Ils tombent dans la corruption», a dit M. Larose. Le bilan du gouvernement Charest serait aussi un des facteurs en faveur de l'indépendance : « La gouvernance provincialiste libérale du Québec montre qu'on est à la limite de nos ressources. L'alternative fédéraliste n'est pas très, très réjouissante, a-t-il dit. En santé, rien n'est réglé. »

Gérald Larose a rappelé que lors du référendum de 1995, après des semaines de promotion, l'appui à la souveraineté du Québec était passé de 39 à 49%. « Être à 49% alors qu'on ne parle pas de souveraineté (actuellement), je vous dirai que c'est plutôt réconfortant. » Le président du Conseil de la souveraineté prévoit qu'en 2005, les militants retrouveront la cohésion qu'ils ont quelque peu perdue et qu'éventuellement, l'appui à l'option qu'il préconise pourra finalement passer le cap des 50%.

C’est également mon avis. Jean Charest et son gouvernement ne font que démontrer malgré eux que dans le régime actuel, il n’y a aucun espoir pour le Québec. Celles et ceux qui tiennent le mouvement indépendantiste et souverainiste comme moribond n’ont qu’à bien se tenir, 2005 sera une année charnière dans la reprise de l’action : sortir, échanger, convaincre ! Tel est le programme et le Conseil de la souveraineté est, à cet égard, une puissante bougie d’allumage. Quant aux péquistes, espérons qu'ils cesseront de se tirer dans le pied comme ils l'ont fait en 2004, sur la question de la chefferie.

« FRAUDE ET CORRUPTION CANADA », LE 30 DÉCEMBRE 2004 - Castonguay (Le Devoir) rapporte que Paul Martin ne sera vraisemblablement pas le seul au sein de son gouvernement à devoir défendre ses agissements passés devant la commission d'enquête sur le scandale des commandites. Le juge John Gomery a décidé de ratisser très large et envoyé une assignation à comparaître à tous les ministres québécois en poste entre 1996 et 2002.

Caricature de Garnotte parue dans Le Devoir du 28 décembre 2004 Plusieurs de ces ministres ont encore des rôles clés dans le gouvernement libéral actuel et leurs révélations pourraient s'avérer embarrassantes pour un Paul Martin qui veut se dissocier autant que possible de l'ère Jean Chrétien. Les Pierre Pettigrew, Lucienne Robillard, Stéphane Dion, Sheila Copps et Denis Coderre, auraient déjà reçu leur assignation à comparaître. Ces témoins devraient fournir d'importantes explications sur les faits et gestes de plusieurs ministres lors des réunions du cabinet Chrétien. Certains, comme Stéphane Dion, étaient d'ailleurs assermentés au Conseil privé, soit le ministère du premier ministre, où ont transité plusieurs décisions en lien avec le programme des commandites.

La commission Gomery a déjà révélé à l'automne que le conseil des ministres formé en 1996 ne pouvait pas plaider l'ignorance complète en ce qui a trait au programme des commandites. Tous les ministres en poste au début de l'année 1996, y compris Paul Martin, Pierre Pettigrew, Stéphane Dion, Lucienne Robillard, Ralph Goodale et Anne McLellan, ont discuté de la stratégie à employer pour éviter un nouveau référendum et convenu de créer ce qui allait devenir le programme des commandites, qui n'avait toutefois pas encore de nom à l'époque.

Ce que considérant, on aurait bien pu l'appeler « Fraude et Corruption Canada »...

Il faut que la commission fasse toute la lumière sur cette affaire ignominieuse. Le comble, comme le soulignait pertinemment un résident de Montréal, M. Marcel Marjot, dans une lettre parue hier dans le même journal, c’est que Paul Martin annonçait récemment son intention d'envoyer des fonctionnaires au Chili pour aider le gouvernement de ce pays à lutter contre la corruption, tout juste après le scandale des commandites. « (…) je crois que Paul Martin pourrait leur éviter ce voyage car ils n'auraient pas à chômer chez nous », écrit M. Marjot.

En d'autres mots, le Canada n’a pas de leçon à faire à quiconque actuellement en cette matière. Au moins, rétablissons notre honneur en faisant toute la lumière sur ces fraudes, ces corruptions, en sanctionnant les véritables responsables du scandale du programme des commandites, et non seulement leurs suppôts.


LES PROVINCIAUX, LE 27 DÉCEMBRE 2004 - L'historien Michel Lessard, dans son livre Meubles anciens du Québec, publié il y a 5 ans, un chef-d'oeuvre, écrit dans sa note au lecteur le sens précis qu'il prévilégie pour certains mots qu'il utilise dans son ouvrage. Il en est ainsi pour les vocables Québec, province et national :

« Le mot Québec fait référence à une entité géopolitique nord-américaine ayant en commun la langue française et un territoire, et appelant une redéfinition constitutionnelle sur la base d'une souveraineté optimale à l'intérieur d'États associés. Pour nous, c'est la patrie et le pays premier. Le mot province pour désigner le territoire national, un terme à connotation coloniale, pesant et réducteur, a été biffé de notre vocabulaire. Depuis le premier ministre Jean Lesage, nous parlons de l'État québécois.

Le mot national dans notre ouvrage ne s'applique qu'au peuple québécois, indépendamment de la provenance des individus dont l'appartenance à la culture française est un fait. (...) Nous refusons le sens sociologiquement impropre donné à ce mot en fin de siècle et de millénaire par le politique « canadian ». »

J'ai souvent observé que les personnes au fait de l'histoire du Québec sont très majoritairement souverainistes, voire inévitablement nationalistes au sens utilisé par M. Lessard (là n'est pas cependant l'essentiel de mon propos pour l'heure). Je veux, pour l'instant, simplement souligner que j'observe depuis l'arrivée du gouvernement de Jean Charest, il y a de cela à peine 18 mois pourtant, une importante dérive dans l'utilisation de ces mots au Québec.

Le mot "province" est de plus en plus utilisé pour désigner le Québec et le qualificatif "provincial" remplace peu à peu, subtilement, le qualificatif "national", notamment dans la façon dont on s'exprime dans les médias écrits et électroniques... Peu à peu, le travail incessant de celles et de ceux qui cherchent à nous rappeler notre statut de conquis et à nous ramener à notre condition de nation dominée, fait son oeuvre... au plus grand plaisir de tous les "provinciaux" de notre petit monde.


LIBÉREZ-NOUS DES FÉDÉRAUX ! LE 22 DÉCEMBRE 2004 – Isabelle Mathieu (Le Devoir) rapporte que pour le maire de Québec, Jean-Paul L’Allier, la haute fonction publique fédérale est en train de transformer le Canada en pays unitaire et a déjà signé l’arrêt de mort des provinces.

« Pendant que des gens taponnent pour essayer de dire comment est-ce que pourrait fonctionner le fédéralisme, les penseurs administratifs fédéraux travaillent à créer un pays unitaire, soit carrément la disparition virtuelle des provinces d’ici 20 ans. Les pouvoirs sont à Ottawa. L’extérieur va rester, mais le cœur va être mort », estime le maire de Québec. Né confédération, le Canada a été transformé en fédération et file vers l’unitarisme, selon M. L’Allier.

Bon ! Nous sommes au moins deux à le penser ou, qui voyons clair dans ce qui se passe. Les propos de M. L’Allier rejoignent très directement mes analyses antérieures sur ce sujet. Libérez-nous des fédéraux (sur un air bien connu) !

À QUAND SON TOUR ? LE 26 NOVEMBRE 2004 - Gilles Toupin (La Presse) rapporte que l’ancien directeur des activités de commandite aux Travaux publics, Chuck Guité, en menait large au sein du ministère, ont témoigné hier l'ancien sous-ministre Ran Quail et l'ancien sous-ministre adjoint, James Stobbe. M. Guité avait une relation «très particulière» avec les ministres des Travaux publics David Dingwall et, plus tard, Alfonso Gagliano, quand ce n'était pas directement avec le cabinet du premier ministre. «Depuis que je suis dans la fonction publique, soit depuis 1969, jamais je n'ai vu une telle relation», a lancé M. Stobbe.

Ran Quail, dont la déclaration concorde avec d'autres témoignages précédents à la commission d'enquête sur le programme de commandites, a notamment relaté hier que M. Guité, fonctionnaire somme toute de rang moyen en 1996, semblait bénéficier d'une protection particulière au cabinet du premier ministre.

Oui, à quand le tour de M. Chrétien. Ne doit-il pas lui aussi répondre à certaines questions ?

M… BAVEUX ! LE 19 NOVEMBRE 2004 - Robert Dutrisac (Le Devoir) écrit qu’en présentant la synthèse des opérations financières du gouvernement pour les six premiers mois de l'année, le ministre des Finances, Yves Séguin, a dénoncé «le traitement inéquitable» qu'Ottawa a réservé au Québec en matière de péréquation. Le gouvernement fédéral doit revoir sa position, «sinon, c'est à se demander si les vrais fédéralistes ne sont pas qu'à Québec».

Depuis que les libéraux de Jean Charest ont été portés au pouvoir, le gouvernement fédéral a causé «l'hémorragie» des versements de péréquation, une ponction de 2,4 milliards en deux ans, a déploré M. Séguin au cours d'une conférence de presse. «C'est que le gouvernement fédéral, à l'égard du Québec, a été particulièrement sévère à la baisse. Jamais, dans l'histoire du Québec, depuis la Deuxième Guerre mondiale, une baisse n'a été aussi forte sur deux années. Aucune province au Canada n'a eu une telle chute sur deux années de suite», a dit le ministre.

Or l'arrangement sur la péréquation imposé par Ottawa lors de la conférence fédérale-provinciale d'octobre n'a permis de récupérer que 280 millions en 2004-05 alors que Québec s'attendait à récolter environ 600 millions. Il faudra attendre jusqu'en 2008-09 avant que le Québec ne renoue avec des versements annuels de péréquation dépassant les cinq milliards, a signalé M. Séguin. À cette conférence des premiers ministres sur la péréquation, le Québec a frappé «un mur», il a fait face à «un silence inflexible»; Ottawa a procédé «de façon unilatérale», s'est plaint M. Séguin.

La réplique d'Ottawa ne s'est pas fait attendre, et c'est le lieutenant du premier ministre Paul Martin au Québec, le ministre des Transports, Jean Lapierre, qui l'a formulée hier. «Je pensais que c'était le même M. Séguin qui voulait baisser les impôts de un milliard de dollars, non ?», a-t-il dit à Ottawa. «Ça fait tellement de temps qu'il rêve d'être ministre des Finances», qu'il fasse son travail, a dit M. Lapierre. «Mais on ne peut pas toujours s'essuyer les pieds sur le tapis du fédéral.»

Pour une rare fois quelqu’un, au gouvernement Charest, exprime clairement la vraie nature de ce fédéralisme prédateur. Pour toute réponse, celle de ce m… baveux, Jean Lapierre, un autre de ces québécois francophone de service à Ottawa qui, bien perché sur son lucratif poste de ministre fédéral, travaille à consolider notre statut de dominés. Le procédé n'a pas échappé d'ailleurs au chroniqueur Michel David, dans Le Devoir de la fin de semaine, quand il qualifie de « vulgaire » la réplique que lui a servie Jean Lapierre.

Par ailleurs, comment ne pas voir que ce nouvel arrangement sur la péréquation est «un échec lamentable» pour «le gouvernement le plus fédéraliste du Québec contemporain», un échec qui trahit les tares du régime fédéral "canadjian" ?


LES DINDONS DE LA FARCE, LE 17 NOVEMBRE 2004 - Alec Castonguay (Le Devoir) remarque que le gouvernement fédéral continue de nager dans les surplus budgétaires. Malgré une forte hausse de ses dépenses dans les domaines de la santé et de la péréquation en faveur des provinces, Ottawa prévoit enregistrer un excédent de 8,9 milliards de dollars pour l'année financière en cours, qui se termine en mars prochain. Dans cinq ans, soit pour l'exercice financier 2009-10, la marge de manoeuvre fédérale devrait atteindre au bas mot 18,5 milliards, selon les prévisions dévoilées hier par le ministre des Finances, Ralph Goodale.

À ces chiffres astronomiques, qui pourraient bien s'avérer encore plus élevés en fin de compte, comme le gouvernement en a pris l'habitude, il faut ajouter l'exercice de réduction des dépenses que pilote le ministre du Revenu, John McCallum, et qui sera prêt pour le prochain budget en mars. Ce sont donc 2,4 milliards par année qu'il faut ajouter à la cagnotte, pour un total de 12 milliards sur cinq ans.

Si on additionne ce montant aux surplus estimés par le gouvernement pour les six prochaines années -- y compris cette année --, le fédéral aura bénéficié d'une marge de manoeuvre de 73 milliards quand l'année 2009-10 s'achèvera.

Ce gouvernement nous met depuis des lunes en sous-évaluant de façon chronique ses surplus. «Est-ce que ce sont les bons chiffres ?», «Comment peut-on vous croire aujourd'hui ?», «Où ira l'argent ?», «Et le déséquilibre fiscal ?», «Et le bureau indépendant de prévisions budgétaires ?», ont demandé en choeur les députés de l'opposition qui siègent au comité des Finances.

Quand vont-ils cesser de rire des gens ? Ils nous ont affamé, les gens sont en attente de services du côté de la santé, les coupes de budget font mal, très mal, en éducation, les routes sont pleines de trous, l’environnement se désagrège, la fiscalité pèse très loud et pendant ce temps, les surplus n’en finissent plus de s’enregistrer au fédéral. Quel régime de fous ! Nous sommes les véritables dindons du pseudo fédéralisme « canadjian ».


SAUPOUDRAGE ÉLECTORAL, LE 17 NOVEMBRE 2004 - Bernard Descôteaux (Le Devoir) estime qu’au départ, l'idée était bonne. Elle consistait à partager avec les grandes villes la taxe fédérale sur l'essence pour les aider à surmonter les problèmes de financement des infrastructures auxquels elles font face. Paul Martin le leur avait promis lorsqu'il faisait campagne pour accéder à la direction du Parti libéral. Devenu premier ministre, il a vite été rejoint par la réalité électorale. S'apercevant qu'il y avait aussi des électeurs en dehors des grandes villes, il a changé son fusil d'épaule pour promettre que tout le monde aurait sa part.

Saupoudrer cet argent sur l'ensemble des villes et collectivités canadiennes sera sans nul doute électoralement rentable. Lors de la prochaine campagne électorale, les libéraux pourront évoquer les projets d'infrastructure qui seront en train d'émerger ici et là. Le seul problème, ce sera qu'aucun de ces projets ne pourra avoir d'incidence significative. On aura bouché quelques trous, sans plus !

Comme il se devait, la proposition a suscité des réactions négatives dans les petites municipalités. Une petite guerre de clocher s'est même déclarée, Montréal et Longueuil claquant la porte de l'Union des municipalités du Québec, dont les membres sont en majorité des villes de petite taille. Une guerre dont le seul gagnant sera le gouvernement Martin, qui sera d'autant plus aise de n'en faire qu'à sa tête. Une fois de plus.

Une évidence !

COMMANDITES NETTEMENT POLITIQUES, LE 15 NOVEMBRE 2004 - Gilles Toupin (La Presse) souligne la Commission d'enquête sur le programme de commandites n'a cessé de faire des vagues, tant par la teneur de ses révélations que par la rigueur avec laquelle les procureurs et le juge John Gomery ont mené le bal. Et les manquements constatés à la Loi sur la gestion des finances publiques, qui confirment les grandes conclusions de la vérificatrice générale, ne sauraient cacher la direction politique omniprésente au sein des commandites.

Le témoignage-choc de M. Guité a mis en lumière le contrôle permanent qu'exerçaient à la fois le bureau du premier ministre Chrétien sur le programme, par l'entremise du chef de cabinet, Jean Pelletier, ou encore par celle du directeur des opérations, Jean Carle. Chuck Guité a déclaré sous serment qu'il n'avait jamais décidé lui-même de l'attribution d'un contrat supérieur à 25000$. Beaucoup de documents déposés à la commission démontrent la mainmise du politique sur le programme. La responsabilité politique semble donc évidente, bien que les avocats de MM. Gagliano et Pelletier tenteront en contre-interrogatoire de démontrer le contraire. Nous savons en attendant que Chuck Guité n'a pas agi seul.

Nous savons aussi, comme il l'a reconnu, qu'il aurait pu faire économiser à l'État des centaines de milliers de dollars en commissions inutiles aux agences de communication. Nous en savons donc beaucoup plus qu'au début de septembre, mais nous ne savons pas l'essentiel. Nous ne savons pas pourquoi un tel système -pour ne pas dire une telle vache à lait pour les agences- a été maintenu en place si longtemps malgré ses aberrations. La commission Gomery est sans doute une dure épreuve pour les Canadiens qui sont impatients de connaître le fin mot de l'histoire.

« Le plus beau pays du monde ! », disait en substance l’ex-premier ministre Chrétien, en son temps. Nous en sommes maintenant au temps des comptes et j’ai bien hâte de voir s’il comparaîtra, celui-là. La responsabilité ministérielle, principe sacré de notre parlementarisme, interpelle certainement celui qui, au moment où toutes ces choses se passaient, agissait à titre de Chef du gouvernement « canadjian ».

10 000 FONCTIONNAIRES DE TROP, LE 13 NOVEMBRE 2004 - (PC) Ottawa profite du déséquilibre fiscal avec les provinces et les territoires pour outrepasser ses compétences et se mêler des dossiers provinciaux, selon le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, pour qui les surplus fédéraux de 9,1 milliards sont la preuve qu'Ottawa reçoit de la part des Canadiens beaucoup plus d'argent que nécessaire pour assurer ses responsabilités nationales, a dit M. Duceppe lors d'un dîner devant les membres de l'Economic Club, à Toronto.

Il a expliqué que le déséquilibre fiscal prive les gouvernements des provinces de ressources financières dont ils ont besoin pour prendre des décisions sur des questions qui relèvent de leurs propres champs de compétence, entre autres la santé, l'éducation et les services à la petite enfance. «Il y a 10 000 fonctionnaires au ministère de la Santé à Ottawa et ils ne s'occupent d'aucun hôpital, a-t-il dit. Ils n'ont pas l'expertise. Les garderies, ils ne connaissent rien là-dessus, mais c'est pourtant eux qui décident des normes nationales.»

M. Duceppe a indiqué que le déséquilibre crée des problèmes d'imputabilité et mène le gouvernement fédéral à gaspiller les fonds publics. Il a réclamé la création d'une agence indépendante responsable des prévisions budgétaires. «Nous devons mettre un terme à cette mascarade annuelle et faire en sorte que l'exercice du budget regagne sa crédibilité», a-t-il dit.

Espérons qu’ils saisissent, mais j’en doute. L’Ontario est la juridiction qui profite le plus, économiquement, du régime actuel. Alors pourquoi changer ? Les ontariens sont probablement plus pratiques que nous, changer pour changer, pas question ! Et la meilleure illustration du régime aberrant dans lequel nous sommes : ces 10 000 fonctionnaires au ministère de la Santé à Ottawa dans un champ pourtant où ils n’ont pratiquement pas compétence…

PERTES DE TEMPS, LE 13 NOVEMBRE 2004 - Robert Dutrisac (Le Devoir) rapporte que le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, s'est envolé hier pour la France et la Catalogne afin de rappeler aux Européens que le pouvoir fédéral de dépenser est «une menace» pour l'esprit fédératif, tout comme son corollaire, le déséquilibre fiscal. Il rappellera également que «le fédéralisme, c'est fait de l'autonomie de ses constituantes».

Un autre qui s’en va démontrer l’évidence même ! Ce faisant, sans s’en apercevoir, il démontre aussi que nous vivons au Canada, un pseudo, un simulacre de fédéralisme…

«On n'est pas naïfs [Ah non ?]. Il y a une vision centralisatrice, uniformisante, qui, évidemment, veut que le Canada soit mis en péril si on n'a pas un gouvernement central fort, puissant et dominant», a souligné M. Pelletier dans l'entretien. La vision trudeauiste «est encore extrêmement présente», comme en font foi certaines données du dernier sondage du Centre de recherche et d'information sur le Canada (CRIC). Selon ce sondage, le centralisme aurait la cote dans l'opinion publique canadienne-anglaise, surtout en Ontario où la majorité de la population estimerait que la santé devrait relever du gouvernement fédéral, par exemple.

Voilà ce que j’illustrais dans le commentaire que je faisais dans la nouvelle précédente.

«On ne fait rien d'autre que d'opposer une autre vision. Il y a un conflit entre les visions, mais la nôtre, elle a le mérite d'être fédérative», a fait valoir Benoît Pelletier.

Oui, mais le ROC (Rest of Canada) n’en veut pas ! Comprendra-t-il enfin un jour, ce Pelletier ?

SURSAUT ! LE 9 NOVEMBRE 2004 - Denis Lessard (La Presse) fait écho à la sortie de Jean Charest contre le gouvernement « centralisateur » de Paul Martin : Le gouvernement fédéral n'est pas « le patron » du Canada et les provinces n'ont pas de comptes à rendre au gouvernement central, aurait soutenu hier le premier ministre du Québec. « Si le gouvernement fédéral s'est enrichi, c'est en accaparant de façon unilatérale la plus grande part des impôts des Québécois et des Canadiens », a-t-il laissé tomber. Les surplus fédéraux dans la prochaine décennie vont atteindre 166 milliards de dollars, une croissance énorme des recettes d'Ottawa qui draine les ressources des provinces.

Quant à Jean Charest, il prévient que, pour contrer une glissade vers un État unitaire et retrouver l'essence du fédéralisme : « Le Québec et les autres provinces ne constituent pas un sous-ordre de gouvernement (…). Le gouvernement fédéral n'est pas le patron des provinces. Chacun dans leurs domaines de compétences, ils rendent compte de leur action à leurs électorats (…). Il est nécessaire que le Canada renoue avec l'esprit du fédéralisme et se détourne de ses tentations, centralisatrices », a-t-il insisté.

Quelle mouche l’a piqué, vous demandez-vous probablement ? Il se réveille, en sursaut, découvre tout à coup l’évidence… Explication : le chroniqueur rappelle que M. Charest, dont la cote de popularité avait remonté durant l'été, dans la foulée d'une série de salves bien senties dirigées vers le gouvernement Martin, a vu son étoile pâlir dans les plus récents sondages.

Quant aux tendances centralisatrices du fédéral, elles ne se limitent pas au gouvernement Martin. C’est séculaire, ce phénomène remonte bien à l’origine même de ce régime, comme je l’ai déjà expliqué dans mes chroniques. Et ce ne sont pas les « crisettes » ou les montées de lait de Jean Charest qui vont changer cela.


COQUINS, FILOUS ET COUPABLES, LE 9 NOVEMBRE 2004 - Dans Le Devoir, Paul-Émile Roy, de Lorraine, dit craindre que le débat sur les commandites ne se fasse jamais. Ce que l'on voit actuellement, c'est le spectacle de la grogne et de la convoitise des filous qui n'arrivent pas à s'entendre sur le partage du butin, et qui ont été pris la main dans le sac. Ces millions de dollars [...] devaient être affectés à une opération antidémocratique visant à étouffer les aspirations les plus légitimes du Québec.

Au lieu d'accueillir les revendications du Québec, et d'essayer de les satisfaire, on a mis en place une campagne de propagande, une vaste opération de persuasion clandestine. Le Canada ne se soucie pas de respecter les réclamations du Québec, il tente plutôt de les étouffer. Pour lui, tous les moyens sont bons. Hier, c'était le rapatriement unilatéral de la Constitution, aujourd'hui ce sont les commandites...

Que quelques coquins se graissent la patte en passant, ce n'est pas ce qui est le plus grave. Les vrais coupables, ce sont les responsables de toute l'opération, et je parie qu'ils s'en tireront indemnes. Le procès actuel constitue pour eux une heureuse diversion.

À suivre en effet ! À quand le tour des Chrétien, Martin, Dion et consorts ?

OÙ EST LE COURAGE ? LE 7 NOVEMBRE 2004 - Le Devoir rapportait, dans son édition de vendredi, que la souveraineté assortie d'une offre de partenariat obtiendrait l'appui de 49 % des Québécois, du moins selon un sondage CROP réalisé pour le compte du Centre de recherche et d'information sur le Canada (CRIC). L'enquête pancanadienne, réalisée auprès de 3202 personnes au total, montre par ailleurs que seulement 1 à 2 % des Canadiens sont prêts à accorder une plus grande reconnaissance au Québec et que 57 % pensent que rien ne peut satisfaire cette province.

Dans l'édition de la fin de semaine, Michel David (Le Devoir), commentant notamment les résultats de ce sondage, remarque pour sa part que d'un gouvernement à l'autre au Québec, le problème demeure toujours le même : si les Québécois n'ont pas la force d'imposer au reste du pays le fédéralisme qui leur conviendrait, ils n'ont pas davantage l'audace de claquer la porte. Ils ne disent l'envisager sérieusement que lorsqu'ils sont bien certains qu'elle est verrouillée à double tour.

Mais au fond, n’ont-ils pas simplement peur... de l’inconnu ? Ne manquent-ils pas simplement de confiance en eux-mêmes ? Où est le courage dans tout cela, osera-t-on enfin un jour ? Celui ou celle qui n’en finit plus d’attendre des démonstrations à "X" décimales près, sur les avantages de la souveraineté pour le Québec, ne cherche finalement qu’à éviter de prendre acte de l’évidence : nous sommes un peuple dressé à la soumission, élevé comme tel, maintenu ainsi. De tels travers acquis dans la « tendre enfance » de la nation ne sont pas faciles à corriger. Où sont donc passés notre courage et notre lucidité ?

L’HALLOWEEN DES APPRENTIS, LE 31 OCTOBRE 2004 - Michel David (Le Devoir) se souvient que le vocabulaire politique québécois est riche en termes meurtriers lorsqu'il s'agit d'illustrer nos rapports financiers avec Ottawa. Lucien Bouchard accusait jadis le gouvernement fédéral de vouloir «étrangler le Québec» par ses compressions dans les paiements destinés à la santé et à l'éducation. Robert Bourassa promettait de ne pas le laisser nous «étouffer» sous prétexte de réduire son déficit.

M. Séguin a atteint un nouveau sommet cette semaine en déclarant devant un groupe de journalistes que le gouvernement Martin avait «saigné» le Québec pour plaire au Canada anglais, accusant Ottawa de s'être délibérément livré à du «Québec bashing» pour mieux faire accepter aux autres provinces sa proposition sur la péréquation. Autrement dit, le gouvernement Martin aurait délibérément misé sur le sentiment anti-Québec qui prévaut au Canada anglais en faisant valoir que le Québec touche 40 % des paiements de péréquation. Tout le monde sait que l'asymétrie est très mal acceptée dans le reste du pays.

À l'époque où Jacques Parizeau était ministre des Finances, les choses allaient plus rondement. Les conférences fédérales-provinciales sur la péréquation étaient à peine terminées que la délégation québécoise avait déjà calculé combien chaque province allait gagner et surtout perdre, au grand dam du gouvernement fédéral, dont les entourloupettes étaient aussitôt dénoncées. Québec gagnait au moins la bataille de l'opinion publique. Tout séparatiste qu'il était, M. Parizeau s'était également valu le respect de tous ses homologues provinciaux.

Comme le dit le chroniqueur, la conférence de mardi a clairement démontré les limites de l'approche interprovincialiste. Si ce n’était que de cela, rien que nous ne sachions déjà, ce ne serait qu’une illustration additionnelle qu’il nous faut sortir de ce régime au plus coupant. Mais il y a plus, ce qui vient de se passer démontre également que nous avons affaire à une bande d’amateurs actuellement à Québec. Des apprentis sorciers, en pleine période de l'Alloween, ça paraît moins...

Pendant ce temps, comme le confirme la revue de presse d’Antoine Robitaille (Le Devoir), le débat «durcissement contre apaisement» est toujours présent dans le ROC à l'endroit du Québec. Et plusieurs refusent net tout «apaisement», tel Rafe Mair, célèbre animateur de radio et chroniqueur de la Colombie-Britannique, pour qui tout est clair dans les négociations pour la péréquation et dans le débat sur l'asymétrie : «Cédez au Québec et c'est le pays en entier que vous corrompez.»

Détail croustillant, il n'en revient pas notamment que Stephen Harper semble avoir rejoint des «apaiseurs» en approuvant tacitement les idées de Mario Dumont, «cet enfant prodige vieillissant de la politique québécoise». Intéressant, non ?


ON FERME ! LE 31 OCTOBRE 2004 - Jean-Paul Charbonneau (La Presse) rapporte que c’'est à 20 h 55 aujourd'hui que l'aéroport de Mirabel cessera toutes ses activités de transport de passagers avec le vol TS-710 d'Air Transat à destination de Paris. Ainsi, à compter du 1er novembre, conformément à la décision d'Aéroports de Montréal (ADM), tous les vols de passagers se feront à Pierre-Elliott-Trudeau.

« Le gouvernement fédéral a confié la direction des aéroports à des personnes qui n'ont aucune expérience dans la gestion publique et aucune vision. Nous avons seulement à regarder ce qui est investi à Dorval pour comprendre. Ce fut là une décision purement irresponsable. Comment voulez-vous que la population ait confiance en nos hommes politiques avec ce gâchis? » soutient le maire de Mirabel, Hubert Meilleur.

L'aéroport de Mirabel n'a jamais pris son envol, malgré toutes les promesses du gouvernement libéral lors des expropriations, le 27 mars 1969. Le fédéral a exproprié 40 000 hectares de bonnes terres agricoles pour finalement n'utiliser que 5 % de cette superficie. Au total, 3126 familles avaient été dans l'obligation de déménager.

... et on a le culot d'affubler l'aéroport restant, celui de Dorval, du nom de Pierre-Elliot Trudeau. L'aéroPET quoi ! Un bel exemple du fédéralisme « rentable », …ou asymétrique, que cette saga. N’est-ce pas M. Charest ?

DIVERSION ! LE 29 OCTOBRE 2004 - Robert Dutrisac (Le Devoir) rapporte que le premier ministre Jean Charest préfère parler de l'avenir plutôt que du «Québec bashing» dont la délégation québécoise à la Conférence des premiers ministres sur la péréquation a fait les frais, comme l'a révélé, mercredi, le ministre des Finances, Yves Séguin.

La suspicion dont fait l'objet le Québec, qui est perçu dans le reste du Canada comme un enfant gâté, le privilégié à qui on cède trop facilement, «… la fédération continue d'évoluer», a dit M. Charest. Lors de la période des questions, le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, a accusé M. Charest de «minimiser l'échec de l'entente sur la péréquation». De son côté, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a réclamé que le premier ministre rappelle à l'ordre son ministre pour les propos qu'il a tenus. M. Charest n'a pas obtempéré.

Donc, le Jean Charest dit vouloir regarder en avant en dépit des résultats de la conférence sur la péréquation et de l'attitude du Canada anglais à l'endroit du Québec. Quand il connaît un semblant de succès, comme en septembre sur la santé, il se pète les bretelles. Quand il essuie un cuisant revers, il nous suggère de regarder ailleurs, évidemment…

Quant au « petit » Dumont, lui qui se délecte des propos étriqués de la radio poubelle de la région et qui s’en sert pour de basses fins électorales, il est mal placé pour demander des rappels à l’ordre pour les propos, d'ailleurs fondés, qu’a tenus Yves Séguin.


ON S’ÉCRASE… LE 29 OCTOBRE 2004 - Norman Delisle (PC) rapporte que le gouvernement Charest ignore toujours combien la péréquation provenant d'Ottawa lui rapportera cette année. «Combien a-t-on reçu ou perdu?», a demandé le porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’économie et de finances, François Legault.

Les péquistes ont mis en relief les déclarations du ministre Séguin selon lesquelles «Québec s'est fait saigner pour satisfaire le Canada anglais». Ils les ont opposées à celle de M. Charest qui, lui, croit que «le Québec a fait des progrès dans ses négociations avec Ottawa».

M. Delisle précise que devant la presse plus tôt, Jean Charest avait reconnu qu'on a pu dénigrer le Québec dans le reste du Canada à l'occasion de la conférence fédérale provinciale sur la péréquation. Mais tout en reconnaissant l'existence une vague de dénigrement du Québec, il [celui qui nous tient lieu de premier ministre] a tenté d'en atténuer la gravité.

… et il s’écrasa lamentablement. C’est congénital chez les chefs libéraux. Rappelez-vous Robert Bourassa…

RÉVEILLONS-NOUS ! LE 28 OCTOBRE 2004 - Robert Dutrisac (Le Devoir) fait écho aux propos du ministre des Finances, Yves Séguin, selon lequel Ottawa a fait du «Québec bashing» pour convaincre les autres provinces d'accepter l'arrangement sur la péréquation, n'hésitant pas à «saigner» le Québec pour satisfaire le Canada anglais.

«Martin a fait le macho», a dit M. Séguin, une attitude qui contrastait nettement avec celle que le premier ministre canadien avait adoptée lors de la Conférence des premiers ministres sur le financement de la santé à la mi-septembre. Le gouvernement fédéral «veut notre sang comme Dracula», a dit le ministre des Finances.

Selon M. Séguin, Paul Martin, en se montrant intraitable avec le Québec, a pu convaincre plus facilement les autres provinces d'accepter le nouvel arrangement sur la péréquation. «Il s'est fait du "Québec bashing"», a-t-il signalé. Quand on dit à la Colombie-Britannique, par exemple, qu'on va «couper» le Québec, c'est bien reçu, a-t-il souligné.

De son côté, le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, a critiqué «la stratégie lamentable» choisie par Jean Charest, qui s'est montré «triomphaliste» à l'issue de la première conférence sur le financement de la santé, ce qui le plaçait «dans une position d'extrême vulnérabilité» pour la deuxième conférence sur la péréquation.

Avec un surplus fédéral de près de 10 milliards au lieu des deux milliards prévus, M. Martin aurait pu faire davantage si vraiment «une nouvelle ère» était amorcée, estime le chef péquiste. Selon lui, le gouvernement Charest n'a plus d'autre choix que de renoncer à la promesse de baisser les impôts de un milliard, «une fantaisie et un fantasme libéral pour gagner les élections».

Bernard Landry a raison. La stratégie de Jean «Je suis prêt» Charest est déplorable de naïveté. Pour celles et ceux qui lisent régulièrement mes chroniques, ce jugement sévère par M. Séguin et l’échec lamentable de la stratégie et de la « patente » de M. Charest (i.e. le Conseil de la Fédération, devenu celui de la division sous l’impulsion des fédéraux) ne les surprendra pas.

En fait, ce qu’on vient de vivre ces derniers jours n’est qu’un résumé, qu’une capsule de notre histoire plus que centenaire dans ce régime pseudo-fédéral : un gouvernement central fondamentalement centripète, la hargne d’une majorité du ROC (Rest Of Canada) à l’égard du Québec, le tout menant dans des décisions qui l’une après l’autre confirment le maintient, voire l’approfondissement du Québec dans sa situation de dominé.

Il y a longtemps qu’il n’y a plus rien à espérer de ce régime pour le Québec. Réveillons-nous !


AMNÉSIE « CANADJIANNE », LE 29 OCTOBRE 2004 - Isabelle Rodrigue (PC) souligne que la Commission Gomery révèle de plus en plus les lacunes du programme de commandites, mais l'ex-ministre Alfonso Gagliano affirme dans une lettre ouverte qu'il s'agissait d'un programme essentiel pour la survie du pays et que le gouvernement de Paul Martin a fait une grave erreur en l'abolissant.

« Je trouve injuste que l'on oublie aujourd'hui les circonstances qui nous (ont) amenés à mettre en place la stratégie des commandites; pire lorsque c'est le gouvernement Martin lui-même qui souffre de cette amnésie », écrit M. Gagliano.

L'ex-ministre ne manque pas de souligner que le programme émanait d'une stratégie post-référendaire du gouvernement afin de favoriser l'unité nationale, stratégie approuvée par le cabinet en entier, comme le révèlent des comptes-rendus de réunions du cabinet au début de l'année 1996 déposés devant la Commission.

«Tous les ministres ont appuyé alors la stratégie et le déploiement à suivre, y compris les membres du cabinet actuel comme Paul Martin, Anne McLellan, Ralph Goodale, Pierre Pettigrew, Stéphane Dion, Lucienne Robillard et d'autres», peut-on lire dans la lettre de l'ex-ministre.

La journaliste rappelle que lors des premières années de sa création, le programme de commandites visait d'abord et avant tout le Québec. La majorité des commandites était versée à des événements qui se déroulaient au Québec dans le but d'augmenter la visibilité du gouvernement du Canada.

Pour mémoire… Dit autrement, je me souvien…drai !

FUMISTERIE, LE 28 OCTOBRE 2004 - Jean-Robert Sansfaçon (Le Devoir) souligne que fort de l'appui des provinces riches, le premier ministre Paul Martin a finalement choisi de tenir tête à ses homologues des provinces moins fortunées et de maintenir les propositions présentées en septembre en matière de péréquation. Ottawa qui a marqué tous les points en s'appuyant sur la division entre provinces riches et moins riches.

Pour le Québec, cette décision unilatérale d'Ottawa ajoute 400 millions aux revenus de la province pour cette année, mais c'est encore moins qu'il y a deux ans (sous un gouvernement du PQ, en passant)et beaucoup moins que les 2,8 milliards projetés en rêve par le ministre Yves Séguin.

Quant à la question du déséquilibre fiscal au sein du Conseil de la fédération, compte tenu des priorités du premier ministre Martin, dont la plupart empiètent sur les compétences des provinces (municipalités, services de garde et santé, encore), les chances sont très minces de réussir à convaincre ce gouvernement de l'existence d'un tel déséquilibre.

Pour tout dire, conclut l'éditorialiste, l'entente de septembre dernier en santé a sans doute constitué la première et dernière manifestation de ce fumeux fédéralisme asymétrique dont certains se sont généreusement gargarisés il y a tout juste un mois.

Un autre clou dans le cercueil du Conseil de la « pseudo » Fédération et dans le prétentions libérales à l’égard de l’ouverture de Paul Martin et du ROC pour le Québec. Comme l'écrit Michel David, également dans Le Devoir d'aujourd'hui, après avoir isolé les provinces riches des pauvres, Ottawa ne devrait pas avoir trop de mal à diviser les pauvres entre elles sur la question du déséquilibre fiscal. Oui, bravo, M. Charest !

MAUVAIS CALCUL …OU NAÏVETÉ ? LE 28 OCTOBRE 2004 - Michel David estime que Jean Charest a fait un bien mauvais calcul en insistant sur la convocation d'une conférence des premiers ministres sur le déséquilibre fiscal à peine six semaines après son entente «historique» sur la santé, qui prend aujourd'hui des allures de victoire à la Pyrrhus. Il est étonnant qu'il n'ait pas prévu le backlash que la reconnaissance du fédéralisme asymétrique allait provoquer.

Il était illusoire d'espérer faire reculer Ottawa une deuxième fois en six semaines. Au contraire, c'était lui offrir l'occasion de se refaire une virginité «nationale». Au fond, M. Charest savait très bien ce qui l'attendait. Alors qu'il avait fait le matamore durant les semaines précédant la conférence sur la santé, il était tout doux à l'approche de celle de mardi, s'employant plutôt à faire baisser les attentes.

Compte tenu des plantureux surplus fédéraux annoncés il y a deux semaines, la fin de non-recevoir opposée par Paul Martin aux demandes des provinces en ce qui concerne la péréquation constitue une véritable gifle. Pour ce qui est de l'ouverture, il faudra repasser.

Yves Séguin a l'air du dindon de la farce. La semaine dernière, il refusait de dire quelle somme additionnelle il espérait recevoir au titre de la péréquation pour l'année en cours. Hier à l'Assemblée nationale, il se disait incapable de dire combien il a reçu exactement pour l'année en cours, sans parler de l'an prochain. Clairement, il estime s'être fait avoir. Un jour ou l'autre, M. Séguin devra bien faire le bilan de ce qui a été accompli depuis qu'il a rendu public le rapport sur le déséquilibre fiscal auquel il doit son poste de ministre des Finances et en tirer les conclusions.

Un autre cas d'incompétence flagrante au pouvoir... C’est fatiguant à la longue, non ?

BRAVO, MAIS... LE 28 OCTOBRE 2004 - Alec Castonguay (Le Devoir) rapporte que tous les partis d'opposition à la Chambre des communes ont déploré hier l'attitude du gouvernement fédéral et le résultat «décevant» de la Conférence sur la péréquation qui a eu lieu la veille.

En conférence de presse hier matin, Gilles Duceppe a affirmé que la nouvelle ère de coopération avec les provinces promise par Paul Martin n'a pas tenu la route longtemps. «Il n'y a aucune flexibilité, a-t-il lancé. Pour le fédéralisme asymétrique, il faudra repasser.» Selon le chef du Bloc, «Paul Martin a agi comme Jean Chrétien en disant aux premiers ministres que l'offre était à prendre ou à laisser, peu importe que ça signifie une moins grande qualité de service en éducation et en santé. Parce que c'est ça, en fin de compte, la péréquation, ce n'est pas quelque chose d'abstrait.»

Gilles Duceppe est d'autant plus déçu que, selon lui, le gouvernement fédéral nage dans les surplus et avait la possibilité de mettre plus d'argent sur la table. «Il a les moyens d'agir, il y a eu 9,1 milliards en surplus l'an dernier et le surplus de cette année devrait frôler les 12 milliards, a-t-il dit. Ce n'est pas l'argent qui manque, c'est la volonté politique.»

Le Bloc québécois ne s'est pas contenté de belles paroles hier, travaillant sur une motion qui sera présentée en Chambre aujourd'hui. Cette motion sera votée mardi et, déjà, le Parti conservateur et le NPD ont donné leur appui au Bloc et voteront avec lui.

La motion se lit comme suit : «Que la Chambre déplore l'attitude du premier ministre du Canada lors de la conférence des premiers ministres du 26 octobre 2004 et qu'elle enjoigne le gouvernement fédéral à reconnaître l'existence d'un déséquilibre fiscal au Canada et qu'à cet effet, la Chambre demande au comité permanent des Finances de créer un sous-comité spécial ayant pour mandat de proposer des solutions concrètes pour remédier au déséquilibre fiscal et que son rapport soit déposé au plus tard le 2 juin 2005.»

Bravo ! Encore faudrait-il que cela ne masque pas l'évidence : sortir de ce régime au plus coupant !

PENAUD, LE 27 OCTOBRE 2004 - Selon Manon Cornellier et Alec Castonguay (Le Devoir) la conférence des premiers ministres sur la péréquation s'est terminée hier à Ottawa par un «accord» qui ressemblait davantage à une victoire sur toute la ligne pour le gouvernement de Paul Martin. Ce dernier a réussi à imposer sa vision puisque les éléments de l'entente sont pour ainsi dire identiques à ceux contenus dans la proposition qu'il défend depuis septembre, ce qui a mené le premier ministre québécois Jean Charest à juger le résultat «décevant».

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, a claqué la porte, M. Charest n’a pu que constater le braquage du fédéral, Paul Martin, tout sourire, ne cachait pas son contentement. À part le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, aucun premier ministre provincial n'a affiché une satisfaction sans partage à l'égard du projet de réforme de la péréquation.

M. Charest constatant qu'il n'y avait eu aucun mouvement de la part d'Ottawa depuis septembre, et ce, même après avoir annoncé un surplus de 9,1 milliards pour l'année 2003-04, doit se rabbatre maintenant sur le « front » du Conseil de la fédération (lire : de la zizanie) pour mener un examen sur le déséquilibre fiscal.

Quelle perspective ! Revenant penaud d’Ottawa, c’est le retour à la dure réalité de la vie pour un Jean Charest pris au piège de ce simulacre de fédération. Encore une fois, les fédéraux auront réussi à passer à travers en cultivant les divisions du supposé « front » des provinces.

CONSEIL DE LA ZIZANIE, LE 26 OCTOBRE 2004 - Denis Lessard et Joël-Denis Bellavance (La Presse) rapportaient dans l’édition du matin qu’un vent de zizanie soufflait sur le Conseil de la fédération, à quelques heures d'un face-à-face crucial avec Ottawa, alors que les provinces ont échoué dans leur tentative d'en arriver à une position commune. Les premiers ministres ne sont même pas parvenus à s'entendre sur le montant et la répartition des paiements de péréquation qu'ils allaient demander à Ottawa.

La PC rapporte effectivement que le premier ministre du Québec, Jean Charest, a confirmé à l'issue d'une réunion ce matin entre les provinces, que celles-ci restent divisées sur la question du partage des richesses. Terre-Neuve a même claqué la porte devant l’attitude du fédéral.

Alléchées par les surplus fédéraux, les provinces bénéficiaires réclament une hausse dès maintenant des paiements de péréquation à 12,8 milliards $. Le gouvernement fédéral a offert de les augmenter à 10,8 milliards $ cette année. Les provinces riches comme l'Ontario jugent raisonnable la proposition fédérale.

Le château de cartes que constitue le Conseil de la fédération, créature de Jean Charest, vient de céder devant la première bourrasque en provenance d’Ottawa. Comme toujours, les fédéraux vont se servir de la division entre les provinces pour faire à sa tête. C’est ça le fédéralisme « canadjian ».

PAS DE TRACES, LE 21 OCTOBRE 2004 – La PC rapporte qu’une ancienne adjointe de l'ex-ministre Alfonso Gagliano a pu affirmer sans détour qu'on lui avait demandé d'effacer des traces d'intervention dans des dossiers et que le cabinet de l'ex-ministre s'ingérait dans le choix des agences pour la gestion des commandites. Mme Bouvier, qui a occupé le poste d'adjointe responsable des commandites au bureau du ministre Gagliano, a fait ces révélations surprenantes devant la Commission d'enquête sur le programme de commandites, hier.

Responsable de la gestion des demandes de commandites au bureau du ministre et de la coordination avec la direction des commandites de mai 1999 à janvier 2001, Mme Bouvier a une bonne connaissance de la façon dont le programme était utilisé et géré. C'est d'ailleurs cette gestion qui l'a poussée à quitter son poste, mal à l'aise avec les pratiques qu'elle observait et avec certaines demandes que ses supérieurs lui formulaient.

Depuis le début des travaux de la commission Gomery, il s'agit du troisième témoin à déclarer, sous serment, que l'ex-ministre des Travaux publics et son cabinet s'ingéraient dans les décisions.

C'est tout de même incroyable ! Les Québécois s'en souviendront-ils des ratés de ce régime débilitant, dans quelques années, au moment des grandes décisions sur leur avenir ?

HYPOCRISIE ET DÉCLARATION D’AMOUR, LE 14 OCTOBRE 2004 – Dans Le Devoir, Christopher Coggan observe que les Libéraux fédéraux se sont encore trompés sur leurs prévisions de revenus. Il n'y a que deux possibilités selon lui : soit tous leurs économistes sont incompétents (ce dont il doute fortement), soit les libéraux sont hypocrites et manipulent le budget pour bénéficier d'un plus grand pouvoir de dépenser.

« Ces surplus sont une insulte à toutes les provinces qui peinent à boucler leurs budgets. Si notre ancien premier ministre a pu donner des leçons de gestion de la dette aux autres pays du G8 l'an dernier, c'est que son gouvernement volait l'argent des provinces. Il est aberrant qu'il y ait une telle faille dans le processus d'évaluation du budget.

Pour sa part, Richard Gadoury rappelle que sous Jean Chrétien, le gouvernement libéral dont faisait partie Paul Martin n'a pas hésité à dépenser un milliard pour acheter les rebuts de la marine du Royaume-Uni. Aujourd'hui à la tête du gouvernement, Paul Martin semble hésitant à aider Bombardier à développer ses avions commerciaux de 100 et de 115 places. Pourquoi ? Si Bombardier décidait de construire ses appareils à Toronto, est-ce qu'il y aurait autant d'hésitations chez les membres anglophones du cabinet Martin ?

On reproche au Québec de compter sur la péréquation, alors que cette province envoie 60 % de ses taxes et impôts à Ottawa. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui se soucie du développement du Québec, à Ottawa ? On nous aimait en novembre 1995 ! On aurait dû se questionner davantage avant de se dire non à nous-mêmes !

C'est quoi le rapport entre les deux, direz-vous ? Bien simple : Sortons-en au plus sacrant !

À QUAND LEUR TOUR ? LE 17 OCTOBRE 2004 - Jean-Robert Sansfaçon (Le Devoir) souligne qu’après un mois de travaux, les procureurs de la commission d'enquête Gomery sur le programme de commandites en sont encore à tisser la toile des faits qui ont mené au scandale dénoncé par la vérificatrice générale Sheila Fraser. Une toile qui s'annonce gluante. Des témoins appelés à répondre aux questions des procureurs nous en apprennent un peu plus sur la mécanique mise en place par le cabinet de Jean Chrétien afin de promouvoir l'unité canadienne au lendemain du référendum de 1995.

Dès les premiers jours de travaux, on a appris que la greffière du Conseil avait informé M. Chrétien en 1996 qu'il serait tenu responsable de l'utilisation des fonds dont il avait lui-même demandé le transfert vers le programme de commandites. On a aussi compris que la nomination de Chuck Guité avait été imposée par le cabinet du ministre des Travaux publics de l'époque, en contravention avec les règles habituelles, ce que l'ex-ministre a toujours nié. Cette semaine, une fonctionnaire du cabinet du même ministre a affirmé que le programme de commandites était soumis à forte influence politique.

Ce programme ayant été géré de façon radicalement inhabituelle, entaché d'irrégularités et politisé jusqu'à la moelle, on a le droit de savoir qui tirait les ficelles dans l'appareil gouvernemental et qui en a profité, tant parmi les politiciens que parmi leurs amis du monde de la publicité ?

L’éditorialiste remarque également qu’aucun politicien n'a été appelé à répondre aux questions des procureurs. La commission en est encore à bâtir les fondements de son argumentation à partir de documents et de témoignages livrés par de simples exécutants à qui les procureurs n'ont aucune difficulté à faire avouer que rien ne fonctionnait normalement dans ce programme.

Je répète donc ma question d'il y a quelques jours : à quand le tour des Chrétien, Martin, … ? PAS TRÈS LOGIQUE, LE 11 OCTOBRE 2004 – Pour Denis Lessard (La Presse), la prochaine conférence fédérale-provinciale sur les «pressions fiscales» s'annonce musclée. Les provinces qui accordent des baisses d'impôts à leurs contribuables ne peuvent en même temps réclamer plus d'argent à Ottawa. C'est le message du gouvernement fédéral à deux semaines de la réunion. Les provinces doivent être cohérentes, plaidera Ottawa. Elles ne peuvent à la fois baisser leurs impôts et «se tourner de bord et dire au fédéral qu'elles manquent d'argent». Or, sans le dire explicitement, on montre du doigt le gouvernement du Québec. Jean Charest a promis des baisses d'impôts annuelles d'un milliard tout en exigeant plus d'argent du gouvernement Martin.

Expliquez-moi la logique, effectivement !

ET CHRÉTIEN, ET MARTIN ? LE 11 OCTOBRE 2004 - Jom Brown (PC) souligne qu’il aura fallu cinq semaines pour y arriver, mais maintenant la table est mise pour entendre les principaux témoins à l'enquête publique du juge John Gomery sur le scandale des commandites. Dès cette semaine et jusqu'à la fin du mois, le juge John Gomery entendra les témoignages d'une douzaine de personnes qui devraient aider grandement à faire la lumière dans cette affaire.

Parmi ces témoins, on note quatre anciens membres du cabinet de l'ex-ministre des Travaux publics Alfonso Gagliano, qui était en poste alors que les contrats visant à augmenter la visibilité du gouvernement fédéral au Québec se multipliaient comme les fameux pains de la parabole du Christ. Sept autres fonctionnaires qui travaillaient au ministère de M. Gagliano seront également entendus. La «vedette» incontestée de tous ces témoins sera Charles Guité, le fonctionnaire en charge du programme dès sa création, qui sera le dernier de ce groupe à être entendu.

Au cours des dernières semaines, des témoins ont déclaré que l'ancien premier ministre Jean Chrétien avait lui-même dégagé les fonds nécessaires au lancement du programme de commandites, à la suite de la courte victoire des forces fédéralistes au référendum sur la souveraineté du Québec en 1995. On a également appris que l'actuel premier ministre, Paul Martin, qui était alors ministre des Finances dans le gouvernement Chrétien, était au courant de l'existence du fonds spécial destiné à financer le programme de commandites. Rien n'indique cependant s'il a participé aux décisions dans le cadre de ce programme.

À propos, à quand la comparution de Chrétien ou de Martin ???

SAGESSE OU ENTÊTEMENT ? LE 8 OCTOBRE 2004 - Joël-Denis Bellavance (La Presse) écrit qu’après avoir conduit leurs troupes au bord d'un précipice qui aurait pu plonger le pays dans des élections précipitées, le premier ministre Paul Martin, le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, et le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, ont conclu une trêve hier soir en s'entendant sur un amendement commun au discours du Trône.

L'objet de ce premier affrontement a été le refus des libéraux d'accepter dans son intégralité une requête du Bloc québécois qui demandait au gouvernement Martin «de prévoir que, dans toutes les mesures visant à mettre en œuvre le discours du Trône (...) les compétences des provinces soient intégralement respectées et que les pressions financières qu'elles subissent en raison du déséquilibre fiscal soient allégées, tel que réclamé par le premier ministre du Québec». La version finale du sous-amendement du Bloc québécois a été adoptée à l'unanimité aux Communes.

Une belle illustration de deux réalités : a) un gouvernement minoritaire, surtout « canadian », a tendance à devenir plus sage dans les circonstances, on est loin du gouvernement Chrétien; b) le gouvernement d’Ottawa n’abandonne aucunement sa tendance séculaire à envahir nos champs de compétence, peu importe ce que sa propre constitution (que nous n’avons pas d’ailleurs signée, n’est-ce pas ?) stipule en l’espèce.

Bernard Descôteaux (Le Devoir) ne soulignait-il pas d’ailleurs, mercredi dernier, la tendance toujours aussi hégémonique du présent gouvernement d’Ottawa : « De Paul Martin, on avait cru qu'il se distinguerait de son prédécesseur en adoptant une attitude respectueuse des compétences provinciales (…). Ce qu'on peut maintenant comprendre, c'est que son gouvernement sera interventionniste. Il cherchera à imposer aux provinces des objectifs, des normes ou des indicateurs nationaux dans presque tous les domaines, de l'environnement à l'enseignement post-secondaire en passant par les garderies, les municipalités, le logement social. »


UN INSTANT ! LE 1ER OCTOBRE 2004 - La PC rapporte que prenant les devants pour éviter de se placer dans une situation difficile, le premier ministre Paul Martin a officiellement fermé la porte aux généreuses augmentations de salaire pour les députés fédéraux. Pressé de questions, le premier ministre Paul Martin a assuré qu’il ne tiendrait pas compte de la proposition d’un comité d’augmenter de 10 % le salaire des députés.

Avant même que les députés ne puissent discuter de la recommandation du comité indépendant responsable d'évaluer les salaires des magistrats et des députés, M. Martin a dit un non catégorique à la hausse de salaire. Rappelons qu’un député fédéral gagne 141 000 $ par année, un ministre touche pour sa part 208 600 $. L'article nous apprend par ailleurs que Paul Martin a prolongé hier d'un an le mandat de la gouverneure générale Adrienne Clarkson.

Une bonne chose qu’on en reste là, du moins en ce qui concerne le salaire des députés qui gagnent autant qu'un ministre du gouvernement du Québec. C'est incroyable ! Le niveau actuel de leurs salaires est amplement suffisant, de mon point de vue, d’autant plus que la réelle pression se fait sentir beaucoup plus sur les épaules de la députation d’une assemblée législative comme celle qu’on retrouve au Québec. La pression des services directs aux citoyens y est beaucoup plus pressante et pourtant, les députés y sont beaucoup moins payés.

En passant, pour de véritables économies, pourquoi ne pas envisager l’abolition du Sénat, ce club de gens nommés pourquoi au juste, sinon pour être avant tout récompensés pour services rendus au système de domination fédéraste… Et voulez-vous bien m’expliquer à quoi peuvent bien servir vraiment la Gouverneure générale et la Lieutenant-gouverneure… à part la parade et la distribution de médailles.


ET VOILÀ ! LE 1ER OCTOBRE 2004 - La PC rapporte que la ministre des Affaires intergouvernementales, Lucienne Robillard, a corrigé hier sa collègue du Patrimoine, Liza Frulla, au sujet des rôles respectifs du Canada et du Québec sur la scène internationale. Sur un ton ferme, Mme Robillard a déclaré «qu'aucune province ne remplacera la voix du Canada» à l'étranger.

Lors de son passage à Paris, la semaine dernière, la ministre du Patrimoine avait vanté les vertus du fédéralisme asymétrique pratiqué par le gouvernement Martin en affirmant que le Québec pourrait à l'occasion parler au nom du Canada lors de renco